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spécificité de la neuropsychologie


Guest emmanuelle
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Guest emmanuelle

Bonjour,

 

Je suis étudiante en Master 1 de neuropsychologie, et je me pose pas mal de questions dernièrement sur la spécificité du neuropsychologue dans les différents domaines d'application. J'ai commencé à chercher des stages de M2 pour travailler auprès d'enfants ayant des troubles des apprentissages ou des troubles du spectre autistique, et très souvent dans les structures je vois des psychologues du développement ou des orthophonistes, et pas de neuropsychologue. Et lorsqu'un(e) neuropsy est présente, il/elle n'est là que pour faire des bilans, et la rééducation se fait avec les autres métiers cités précédemment. Dans la grande majorité des services que je vois, le neuropsychologue n'est là que pour passer des bilans. Il n'y a qu'en gériatrie où parfois des ateliers mémoire sont proposés et en psychiatrie où là le neuropsychologue a l'air d'avoir une diversité d'activités intéressante.

Et en ce qui concerne le traumatisme crânien, les personnes sont souvent orientées vers des orthophonistes en libéral, qui se chargent de la rééducation de toutes les fonctions cognitives (mémoire, attention, langage, etc.). Le neuropsychologue ne serait-il qu'un évaluateur du fonctionnement cognitf à un instant t, sans prise en charge derrière (ou très rarement)? J'ai l'impression de m'être fourvoyée...

 

Auriez vous des réactions à ce sujet?

 

 

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Hum.. simplement je dirai : à toi de choisir quel (neuro)psychologue tu veux être :)

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Sylvain PONTZEELE 🙂

Etablissement de santé mentale - Groupe MGEN (100%)

Centre support des HDF (en collaboration avec le CHU de Lille) de remédiation cognitive et de réhabilitation psycho-sociale

 

DU "Prises en charge neuropsychologiques des atteintes cérébrales" de Montpellier III 

DU "Thérapies Emotionnelles Cognitives et Comportementales" de Lille III 

 

Président de l'Association Nord'Opsy (anciennement collectif des psychologues spécialisé.e.s en neuropsychologie de la partie Nord des Hauts de France) : https://www.facebook.com/groups/164146117507586/ 

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Bonjour Emmanuelle,

Tu poses une question qui interroge de nombreux psychologues spécialisés en neuropsychologie actuellement. Coincés entre une formation universitaire trop théorique et des lieux d'exercice qui ont été financés pour répondre à la demande croissante d'évaluation cognitive, les psychologues se questionnent beaucoup sur leur place dans le champ de la santé aujourd'hui.

Il n'en reste pas moins que de nombreux collègues participent à une pratique très riche, qui sort de la seule évaluation. Pour t'en convaincre, je te propose d'aller voir le programme de notre dernier colloque : http://www.cnnc.fr

Ceci étant dit, l'évaluation cognitive reste une pratique particulièrement utile et exigeante du point de vue théorique. Elle est pointée du doigt, depuis un moment, parce qu'elle est faite dans des conditions qui ne garantissent pas une pratique de haut niveau : formation insuffisante des professionnels, diminution des temps de consultation, articulation avec les autres métiers pas toujours possible, etc. Les psychologues dénoncent activement cette situation comme dans cet article paru dans le numéro du mois de mai 2011 du Journal des Psychologues Evaluation_en_danger_consultation_memoire.pdf. En parallèle, il faut soulier qu'il existe aussi des centres où l'évaluation peut se faire avec un grand sens clinique, peut impliquer le recours à de nombreuses connaissances et dans une visée utile pour le patient et pour l'équipe.

En résumé, la neuropsychologie pour les étudiants en psychologie est semée d'embuches. Tes questions et tes doutes sont légitimes. Il va te falloir bien réfléchir au master que tu souhaites intégrer ainsi que les lieux de stages qui te formeront.

Pour le master, plusieurs aspects peuvent être pris en compte :

  • activités du laboratoire sur lequel s'adosse le master (est-ce que l'équipe publie ? organise des conférences, des événements en lien avec la neuropsychologie ?
  • la plaquette de formation : combien d'heures de cours ? sur quels domaines ? quel pourcentage de praticiens dans la formation ? quel type de mémoire ? Attention aux aspects expérimentaux qui restent importants, mais qui doivent laisser une place plus importante à la clinique pour une formation qui se veut professionnelle...
  • l'expérience de l'équipe : pas toujours évidente à évaluer, mais est-ce que les responsables ont exercé la profession ? combien d'années ? certains masters sont dirigés par des universitaires qui n'ont jamais pratiqué. Parfois, ils peuvent pallier ce manque par une équipe professionnelle importante, mais ce n'est pas toujours le cas !

Pour les stages, c'est pareil :

  • Depuis quand exerce le professionnel ? L’expérience ne s'acquiert qu'avec de la pratique, deux choses précisément au coeur de l'encadrement de stage.
  • Quelle est sa pratique : évaluation ? remédiation ? psychothérapie ? combien de temps a t'il pour chacune de ses missions ? Il faut avoir en tête que le métier s'apprend essentiellement sur le terrain. Cette formation aura un impact important sur le devenir professionnel du futur psychologue, sur son identité également.
  • Quelle est sa place dans la structure ? participe t'il aux réunions ? a t'il d'autres rôles dans l'hôpital ? des liens avec les autres psychologues ?
  • Quelle est sa méthode de travail avec les étudiants ? y a t'il du travail à faire en plus du stage, des lectures par exemple ? Est-ce qu'il supervise l'étudiant ? est ce qu'il laisse une part d'autonomie rapidement ?

Il faut garder en ligne de mire qu'un stage est un moment de supervision. Une supervision est une pratique qui est encadrée, sur laquelle psychologue et étudiant reviennent constamment. Faire faire des heures à un étudiant sans passer du temps à débriefer sa consultation, le choix de ses outils, son comportement avec le patient avec l'entourage n'est pas acceptable. La pratique de l'étudiant doit pouvoir être reliée à des aspects théoriques, des lectures personnelles, des articles suggérés par le psychologue, peut être des choses présentées en cours également.

Nous avons rédigé plusieurs fiches à l'attention des étudiants, elles pourraient t'intéresser : http://www.neuropsychologie.fr/index.php?/page/index.html/_/nos-fiches-conseils/pour-les-etudiants/

Les psychologues doivent encore travailler sur leurs pratiques, leur identité dans le champ de la neuropsychologie. Tu y participeras à ta manière également si tu choisis cette voie. C'est pour cette raison que chacun doit bien faire attention au chemin qu'il emprunte, car à l'image d'une discipline en construction, la voie comporte quelques pièges et impasses  !

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Dominique Cazin, Montreal (Canada)

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