L'observatoire

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Billets dans ce blog

 

Mangez des pommes !!

On le sait depuis longtemps: manger des fruits et des légumes est bon pour la santé! Voilà une (nouvelle) étude qui le confirme et va plus loin encore: manger certains fruits (les pommes et les poires, en particulier; mais aussi les bananes) protégerait du risque d'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) Pendant 10 ans, une équipe Néerlandaise a suivi 20 069 adultes (!!) dont aucun ne souffrait d'une maladie cardiovasculaire au début de l'étude; les auteurs ont ensuite distingué les fruits et les légumes en 4 groupes de couleur différente: - vert (choux, épinards, salades), - orange/jaune (agrumes), - rouge/violet (bettraves, poivrons, tomates, ...) - blanc (pomme, poire, banane) Au cours de ces 10 années, 233 AVC ont été comptabilisé; aucun lien n'a été retrouvé entre la consommation d'aliments des groupes vert, orange/jaune, rouge/violet. Par contre, les auteurs ont constaté une réduction significative du risque d'AVC chez les amateurs de pommes et de poires !!! Bref: mangez des pommes & des poires Oude Griep, L. M., Verschuren, W. M. M., Kromhout, D., Ocké, M. C., & Gelejinse, J. M. (2011). Colors of Fruit and Vegetables and 10-Year Incidence of Stroke. Stroke, 15 Sept 2011, 1-5.

Marie.M

Marie.M

 

Lien social et maladie d'Alzheimer

Bernadette Puijalon, anthropologue, Maître de conférence, Université Paris XII filmée au Colloque européen « Bénévolat, citoyenneté et maladie d’Alzheimer » à Paris le 20 septembre 2011 par Agevillage nous délivre une réflexion très riche sur la question du lien social et de la place des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer. Personnellement, j'ai retenu ces idées ci: Ce nouveau siècle a vu apparaître une dissociation entre âge social et âge biologique : nous sommes de plus en plus rapidement vieux sur le plan social tout en étant plus longtemps jeunes sur le plan biologique. Quel effet sur le lien social ? Ni calculateur, ni altruiste, les humains ont longtemps été réciproques, mais cette réciprocité est en panne, les bénévoles le savent bien ! Notables de la mémoire, les personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer, sont confrontées à un paradoxe : elles perdent ce qui les engage dans la réciprocité, la transmission sociale qui transite par cette mémoire... Dans son propos autour de la réciprocité, Puijalon avance que les personnes atteintes d'Alzheimer trouvent leur rôle dans la mise en question du sens. Ils posent la question du sens. Aujourd'hui, la société paye des professionnels pour qu'ils réussissent là où elle échoue en ne sachant pas comment résoudre la question de l'intégration et du sens. Pire, elle se défausse en imposant une obligation de résultat aux professionnels ! Il faut empêcher les "vieux" de mourir, mais... à moindre coût. L'une des dérives se place dans le vocabulaire utilisé, très stigmatisant: EPHAD, GIR, UHR. Qui peut se sentir chez soi dans une UHR ? L'hospitalité a disparu dans l'accueil des personnes âgées alors qu'il a survécu à l'hôpital (CHU Centre Hospitalier Universitaire...) Rôle des mots retenus dans les représentations négatives de la vieillesse: si les sigles et le vocabulaire technique sont importants, ils s'échappent des structures, migrent vers les médias et le grand public pour intégrer une représentation sociale de la vieillesse très négative. Enfin, il existerait un abus des thérapeutiques envahissantes chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer: abus du mot thérapeutique ! musicothérapie, contothérapie, orthothérapie. Tout doit être mesuré, évalué... La prise de repas, à ce rythme, deviendra peut-être un jour un atelier de masticothérapie ! L'abus de thérapeutique, selon Puijalon, viendrait peut-être, en fin de compte, de l'absence de thérapie à l'heure actuelle. Lorsque la logique gestionnaire pilote les pratiques jusqu'à les submerger, les corps sont soignés, mais les âmes sont déshonorées.

DominiqueC

DominiqueC

 

Les traitements contre Alzheimer ont-ils encore leur place dans la prise en charge ?

