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    DominiqueC

    Utiliser le Boston Naming Test dans le diagnostic différentiel MA / DCL ?

    Edited by DominiqueC


    Vanessa G. Williams et ses collaborateurs de la Brown Medical School (Providence, USA) ont publié, dans le numéro de novembre 2007 des Archives of Clinical Neuropsychology, un article sur la nature des erreurs dans l’épreuve de dénomination Boston Naming test chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer (MA) et de la démence à corps de Lewy (DCL).

    Pour Williams, les critères consensuels de la DCL, qui comportent un déclin cognitif progressif, des hallucinations visuelles récurrentes, une fluctuation cognitive et/ou des signes de parkinsonisme (McKeith et al., 2005 ) ont l’avantage de posséder une bonne spécificité mais une faible sensibilité (Geser et al., 2005 ; McKeith et al., 2004). Ce constat pose donc le besoin de préciser davantage les éléments susceptibles d'étayer le diagnostic de cette pathologie.

    L’analyse de patterns neuropsychologiques pourrait être un moyen, pour l'auteur, d’améliorer la précision du diagnostic de maladie à corps de Lewy.

    Si la nature des erreurs sur une épreuve de dénomination commence à être bien connue dans certaines pathologies (dysfonctionnements lexicaux et sémantiques), ce n’est pas encore le cas pour la DCL. Williams a donc décidé de tester l'hypothèse d'une nature préférentiellement visuo spatiale dans le pattern d'erreurs à l'épreuve de dénomination chez les patients DCL comparativement aux patients MA.

    Williams a constitué 2 groupes de 31 patients DCL et MA appariés en âge, genre, NSC et degré de sévérité de démence. Concernant l’épreuve, c’est la version 60 items qui fut utilisée. Un mot non dénommé spontanément était considéré comme une erreur. La classification des erreurs est semblable à celle de Lukatela et al. (1998) avec des erreurs visuo perceptives (parking pour harmonica), sémantiques (cigogne pour pélican), phonémiques (péliquin pour pélican) ou perseveratives (répétition d’une réponse précédemment donnée). Les circonlocutions (« ca sert à dessiner… » pour le compas) ont été cotées comme des erreurs sémantiques. Lorsque le participant ne donnait pas de réponse, l’erreur était naturellement une non réponse. Lorsque celui-ci donnait une réponse de type « ce n’est pas une… », l’erreur était également cotée en non réponse. Enfin, si le participant dénommait seulement une partie de l’item (plume pour fléchette), l’erreur était considérée comme visuo perceptive.

    Résultats

    Aucune différence statistique n’a été montrée concernant les variables démographiques ni le degré de sévérité de la démence.

    Le score de dénomination s’est révélé moins élevé pour les patients MA comparativement aux patients DCL (p<.05) Une analyse des réponses a montré des différences significatives dans les productions d'erreurs des deux groupes.

    Les patients DCL ont produit plus d’erreurs visuo perceptives (p<.05) et les patients MA plus d’erreurs sémantiques (p<.001).

    Les patients DCL avec hallucinations (71%) ont commis significativement plus d’erreurs perceptives que les patients DCL sans hallucination (p<.05). Aucune différence de groupe n’a été retrouvée sur les erreurs phonémiques et de type non réponse.

    La présence d’erreurs visuo perceptives a multiplié par 4 le risque de diagnostic de DCL.

    Discussion

    Pour Vanessa G. Williams, ces résultats montrent clairement qu’il est nécessaire d’inclure une analyse détaillée des erreurs dans l’épreuve de dénomination BNT. Comme prévu au regard des lésions neuronales dans la maladie d’Alzheimer, les patients MA ont montré significativement plus d’erreurs sémantiques. A l’opposé, les patients atteints de démence à corps de Lewy ont présenté significativement plus d’erreurs visuo perceptives. Les autres types d’erreurs n’ont pas participé à la différenciation des deux groupes. La présence d’erreurs visuelles augmente significativement le risque de DCL (multiplié par 4 dans cette étude). Par contre, la présence de 3 erreurs visuelles ou plus sur le BNT semble plaider contre le diagnostic de MA (spécificité=.91).

