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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Variables affectant la clarté des comptes rendus psychologiques


    Le compte rendu reste souvent difficile à lire, en particulier pour les non psychologues. Ils comportent souvent du jargon, des termes mal ou pas définis, des explications insuffisamment complètes, des résultats, des recommandations vagues ou inappropriées, des problèmes d’organisation et sont souvent trop longs. La nécessité d’améliorer la lisibilité du compte rendu est pointé depuis plus de 30 ans, sans amélioration significative.

    Virgnia Smith Harvey a donc relevé certaines variables susceptibles d’expliquer la situation. Un premier questionnaire, proposé à de jeunes diplômés, a permis de formaliser 4 facteurs principaux : la formation, le langage utilisé, le temps imparti et la nature multiple des lecteurs potentiels.

    La formation

    Les jeunes professionnels pointent du doigt le manque d’enseignement sur la manière d’écrire un compte rendu lisible et suffisamment clair pour des non psychologues. A partir d’une analyse de contenu, un score peu être obtenu pour caractériser la lisibilité d’un compte rendu. Ce score va de très facile (90-100) à très difficile (0-30). Un score satisfaisant doit être autour de 60-70. 60 comptes rendus ont été extraits de 20 ouvrages professionnels (de 1990 à 2002). 38 étaient des CR à destination de parents et d’enseignants, 22 étaient destinés à des professionnels (médecin, avocats, psychologues..). Ces documents ont obtenu des scores, respectivement de 27.53 (+/-11.68) et 20.94 (+/- 8.13). La différence était significative mais les deux types de CR ont pourtant été classés dans la catégorie « Très difficile ». Ce contexte d’apprentissage, qui met en avant des comptes rendus inappropriés, devrait donc être un élément à modifier.

    Le langage

    Dans le cas où le CR devrait être lu par plusieurs types de lecteur, le jargon et les termes psychologiques devraient définis avec précision. Un terme comme « intelligence moyenne » ne bénéficie pas d’un consensus aussi fort que l’on voudrait le penser par exemple. 208 psychologues (5 ans au moins dans la profession avec des pratiques variées) ont accepté de répondre à une question ouverte : définition de l’intelligence moyenne et score se rapportant à cette moyenne. Les résultats sont clairs : la notion d’intelligence moyenne ne bénéficie pas d’un consensus. Certains ont situé la moyenne à une DS avec un QI entre 85 et 115. D’autres ont défini la moyenne entre 70 et 130 tandis que d’autres ont déterminé l’intelligence moyenne comme celle d’un enfant "capable de fonctionner correctement dans une classe" (QI entre 80 à 120). Enfin, d’autres ont établi que le QI moyen devait être supérieur à 100. Cet exemple démontre le problème fondamental des termes psychologiques en général. Un score de 86, selon la définition que l’on a de l’intelligence moyenne, donnera évidement des interprétations bien différentes ! Expliciter clairement les termes prend ici tout son sens.

    Temps imparti

    Whitaker (1994) rapporte qu’en moyenne, un jeune diplômé prend environ 6 à 8 heures pour rédiger un compte rendu contre environ 3 heures pour un professionnel aguerri. 272 psychologues ont accepté de répondre à un questionnaire (âge : 42.99+/-12.1 ; expérience moyenne : 11.7+/-9.3 ans). 49% souhaiteraient passer moins de temps à la rédaction de CR tandis que 50% n’ont pas exprimé d’envie sur cette question. Ce qui semble d’ailleurs contradictoire avec les envies des professionnels (plus de temps pour le suivi des stagiaires, pour l’amélioration de la prise en charge globale ou encore dans l’utilisation d’outils moins conventionnels et plus couteux en temps). Certains professionnels utilisent leur temps personnel (soirs et week-ends) pour mener à bien cette activité de rédaction. Parmi les techniques utiles, les professionnels ont rapporté : l’utilisation d’un format « type », la possibilité d’avoir un jour dévolu à cette activité, l’utilisation d’un secrétariat, d’un logiciel de correction des scores, d’un ordinateur portable et d’un logiciel de rédaction de CR.

    Public varié

    Les CR doivent être rédigés dans la perspective d’être lu par de nombreux publics comme la famille, les enseignants, les médecins, les patients eux-mêmes etc. Les utilisateurs de CR ont clairement montré qu’ils préféraient des CR contenant des termes explicités, des solutions compréhensibles, des exemples clairs et des explications. Tant que cet effort de clarté ne sera pas fait, le travail du psychologue restera inefficace car mal interprété voir non intégré. Virgnia Smith Harvey cite Bersoff (1995) qui considère que le patient devrait avoir la possibilité d’interagir avec le compte rendu en ayant la possibilité d’ajouter des éléments (via le psychologue), de se voir clarifier des éléments voire d’exprimer son désaccord sur le contenu. Pour Kamphus & Frick (2001), le psychologue devrait : user de tact, utiliser les percentiles lorsqu’il faut rapporter des données quantitatives, encourager les personnes impliquées à formuler des questions sur le CR, d’ajuster la communication au niveau socio culturel de la personne qui lira le document, de définir les termes utilisés et d’éviter la formulation de prédictions globales ou négatives.

    Conclusion

    Depuis plus de 30 ans, la nécessité d’améliorer la rédaction du compte rendu est pointée du doigt. Pourtant, les psychologues continuent d’écrire des comptes rendus particulièrement complexes à lire. Afin d’améliorer la formation des psychologues, l’auteur préconise d’abord de repenser les modèles publiés dans les ouvrages professionnels. Ils sont souvent beaucoup trop complexes et ne font qu’alimenter les défauts qui ont été mis à jour depuis longtemps. Il serait bon d’améliorer la validité écologique des termes utilisés ainsi que de fournir un contexte aux données quantitatives. Au final, pour Virgnia Smith Harvey, il existerait de nombreux points d’appui pour le psychologue désireux d’améliorer le compte rendu et le défi reste définitivement un sujet d'actualité...

    Source: Variables affecting the clarity of psychological reports, Virgnia Smith Harvey, J. Clin. Psychol. 62: 5-18, 2006.

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