Maj du 21/09- 17h40: En attendant l'info de l'HAS, je vous invite a lire cet excellent article de slate qui retrace l'histoire de la remise en cause des traitements avec une orientation anti- traitement: http://www.slate.fr/story/43953/alzheimer-Aricept-Exelon-Exiba-Reminyl 16h40: c'est au tour de Martine Aubry d'évoquer la maladie d'alzheimer mais sans dire un mot sur les traitements et le remboursement. La priorité reste l'autonomie pour elle: http://www.martineaubry.fr/article/journee-mondiale-dalzheimer 16h: toujours rien du coté de l'HAS. La politique et plus exactement la présidente du FN vient de s'exprimer sur le sujet : http://www.frontnational.com/?p=7433 11h: le site de Bonjour Docteur a mis à jour l'un de ses sujets sur la maladie d'Alzheimer en faisant intervenir le Pr. Olivier Saint-Jean qui évoque clairement son désir de voir les traitements être déremboursés sur le champ ! 9h21: le site France Info croit savoir que rien n'est encore joué quant à la décision de dérembourser ou non les traitements pharmacologiques actuels, ce sont en tout cas les propos de B.Rougier: http://neuropsychologie.fr/doc/audio/remboursement-medoc-alzheimer.mp3 Le Monde rapportait, le 20 juillet dernier, que la commission de la transparence commençait le réexamen des quatre traitements anti-Alzheimer disponibles afin de juger de leur intérêt thérapeutique. L'Ebixa, l'Aricept, l'Exelon et le Reminyl sont sur le marché depuis 2007 et sont remboursables à 100 % au titre des affections de longue durée. Le professeur Ollier a indiqué ce jeudi 15 sur Europe 1 que la Haute autorité de Santé pourrait décider de ne plus rembourser à 100% les médicaments qui soignent l'Alzheimer . "Il y a depuis plusieurs jours ou semaines une rumeur sur ce sujet, et certaines informations indiquent que cette rumeur va devenir réalité", a estimé, jeudi au micro d’Europe 1, le professeur Jean-Pierre Ollier, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Pour le moment, rien n'a été confirmé mais le professeur Ollier s’insurge déjà : "c’est inacceptable pour ne pas dire scandaleux", puisqu’il n’y a pas de nouvel argument scientifique" qui prouverait l’inefficacité de ces médicaments." C'est maintenant au tour d'I télé d'ajouter une enquête sur le sujet, en effet, le 21 septembre prochain la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) en France, pourrait ramener à 1 – sur une échelle de 4 - le niveau de Service Médical Rendu (SMR) des 4 médicaments indiqués contre cette affection. Autrement dit, ils ne seraient plus pris en charge à 100% par l’Assurance-maladie. Le neurologue Bernard Croisile n'hésite pas à évoquer "un lobby anti-Alzheimer et anti-traitements" . Pour les collègues qui exerçaient déjà en 2007, vous devez surement vous souvenir des prémices de ce potentiel retournement de situation puisque les CM2R s'étaient déjà largement inquiétés de l'avis de la Commission de la Transparence qui avait relevé des effets « modestes » dans le cadre de la prise en charge de la maladie d'Alzheimer. La somme à charge pour les familles serait estimée, pour le site destinationsante.com à environ 90/95 euros par mois.

DominiqueC

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Être aidant de malade Alzheimer - uniquement un fardeau ?

Le nouveau numéro de Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement nous offre un article gratuit qui porte aujourd'hui sur les aidants des malades d'Alzheimer. L'originalité de l'article réside dans son orientation très "Van der Lindenienne" si je puis dire, puisque les auteurs s'attaquent au concept de fardeau de l'aidant, concept qui tend à caractériser (avec une connotation négative) les relations entre les malades et leurs proches actuellement. Les liens entre un malade et ses proches ne pourraient se résumer à la seule notion de fardeau et cette manière de percevoir cette relation ne serait pas sans conséquence, et sur les personnes, et sur le système d'aide déployé dans le cadre de la maladie d'Alzheimer. Comme Geneviève Coudin le souligne dans son article, les aidants ne se reconnaitraient pas dans cette manière de percevoir la relation aidant/patient, expliquant au passage la sous utilisation des aides actuelles, mal pensées par rapport aux problématiques des familles. Le fardeau ne serait, ainsi, pas directement lié à la dépendance du malade mais plutôt à la perception qu'à l'aidant de la situation et de son propre rôle dans la prise en charge. Autre fait important, l'exploration de potentielles satisfactions à la prise en charge d'un malade d'Alzheimer objective leur présence au sein des familles avec des réponses à fort consensus comme : Il est important pour moi de maintenir la dignité de la personne dont je m’occupe 94,7%
Par l’aide que je lui donne j’exprime mon amour à la personne dont je m’occupe 90,6%
Cela me réjouit de voir la personne dont je m’occupe heureuse 90,5%
Comme je connais très bien la personne dont je m’occupe, je peux l’aider mieux que quiconque 90,5%
C’est agréable quand quelque chose que je fais donne du plaisir à la personne dont je m’occupe 89,2%
C’est bon d’aider la personne dont je m’occupe à surmonter les difficultés et les problèmes 89,2%
Je suis sûre que la personne dont je m’occupe a tout ce qu’il lui faut 87,9%
Je me sens utile, on a besoin de moi 82,4%
Les auteurs tendent vers la conception de Nolan, praticien chercheur anglais, qui appelle à dépasser le « modèle de l’aide centrée sur la personne », implicitement individualiste, pour aller vers un modèle d’aide centrée sur la relation entre l’aidant et le malade L'article est à lire gratuitement ici: http://www.jle.com/e-docs/00/04/6B/73/vers_alt/VersionPDF.pdf

DominiqueC

DominiqueC

 

La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme

L'association Autistes sans frontières vient de publier un documentaire militant sur la situation de la prise en charge des autistes en France, en opposant pédopsychiatres et psychanalystes français d'un coté, scientifiques et associations de familles de l'autre. J'ai visionné ce documentaire que je vous propose en une seule vidéo. Sophie Robert, la journaliste à l'origine de ce documentaire, nous présente un travail à mon avis partisan. Il n'en reste pas moins intéressant à condition de garder à l'esprit que les montages servent un but, celui de défendre d'autres prises en charge de l'autisme: les PECS, les méthodes ABA et TEACCH.Si certains propos sont édifiants, je regrette les entretiens coupés (que disent les intervenants entre deux coupes ?) et les plans fixes qui alimentent très facilement l'aspect pour le moins inquiétant des intervenants qui ont été filmés. Le message aurait gagné à propager, avant tout, l'intérêt d'une prise en charge diversifiée là où il se focalise essentiellement sur la discréditation d'un courant tout entier. La vidéo a été retirée à la demande de la réalisatrice, dans le cadre du droit d'auteur et de l'interdiction judiciaire de diffuser l'oeuvre. Sophie Robert nous informe que le film devrait être disponible, courant début 2014, sur sa propre web TV Dragon Bleu TV

DominiqueC

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Ces psychologues qui twittent !