    Enfin, les résultats argumenteraient l’existence de deux formes de DCL (comme le suggère Simard et al., 2003 ) avec une variante antérieure (prédominance du syndrome dysexecutif) et une variante postérieure (prédominance d’un dysfonctionnement visuo perceptif)

    Source: Williams et al. (2007) - Boston naming performance distinguishes between Lewy body and Alzheimer’s dementias. Archives of Clinical Neuropsychology 22: 925–931

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    Recommended Comments



    oui oui, je suis bien d'accord. Ca permet de replacer certaines références et d'évoquer la rareté des erreurs visuo perceptives dans la MA. A noter que si ce type d'erreur est très présent chez les patients DCL, certains n'en présentent pas (les DCL Hallu - ). Et puis.. Ça fait un peu de communication autour de ce test intéressant et ça sert également de message subliminal pour le groupe de travail qui penche sur cette question :p

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    est-ce que vous l'utilisez de votre côté de l'océan, le Boston Naming? Je le prend occasionnellement pour les patients anglophones que je vois mais pour les francophones, je prend la Do-80. Un collègue avait fait une mini-étude comparant la performance d'ainés québécois francophones pour se rendre compte que leur rendement était bien inférieur à celui des normes anglophones. Nous nous sommes alors dit que l'épreuves n'était pas très "culture friendly". Peut-être avez vous d'autres normes?

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    "culture friendly", j'adore ce terme! :) c'est intéressant cette mini étude. Tu te souviens de l'importance de cette différence ? Il existe une étude normative française : Adaptation française du test de dénomination de Boston. Versions abrégées. Colombo (1992). European review of applied psychology. Elle comporte 4 formes parallèles et se base sur la version expérimentale à 80 items.

     

    Edited by Anne-MarieCG
    Suppression lien obsolète
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    J'utilise ce test de manière plus qualitative (comme la DO d'ailleurs...) et uniquement avec une population jeune (pour une consult mémoire ) et/ou avec un bon NSC pour laquelle je trouve la DO peu sensible.

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    Effectivement, je partage ton opinion sur le manque de sensibilité de la Do. Je trouve en ce sens que nous sommes peu outillés en terme de tâche de dénomination pour les francophones avec de bonnes normes...

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    Que penses tu de la LEXIS que Bill recommandait il y a peu sur la liste Yahoo ? vous ne travaillez pas avec au Canada ?

    Sinon.. j'ai cru entendre dire que la DO faisait l'objet d'une réactualisation de ses normes... à voir !

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    Entre le deuxième message de Dom et celui juste au-dessus de Steve, ça en fait des messages "subliminaux" pour le groupe de travail sur la future Déno2008 :D

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    j'en rajoute un :)

    Je n'ai pas encore eu le temps de bien m'arrêter sur la référence donnée par rapport au système de classement des erreurs (Lukatela et al. (1998 )) mais je n'avais pas pour habitude de concevoir les circonlocutions comme des erreurs sémantiques et vous ?

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    Moi non plus... Mais effectivement, il est probablement possible de considérer certaines circonlocutions comme des paraphasies sémantiques (par exemple "une bestiole qui vole" ou "cigogne" pour pélican). Par contre une circonlocution genre "un patin pour s'essuyer les pieds" à propos de l'image du grillage de la DO80 (sorry, suis pas toujours fidèle à la Boston ! ) me fait plus penser à une erreur visuo-perceptive que sémantique, surtout lorsque le patient nomme le bon mot après ébauche sémantique. Classer systématiquement les circonlocutions comme des erreurs sémantiques paraît peut-être un peu rapide, non ?

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    est-ce qu'ils ne considère pas les circonlocutions comme des erreurs sémantiques uniquement quand elles montrent une bonne reconnaissance de l'image mais un manque du mot ? oui moi je parlais plutôt dans ce cas là de manque du mot par une atteinte de l'accès au lexique.

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    Pour revenir à nos échanges sur les erreurs, nos questions montrent bien les limites de ces épreuves par rapport à l'appréciation des dysfonctionnements sous jacents. Pour être sûr qu'il ne s'agit que d'un défaut d'accès lexical, il me semble difficile de se restreindre à la seule réponse spontanée du patient sur la dénomination d'objets.

    Pour les circonlocutions, ils ne gardent que les erreurs de type définition par l'usage s'il s'agit d'un objet ("ca sert à mesurer des angles" pour un rapporteur etc.). Pour les items vivants, la classification me semble déjà plus complexe ! Par exemple, pour l'hippocampe, si le patient dit "c'est un poisson, ca vit dans l'eau", on peut se demander s'il ne s'agit pas d'une réponse supra ordonnée plutôt que d'une périphrase pour contourner la difficulté d'accès au nom. On en revient à la nécessité de poursuivre l'investigation avec d'autres questions... questions non disponibles dans les épreuves classiques de dénomination.

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