La société britannique de psychologie vient de publier une mise à jour de sa liste des psychologues qui twittent sur la toile, soit environ deux cents comptes twitter à découvrir ! style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Twitter est un système de microbloging qui permet à ses utilisateurs de communiquer, en moins de 140 caractères, une information à leur réseau. Certaines personnalités comptent plusieurs millions d'internautes dans leur réseau twitter. Chez les psychologues, les twittes servent surtout à renvoyer vers un article, un événement particulier ou la mise à jour d'un site. Vous pouvez découvrir ce réseau en créant un compte gratuitement sur: http://www.twitter.com La liste des comptes twitter: http://bps-research-digest.blogspot.com/2011/09/psychologists-who-tweet-second-major.html

DominiqueC

DominiqueC

 

Nouvelle technique d'imagerie - le fUltrasound

Mickael Tanter, directeur de recherche à l'Inserm et ses collaborateurs publient dans la revue Nature Methods, un article présentant une nouvelle technique d'imagerie très prometteuse : le fUltrasound (Ultrasons fonctionnels du cerveau). Le communiqué de presse complet : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2223.htm?debut=24 - La réponse du cortex cérébral lorsqu'on stimule les moustaches d'un rongeur : Lorsque les chercheurs stimulent les moustaches (vibrisses) d'un rongeur, un afflux sanguin apparait très nettement au niveau du cortex somatosensoriel de l'animal, signe d'une activité dans cette zone. - Le développement d'une crise d'épilepsie sur l'ensemble du cerveau d'un rat : Au moment le plus fort de la crise, le volume sanguin augmente fortement dans les deux hémisphères du cerveau et des vagues se propagent lentement dans les différentes zones du cerveau.

DominiqueC

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La bible de l'évaluation neuropsychologique fête ses 35 ans

La référence qu'est le "Neuropsychological Assessment" de Muriel Lezak va connaitre sa 5e édition en cette rentrée 2011 le 1er avril 2012 ! Si vous pensiez agrandir votre bibliothèque avec cet ouvrage, je ne peux que vous conseiller de patienter pour profiter de cette importante mise à jour ! style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Plus connu sous le nom de "bible" dans sa catégorie, ce livre a été révisé et mis à jour par une équipe internationale d'experts reconnus pour leus compétences cliniques et neuropsychologiques. Cette cinquième édition offre une couverture complète du champ de la neuropsychologie clinique pour adultes. L'ouvrage reste fidèle à son architecture et présente en premier lieu les méthodes d'obtention d'hypothèses cliniques, des conseils et exemples pratiques. Au cours des sept années qui ont séparé cette nouvelle édition de la précédente, de nombreux progrès ont été réalisés dans les techniques de diagnostic et dans nos connaissances sur les relations cerveau-comportement. Par exemple, un afflux de données d'imagerie fonctionnelle a émergé et de nouvelles techniques d'imagerie structurelles ont fourni des détails fondamentaux sur la structure du cerveau. Cette 5e édition intègre toutes ces nouvelles données ainsi que de nouveaux outils pour les cliniciens: tableaux de neuroimagerie et profils comparatifs de l'évolution des caractéristiques neuropsychologiques des démences. Les chapitres sur les procédures d'évaluation incluent des discussions sur la sélection des tests, de récentes critiques sur ces outils ainsi que sur les batteries les plus utilisées dans l'évaluation neuropsychologique. Le sommaire: Cet ouvrage devrait voir le jour début novembre 2011 contrairement à ce qu'indique actuellement Amazon. Son prix: environ 90 euros pour presque 1400 pages, voilà un investissement raisonnable compte tenu du temps qui sépare chaque nouvelle édition. Le lien vers Amazon : Neuropsychological Assessment by M. Lezak Les deux autres grandes références dans ce domaine à acheter les yeux fermés: -Handbook Of Normative Data For Neuropsychological Assessment -A Compendium of Neuropsychological Tests: Administration, Norms, And Commentary

DominiqueC

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Un plan national pour la maladie de Parkinson ?

Plusieurs professeurs de médecine s'étaient engagés dans un article paru dans Le Monde en avril dernier pour réclamer un grand plan national contre la maladie de Parkinson à l'instar du plan Alzheimer. Une proposition de loi 3499 vient d'être déposée pour la création d'un plan national pour la maladie de Parkinson. Ce plan de 3 ans (2012 à 2015) axé sur la recherche, la santé et la solidarité, destiné aux 150 000 patients a pour finalité de : – de mieux connaître l’épidémiologie de cette maladie ; – de développer une information pour les professionnels de santé et pour le grand public ; – d’organiser le dépistage et l’accès aux tests diagnostiques ; – d’améliorer l’accès aux soins ; – d’améliorer la qualité de la prise en charge ; – de poursuivre l’effort en faveur des médicaments et promouvoir la recherche dans ce domaine ; – de répondre aux besoins spécifiques d’accompagnement des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ainsi que de leur famille. Une vidéo du député Jean-Charles Taugourdeau :

DominiqueC

DominiqueC

 

Disparition de Marc Jeannerod

Avec quelques jours de retard, il me semble tout de même important de rendre hommage à ce grand chercheur qu'était Marc Jeannerod, décédé ce 1er juillet 2011 à l'âge de 75 ans. Neurophysiologiste, Marc Jeannerod a centré son activité sur les relations entre le cerveau et l'action et sur les bases physiologiques de la cognition motrice. Comme le rappelle le site Sciences Humaines, Marc Jeannrod a été diplômé de médecine en 1965 pour se spécialiser en neurologie en compagnie de Michel Jouvet. Après avoir dirigé l'unité Vision et motricité (INSERM), il fut chargé de créer, dans les années 1990, le premier centre interdisciplinaire français en sciences cognitives, l'Institut des sciences cognitives (CNRS), à Bron, qu’il a dirigé (1997-2003) et dont il restait membre. De ses derniers propos en date, nous pourrons peut être retenir cette affirmation un peu provocatrice publiée sur le cercle-psy: Tout psychologue devrait connaître le cerveau ! http://www.sciencesh...s_fr_27490.html

DominiqueC

DominiqueC

 

Etonnant visage !

Ca fait un moment que je n'avais pas eu l'occasion de poster une petite illusion visuelle... C'est chose faite avec cet étonnant visage dont le montage a été réalisé par Jeff Arris. Regarder l'image provoque un conflit que je trouve difficilement supportable ! Le lien vers son flickr: http://www.flickr.co...rmy/4129499068/

DominiqueC

DominiqueC

 

Etude d'une cohorte de 700 traumatisés crâniens romains

Des chercheurs du département de neurochirurgie de Düsseldorf ont épluché les 34 albums d'Asterix afin de préciser les causes et conséquences des traumatismes crâniens infligés aux pauvres soldats romains, le tout dans la sérieuse revue: Acta Neurochirugica ! style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Concrètement, 704 cas de TC ont été identifiés, la majorité impliquant des adultes de sexe masculin. La cause la plus fréquente de traumatisme résulte d'empoignades (98,8%) et plus de 50% des TC ont été qualifiés de "sévères" avec un Glasgow 3-8. Bien que plus de la moitié des blessures à la tête a engendré des pertes de conscience, aucun décès ni déficit neurologique permanent n'a été enregistré. Le groupe le plus touché était constitué de Romains (63,9%), les auteurs annonçant une implication des Gaulois dans près de 90% des incartades... Asterix et Obelix sont responsables à eux seuls de plus de la moitié des cas de traumatisme crânien ! Seulement 4,5% des TC ont été causés par les Romains et un seul cas a été enregistré du coté des pirates. Notez que 70,5% des Romains portaient pourtant un casque, mais 87,7% d'entre eux l'ont perdu durant les altercations. Enfin, les chercheurs soulignent que 83% des TC ont été causés sous l'influence d'un agent dopant appelé "la potion magique". Les conclusions des chercheurs sur cette étude de cohorte sont que si la moitié des Romains ont souffert de pertes de conscience importantes après leurs traumatismes crâniens, aucun n'a gardé de séquelle définitive. La nationalité romaine, la paralysie du nerf hypoglosse, la perte du casque et l'ingestion de potion magique étaient significativement corrélées avec une perte de conscience sévère (p<0,05) Les chercheurs du département de neurochirurgie avouent que malgré l'importance de la cohorte, certaines questions restent sans réponse à l'heure actuelle. Ils espèrent que l'étude minutieuse des prochains tomes sera source d'informations complémentaires ! Remarque: je n'ai rien inventé, ce papier est réellement sorti chez AN en juin 2011: http://www.ncbi.nlm....pubmed/21472486 Merci à @velascop pour cette perle

DominiqueC

DominiqueC

 

Pont thalamique chez des jumelles

Le New York Times rapporte une histoire absolument incroyable. Tatiana and Krista Hogan sont atteintes d'un craniopage, elles sont reliées par la tête entre elles. Cette affection est rare mais aucun cas comme le leur n'avait encore été documenté. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">En effet, ces deux fillettes possedent, selon le neurochirurgien Douglas Cochrane, un pont thalamique entre leurs deux encéphales leur permettant de partager certaines informations sensorielles directement au niveau neuronal ! Ainsi, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous (à environ 2mn du début), la mère de Krista lui cache les yeux et montre à sa soeur une peluche. Grâce au partage sensoriel dont sont capables les jumelles, Krista répond sans hésitation à la question. Tatiana est capable de réaliser la même prouesse. Ces deux soeurs passionnent les scientifiques qui pensent pouvoir réaliser des avancées significatives dans la compréhension du fonctionnement cérébrale et de son développement grâce à elles. Malheureusement (ou pas ?) pour elles, les neuropédiatres ne peuvent les opérer dans le but de les séparer. Intervenir au niveau thalamique aurait des conséquences vitales inévitables. Lien vers l'article du NYTimes: http://www.nytimes.com/2011/05/29/magazine/could-conjoined-twins-share-a-mind.html

DominiqueC

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Neuro Film Festival - des vidéos à diffuser

La version 2011 du Neuro Film Festival a été l'occasion de découvrir des vidéos au format court qui traitent de maladies neurologiques comme les tumeurs cérébrales, la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique ou encore des maladies plus connues comme la maladie de Parkinson. Je vous propose deux vidéos qui m'ont beaucoup touché pour illustrer ce festival qui est maintenant terminé. Elles sont en anglais mais les images parlent d'elles-mêmes. La première met en mouvement un homme atteint de maladie de Parkinson. Il stoppe son traitement et se filme en train de faire des gestes quotidiens... se faire un thé, se déplacer dans sa maison, jouer un peu de piano. La seconde vidéo est un témoignage très poignant autour de l'amour d'un couple. Le petit ami (qui épousera son amie au décours de la maladie) est atteint de sclérose latérale amyotrophique. Les images se succèdent autour de l'évolution de la maladie et du témoignage de Tim et Kaylan... A propos du Neuro Film Festival : http://patients.aan....urofilmfestival

DominiqueC

DominiqueC

 

Poésie de la révolte par une jeune psychologue

Parce que dans neuropsychologie il y a psychologie, je crois que ce qui suit parlera à tout le monde... Bonjour à vous Je me permets de vous faire suivre un écrit d'une jeune psychologue, que j'ai eu en cours et qui était devant l'ARS, le 29 mars, mais c'était notre faible représentation qui l'a inspirée!, tout en poésie ...et révolte... Ça réveille, non? Bien à vous Au 18 mai, sous le soleil ....exactement... Gladys MONDIERE

DominiqueC

DominiqueC

 

Neurocommunication made in Japan

Ce billet est dans le top 10 des informations insolites que j'ai pu poster jusque maintenant... Neurowear est une société japonaise qui travaille sur une interface homme-machine bien particulière: le necomimi. Sous ce nom de code se cache en réalité deux oreilles de chat capables de réagir à votre activité cérébrale ! Vous êtes concentré ? vos oreilles se dressent immédiatement... vous êtes relaxé ? elles se relâchent doucement. Neurowear postule que le necomimi est une machine capable d'augmenter vos capacités physiques et mentales en vous aidant à contrôler vos ondes cérébrales un peu à la manière du neurofeedback j'imagine. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555"> Derrière cette information qui touchera de nombreux neuropsychologues, inconditionnelles des chats, je distingue deux données pas si insolites que ça: -il existe un lien de plus en plus fort entre nos aptitudes et notre cerveau avec l'idée qu'il nous faut nous doter de moyens adaptés pour dompter notre cerveau : stimulation, pharmacologie, interfaces neuro, etc. Cette conception est partagée par la profession (l'existence d'un lien) mais la fascination qui existe actuellement pour la science (dans la culture, l'économie, la politique) a de quoi susciter des craintes je crois. -sur le plan sociologique et linguistique, on peut se demander quelle place prendra ce type d'outils dans nos communications de demain. La technologie est également de plus en plus présente, à commencer par nos chats, SMS et autres pokes, dans nos interactions. Souvent, elles sont critiquées parce que réductrices... Seront nous tentés d'ajouter à ces moyens des méthodes plus implicites comme ces oreilles "capables" de décrypter notre état mental non verbal ? L'avenir nous le dira

DominiqueC

DominiqueC

 

Les 5 mots de Dubois ne dépistent pas la maladie d'Alzheimer

Cette histoire est vécue, c'est celle d'une de mes consultations. Nous sommes nombreux à en avoir fait l'expérience mais cela ne coute rien de souligner de nouveau l'absurdité de la situation suivante: Une personne âgée vient me voir en consultation de la mémoire en m'expliquant qu'elle a fait un "test d'Alzheimer" qui serait positif. Elle est très inquiète. Je lui demande dans quel centre elle est allée et cette dame me répond simplement que c'est un test que son groupe de personnes âgées s'est diffusé après que l'une d'entre elles l'ait lu dans un quotidien régional... Bon point pour ma curiosité, elle a l'article sur elle! article que je vous propose en pièce jointe ci-dessous : Cliquez pour lire le document On y apprend donc que si une bonne partie de la population ne peut bénéficier d'un dépistage suffisamment précoce (ce qui est vrai), il existe une bonne alternative utilisée par les médecins : le test des 5 mots de Dubois. Des consignes approximatives sont données avec la liste des mots. Bien sûr, le plus grave n'est pas la diffusion au plus grand nombre d'une épreuve utile pour les neurologues... c'est la conclusion de l'article qui prétend qu'un échec à cette épreuve est synonyme de "forts risques" de maladie d'Alzheimer. Alors voilà, ce message se destine au grand public qui se pose des questions sur l'état de santé de leur mémoire : il n'existe aucun test isolé capable de terminer précisément le risque de développer une maladie d'Alzheimer. Les neuropsychologues utilisent de nombreux tests afin de croiser des données complexes à interpréter. Ces données n'ont de sens qu'à la lumière d'autres résultats, notamment médicaux : consultation neurologique, imagerie cérébrale, etc. Un échec à cette épreuve ne signifie rien en soi et il faut d'ailleurs souligner que si un échec n'est pas synonyme de maladie d'Alzheimer, une réussite ne garantit rien non plus sur votre état de santé ! Si vous avez l'impression d'oublier plus que d'ordinaire, le seul bon réflexe est d'en parler avec votre médecin, d'organiser avec lui une consultation de la mémoire dans un centre spécialisé. Ne cédez jamais aux vulgarisations scientifiques dont les journaux aiment faire leurs colonnes. La plupart du temps, les informations sont imprécises, voire erronées, et peuvent vous conduire à faire de mauvais choix par la suite. Remarque: bien sûr, cette patiente qui avait échoué au test de son quotidien ne souffrait absolument pas de maladie d'Alzheimer... Je lui ai fait promettre de rediscuter de tout cela avec son cercle d'amies !

DominiqueC

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Diagnostic psychiatrique en s'amusant

On regretterait presque l'aspect ludique des anciennes épreuves psychométriques. Le site sciencemuseum.org propose de retrouver de manière interactive trois épreuves des années 30 à 50 avec des productions en direct de patients fictifs atteints de démence, de schizophrénie et de ... à vous de trouver! Les réponses sont parfois très amusantes A vous de jouer ! http://www.sciencemu...tric_tests.aspx

DominiqueC

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Articles fondateurs de la psychologie

Le site "Classics in the History of Psychology" est une véritable mine d'or pour ceux qui cherchent à retrouver les écrits qui ont fondé la discipline. Christopher D. Green, professeur de Psychologie à l'université de York, a accumulé de très grands papiers, aujourd'hui libres de droit, sous une interface minimaliste, mais fonctionnelle. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">L'index peut être consulté par auteurs ou par thématiques, un moteur de recherche étant également disponible. Personnellement, j'ai été émerveillé de pouvoir accéder à certaines ressources. Quelle chance de trouver dans votre bibliothèque un article d'Ebbinghaus de 1885, l'article de 1935 de R.Stroop sur son célèbre paradigme, des articles de Cattell, Hume, Gibson, Galton et tant d'autres !! Sont également en ligne des articles de la fin du XIXe sur l'histoire de la psychologie comme ce Münsterberg, Hugo. (1899). Psychology and history. Psychological Review, 6, 1-31. Bref, je vous invite à parcourir ce site, à le garder dans vos favoris, vous aurez peut-être envie... un jour... de revenir sur les racines de votre discipline. Si certains collègues veulent présenter l'une de ces augustes références, je serais très heureux de mettre tout ça en ligne bien sûr ! L'adresse du site: http://psychclassics...ku.ca/index.htm

DominiqueC

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PsycINFO - retro/per/spective

Linda Beebe vient de publier une rétrospective sur la plus grande base de données bibliographique en psychologie du monde et nous révèle une nouveauté qui sera disponible très prochainement: PsycTESTS. L'ancêtre de PsycINFO est Psychological Abstracts, une revue papier qui collecte les abstracts depuis 1927 et qui n'a cessé son activité qu'en 2006. PsycINFO a débuté son existence de base de données électronique en 1967 à la lueur des premiers progrès en informatique, la base de données était alors stockée sous forme de bandes magnétiques. Si 5 personnes étaient aux manettes du Psychological Abstracts, l'APA double l'effectif (12) pour réduire la latence entre les publications et leur indexation dans la base de données, ce qui permet de tomber de 3 ans (!) à 3 mois... 8 381 abstracts sont indexés en 1963. Grâce à PsycINFO, ce chiffre passe à 13 622 dès la première année de mise en service et atteint plus de 18 000 références à la fin de la décennie. Entre 1968 et 1972, l'APA améliore l'accès à la base en mettant à disposition des claviers, en créant une standardisation et un contrôle des données injectées dans la base et en développant un thesaurus psychologique. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555"> En 1978, PsycINFO est disponible dans quelques pays étrangers: l'Allemagne, la Suède, le Canada et l'Afrique du sud. En 1980 PsycINFO avait publié 31 764 abstracts sous format électronique. En 1989, ce chiffre est passé à 52 442 abstracts, le nombre de périodiques couverts passant de 988 à 1 304. Loin de vouloir indexer toutes les revues existantes, entre 1987 et 1988, l'APA retira pas moins de 269 périodiques jugés comme peu significatifs ! Dans les années 90, l'APA ouvre sa base à des revues étrangères. En 1995, le million d'abstracts est atteint, après 28 années de fonctionnement. En 2000, PsycLIT, base de données sur CDROM bien connue des étudiants ayant côtoyé les UFR de psychologie avant les années 2000, est absorbée par PsycINFO en lien avec l'arrivée en force d'internet et l'accès aux données en ligne. En 2001, PsycINFO couvre 1700 périodiques et ajoute une information majeure à sa base de données: les citations des références indexées. En 2004, et grâce à l'indexation de plusieurs périodiques qui n'existaient qu'en version papier, PsycINFO dépasse les deux millions de références. Dans la même période, une réflexion importante est menée sur ce qui doit être indexé dans la base de données. L'interdisciplinarité s'impose de plus en plus et avec elle, l'arrivée de nouveaux périodiques aux domaines connexes à la psychologie. En 2010, PsycINFO indexe 2 465 périodiques. La base de données dispose de formateurs qui interviennent lors de colloques et de séminaires ainsi que d'une chaine Youtube. Aujourd'hui, la base de données s'est diversifiée avec la présence de PsycBOOKS, PsycCRITIQUES et PsycEXTRA (donnant accès à des informations historiques comme les newsletter des divisions de psychologie, les abstracts des conférences, etc.) Pour 2011, une base de données psychométrique va voir le jour avec la mise en ligne d'informations telles que: Quelques chiffres à propos de PsycINFO: Domaine: toutes les branches de la psychologie avec pas moins de22 catégories majeures et 135 sous divisions. Couverture: 2468 périodiques indexés Géographie: publications de 49 pays et 27 langues différentes Période couverte: de 1806 à aujourd'hui (146 notices sont antérieures à 1890 dans les faits) Taille: 3,027,303 notices indexées (au 02/2011) Mise à jour : hebdomadaire, plus de 60 000 notices ajoutées par année Organisme responsable : American Psychological Association Sources: http://www.apa.org/p...nfo-growth.aspx http://www.csa.com/f...cinfo-set-c.php http://ahp.apps01.yorku.ca/?p=914

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Diagnostic psychiatrique par imagerie optique au Japon

"Dans une pièce pleine de psychiatres dans le centre-ville de Tokyo, je me prépare à une évaluation de ma santé mentale. (...) je m'équipe d'une sorte d'étrange bonnet de bain relié à des câbles et parsemé de boutons rouges et bleus. A l'aide d'un interrupteur, les 17 boutons rouges envoient de la lumière infrarouge sur 2 ou 3 centimètres de profondeur dans mon cerveau, elle y sera absorbée ou dispersée par les neurones. Les photorécepteurs contenus dans les 16 boutons bleus récupèrent la lumière qui est renvoyée à la surface. Enfouis dans les signaux, selon les chercheurs qui s'occupent de la machine, on peut y trouver des indices capables de distinguer une dépression, un trouble bipolaire ou encore une schizophrénie d'un état normal." C’est ainsi que commence un article publié dans le très officiel Nature à propos de la validation officielle d’une technique encore très expérimentale dans les services de psychiatrie japonais : la spectroscopie dans le proche infrarouge (SPIR). Lorsqu’on parle d’imagerie cérébrale, on pense immédiatement à l’imagerie magnétique avec l’IRM(f), la TEP, la SPECT. Toutefois, un procédé très largement utilisé dans l’industrie intéresse de plus en plus les chercheurs : l’imagerie optique. Les tissus humains sont relativement transparents à la lumière dans la gamme du proche infrarouge (entre 700 et 900 nm) qui peut donc les traverser sur plusieurs centimètres. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Toutefois la molécule d'hémoglobine réfléchit la lumière dans cette gamme et son spectre d'absorption est différent selon qu'elle transporte de l’oxygène ou non. L'augmentation d'activité neuronale induit une augmentation du débit sanguin et donc une modification de la quantité d’oxygène présente sur le chemin optique des photons qui traversent la région du cerveau considérée. En mesurant les changements du signal liés à l'absorption et à la diffusion, il est donc possible de déterminer si les régions observées sont actives ou non. C’est donc en 2009 que le ministère de la Santé a autorisé son utilisation en soulignant la « grande avancée technologique de cette méthode » pour les patients suivis en psychiatrie. Les psychiatres japonais et leur pionnier, Masoto Fukuda, ne se concentrent donc plus sur la parole de leurs patients mais sur deux régions cérébrales, les cortex préfrontaux et temporaux, impliqués dans de nombreuses pathologies psychiatriques. En faisant lire des listes de mots à leurs patients, ils enregistrent des patterns d’activations cérébrales qui permettraient de distinguer une personne bipolaire, d’une personne dépressive ou schizophrène. Ci-dessous, différents patterns supposés spécifiques d'un état normal, d'une dépression, d'un trouble bipolaire et d'une schizophrénie Les psychiatres mettent en avant le faible coût de cette technologie (comparativement à l’IRM), sa souplesse d’utilisation, notamment chez les enfants et les personnes agitées ou très anxieuses. En somme, une technologie qui permettrait de diagnostiquer à tour de bras de nombreuses populations différentes pour pas très cher et sans avoir besoin d'ouvrir la bouche pour autre chose que lire des items verbaux ! Si la SPIR suscite beaucoup d’intérêts, c’est qu’elle possède de réelles qualités qui ne sont niées par personne, à commencer par l’auteur de l’article. Toutefois, il convient de se demander comment un pays peut mettre sur le marché une technique que la communauté scientifique présente encore très largement comme exploratoire. Le blog Neuroskeptic a listé les publications de Fukuda sur la SPIR : Matsuo et al (2000) n=9/10 elderly depressed/controls Suto et al (2004) n=10/13/16 depressed/schizophrenia/controls Kameyama et al (2006) n=17/11/17 bipolar/depression/controls Nishimura et al (2007) n=5/33 panic disorder/controls Takizawa et al (2008) n=55/70 schizophrenia/controls Uehara et al (2007) n=11/11 eating disorder/controls Suda et al (2010) n=27/27 eating disorder/controls style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Si l'on fait les comptes, Fukuda a donc publié sur environ 150 patients, certains ayant participé à plusieurs études citées ci-dessus. Plus précisément, on est en droit d'imaginer que le pattern "trouble bipolaire" a été obtenu à l'aide des 17 patients de 2006...., le pattern "trouble dépressif" grâce à 30 dépressifs (dont 9 personnes âgées), pas la peine de souligner le pattern "Trouble panique" obtenu grâce aux données de... 5 patients en 2007. La spectroscopie dans le proche infrarouge n'a pas eu besoin d'études comparatives avec des golds standards, n'a pas eu besoin d'études randomisées, en double aveugle pour obtenir l'agrément du ministère de la santé japonais. Pourquoi ? c'est une question sans réponse mais qui pourrait susciter des craintes légitimes, tant sur la direction que prend la psychiatrie en recherche de moyens peu couteux et technologiques pour diagnostiquer des maladies particulièrement complexes, que sur le peu d'esprit critique dès lors que l'on habille les études d'imagerie et de méthodes dites modernes ! Sources: http://www.nature.co...pdf/469148a.pdf http://www.u-picardi...e_Nad_Chap3.pdf http://neuroskeptic....s-in-japan.html

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Un cas d'alien hand syndrome permanent

J'ai déjà eu l'occasion de vous présenter un cas d'Alien hand syndrome grâce à une patiente qui nous a autorisé à traduire et mettre en ligne ses vidéos (l'article en question). Je reviens avec un nouveau cas tout aussi intéressant grâce à Karen Byrne. Cette femme de 55 ans a bénéficié d'une intervention chirurgicale à l'âge de 27 ans après dix années d'épilepsie pharmaco résistante. Cette opération a consisté à séparer les deux hémisphères cérébraux en sectionnant le corps calleux. Ce qui distingue cette femme d'Erin, c'est la durée du syndrome. Parce que la cause est un geste chirurgical irréversible, Karen souffre de ce syndrome depuis plus de 18 ans avec des manifestations du bras gauche mais aussi de la jambe gauche. Karen Byrne décrit son syndrome ainsi: de manière occasionnelle lorsqu'elle se déboutonne de la main droite, sa main gauche reboutonne son vêtement, lorsqu'elle décide de tourner à droite, sa jambe gauche peut décider de partir vers la gauche, si elle met quelque chose dans son sac avec la main droite, sa main gauche peut retirer l'objet en question et plus difficile à vivre, il arrive parfois à cette main incontrôlable de battre Karen en la giflant (voir la vidéo...) et en lui donnant des coups de poing. Là où les hémisphères cérébraux communiquent entre eux dans un équilibre naturel, la section du corps calleux de Karen a fait émerger deux entités distinctes, aux désirs parfois antagonistes. Point positif, il semblerait qu'un traitement pharmacologique aide aujourd'hui Karen Byrne a reprendre le contrôle de son hémisphère droit.

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Il n'y a aucune définition du trouble mental - Allen Frances

Allen Frances est actuellement un psychiatre qui fait couler beaucoup d'encre autour du très critiqué DSM-V, le successeur attendu du DSM-IV. Il n'est pas le seul à critiquer le coeur du projet de mise à jour mais ce qui le distingue des autres, c'est son rôle majeur dans l'édition de la version précédente, l'actuel DSM-IV justement. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Ces doutes vont bien au-delà de l'écriture du nouveau manuel puisqu'il a déclaré, selon un article paru dans Wired (Inside the Battle to Define Mental Illness) "qu'il n'y aucune définition du trouble mental. C'est des foutaises. Nous avons fait des erreurs qui ont eu de terribles conséquences" puis de rajouter que "certains concepts sont virtuellement impossibles à définir et à délimiter précisément". C'est un des auteurs du DSM-IV qui parle là ! L'une de ses plus grandes craintes, rapporte Frances, concerne l'inflation de nouveaux troubles mentaux comme l'extension du trouble bipolaire chez les enfants qui a conduit à multiplier par 40 le diagnostic en pédiatrie ! Allen Frances souligne l'impact des antipsychotiques chez ces enfants avec l'apparition d'obésité et de diabète et des conséquences encore inconnues sur le développement du cerveau. En 2007, une série d'investigations a souligné qu'un promoteur particulièrement influent du diagnostic de trouble bipolaire chez l'enfant, le psychiatre d'Harvard Joseph Biederman, avait omis de déclarer d'importants revenus touchés directement par le laboratoire Johnson & Johnson, qui commercialise le Risperdal, principal traitement du trouble bipolaire.Frances illustre ces propos d'inflation des troubles psychiatriques avec la proposition d'un nouveau syndrome fourre-tout : le syndrome de risque psychotique... Ce syndrome permettrait de traiter des adolescents qui ont parfois pu présenter des idées confuses, ou expérimenter des hallucinations ou des idées délirantes. Parce que ces jeunes ne perdent pas le contact avec la réalité, ils échappent aujourd'hui au diagnostic et donc à un potentiel "traitement". Robert Spitzer, célèbre psychiatre à la tête de la rédaction du DSM-III a rejoint Frances dans son combat, souhaitant à son tour dénoncer le processus de rédaction du nouveau manuel, particulièrement obscure et sujet à toutes les influences pharmaceutiques. Source: Inside the Battle to Define Mental Illness By Gary Greenberg December 27, 2010 - Wired January 2011

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Le syndrome d'Ulysse, variante du syndrome de Cotard

Paul Vaughan a déterré un article de 2005 dans lequel on présente un syndrome de Cotard inversé. Là où le patient peut être amené à penser qu'il n'existe plus, en partie ou totalement, il existerait donc un syndrome dans lequel la personne pense que tout ou partie d'un proche n'existe plus... Cela s'appellerait le syndrome d'Ulysse. Il tire son nom de la mythologie grecque et de l'histoire de Pénélope qui, même après le retour d'Ulysse de la guerre, continuait de le croire mort. Les deux cas, publiés dans un article de 2005 de l'International Journal of Geriatric Psychiatry, sont spectaculaires comme le souligne le blogueur: style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Le premier cas est celui d'une personne âgée de 81 ans, amenée aux urgences psychiatriques pour la première fois après avoir démarré des idées délirantes soudaines à l'encontre de son petit-fils. Elle pensait que celui-ci présentait des oedèmes aux jambes, une inflammation du cerveau, une profonde léthargie après qu'une mouche radioactive l'ait piquée ! Bien qu'elle pouvait lui parler au téléphone, elle était convaincue de sa mort. Plus précisément, elle pensait qu'il n'avait plus d'estomac ou d'organes internes, que ses yeux avaient été retirés pour être remplacés par des billes de verre, que son cerveau était mort et remplacé par une horloge et qu'il devenait de plus en plus obèse. Elle décrivit des hallucinations sous la forme de policiers venant lui rapporter les infractions de son petit-fils, mais aucun autre symptôme de premier rang de la schizophrénie n'était présent. Son humeur était dépressive, mais d'apparition postérieure aux idées délirantes. La vieille dame a gardé ses idées délirantes durant 5 ans, bien qu'en parallèle elle était elle-même convaincue de sa propre mortalité. Le second cas concerne également une femme avec un début tout aussi soudain. Cette personne âgée de 73 ans présentait une histoire de schizophrénie paranoïde depuis 40 ans avec une exaltation de l'humeur, de l'hyperactivité, un langage logorrhéique, de la distractibilité et des idées de grandeur. Un jour, elle se mit à penser que son amant, qui vivait sur le même palier qu'elle, avait développé une maladie ayant entrainé la disparition de ses jambes, que son coeur avait été remplacé par une machine et qu'il était sur le point de perdre son cerveau. Elle pensait qu'il pouvait lui envoyer des messages par la télévision et qu'elle pouvait lui répondre en arrangeant, d'une certaine manière, des bougies situées non loin de là. Elle alla jusqu'à penser qu'il était mort, mais revenu à la vie sous une forme grossière afin de loger sous son propre matelas... L'article: Odysseus syndrome: nihilism by proxy. Connelly PJ, Rodriguez-Castello C, Robertson LM. Comment in: Int J Geriatr Psychiatry. 2005 Jun;20(6):598

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