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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Pratiques des neuropsychologues dans l'expertise médico-légale


    Les cliniciens spécialisés en neuropsychologie peuvent être appelés à évaluer l’intégrité cognitive d'un individu dans un cadre d’expertise judiciaire par exemple et doivent pouvoir estimer le risque d’obtenir un résultat biaisé par une recherche de bénéfice secondaire dans ce contexte. L’un des facteurs à même de biaiser les résultats de l’évaluation est l’insuffisance d’efforts sur l’épreuve proposée (malingering). S’il existe divers méthodes et moyens pour mesurer cet effort, peu d’études se sont penchées sur la nature des variables utilisées par les neuropsychologues.

    Dans une récente étude de Rabin et al. (2005) dont le but était de répertorier toutes les épreuves les plus couramment utilisées par les neuropsychologues, seulement deux épreuves de malingering ont été classées dans le top 40 de la liste : le Test of Memory Malingering (19eme place) et l’épreuve des 15 items de Rey (40eme place).

    Dans une étude de Lally et al. (2003) , les recommandations concernant l’évaluation du malingering ont porté sur l’utilisation du MMPI-2 et du Structured Interview of Reported Symptoms (SIRS). D’autres épreuves ont été jugées comme fournissant des mesures acceptables du malingering : le VIP de la Wais III (Validity Indicator Profile), le TOMM, les 15 items de Rey et l’Halstead Reitan Battery .

    Une troisième étude de Slick et al. (2004) a ciblé des professionnels considérés comme experts dans l’évaluation du malingering. 24 participants ont répondu au questionnaire et ont placé le TOMM comme outil privilégié d’évaluation du biais d’effort. Parmi les autres épreuves, ont été rapportés les 15 items de Rey et le Warrington Recognition Memory Test . A un moindre degré, ces experts ont également rapporté l’utilisation d’autres épreuves : le Computerized Assessment of Response Bias (CARB), le Portland Digit Recognition Test (PDRT), le Victoria Symptom Validity Test (VSVT) et le Digit Memory Test.

    Afin d’affiner cet état des lieux des épreuves et variables utilisées dans la détection du biais d’effort, Sharland et Gfeller ont proposé un nouveau questionnaire en ciblant une population de cliniciens plus large, tous membres de la NAN . Sur les 712 participants sélectionnés, 188 ont retourné un questionnaire utilisable.

    Le questionnaire, en lui-même, a repris la méthodologie employée par Slick et al. (2004). Il fut divisé en deux parties. La première partie contenait des informations démographiques. La seconde partie portait plus précisément sur les pratiques et méthodes utilisées pour évaluer l’effort.

    La moyenne d’âge des participants était de 51 ans avec une pratique professionnelle d’environ 17 ans. 30 % étaient des femmes et 90 % avaient une formation de type doctorat (30 % de docteurs certifiés en neuropsychologie).

    56 % des participants ont répondu inclure régulièrement ou systématiquement une épreuve de mesure de l’effort dans l’évaluation neuropsychologique. 89 % des cliniciens ont indiqué qu’ils encourageaient souvent ou systématiquement la personne évaluée à donner le meilleur d’eux même sur les épreuves proposées. 22 % ont rapporté qu’ils indiquaient à la personne évaluée que des épreuves susceptibles d’évaluer le biais d’effort allaient être utilisées contre 52 % qui ne mentionnaient que rarement ou jamais cette utilisation.

    Les participants ont estimé qu’environ 10 % des personnes évaluées sur une année ont probablement présenté un manque d’effort sur les épreuves tandis que 5 % ont clairement manqué d’effort.

    Le questionnaire a également porté sur la méthode employée pour rapporter la présence d’un biais d’effort dans un compte rendu. 85 % des participants ont rapporté qu’ils indiquaient souvent ou systématiquement dans leur rapport que les résultats étaient contradictoires avec la sévérité du trouble. 66 % ont indiqué qu’aucune conclusion ne pouvait être dressée à partir des résultats obtenus et 59 % ont précisé que les résultats étaient invalides. Seulement 29 % indiquaient clairement que les résultats objectivaient un biais d’effort tandis que 24 % n’écrivaient jamais cette phrase dans leurs rapports.

    Afin de déterminer quelles mesures spécifiques de l’effort ont été utilisées par les participants, une liste empirique de 29 mesures a été proposée.

    L’outil le plus fréquemment utilisé fut le TOMM (75.3 %) avec une utilisation fréquente ou systématique pour 63 % des participants. Le deuxième outil le plus utilisé fut le MMPI-2 avec le F-K ratio (76.5 % et 46 % d’utilisation fréquente ou systématique) et l’échelle FSB (75.1 %/43 %). Ensuite, ont été rapportés les 15 items de Rey (74.4 %/42 %), la California Verbal Learning Test (63.1 %/43 %). Les épreuves les moins utilisées furent celles de la WMS-R/WMS-III discriminant function (15.8 %/3.3 %), la WAIS-R/WAIS-III discriminant function (18.5 %/3.8 %), la Halstead Reitan Battery discriminant function (16.8 %/4.3 %), le Warrington Recognition Memory Test (23.4 %/5.4 %) et la Victoria Symptom Validity Test (18.1 %/10 %).

    Si le TOMM a été classé comme étant un outil particulièrement efficace, les auteurs ont été étonnés de voir également, en termes d’efficacité, apparaitre la VSVT et le WRM. Visiblement, si de nombreux cliniciens se sentent formés sur le TOMM, c’est le manque de familiarité sur les deux autres épreuves qui expliqueraient qu’ils ne soient presque pas utilisés.

    Conclusion

    Au final, les auteurs retiennent donc que la moitié des psychologues ayant une activité neuropsychologique utilisent souvent ou systématiquement une épreuve d'évaluation de l'effort. La plupart d’entre eux n’évoquent pas la présence de cette évaluation durant le bilan. La méthode la plus courante pour rapporter une suspicion de biais d’effort est l’évocation de contradictions entre les résultats obtenus durant l’évaluation et la sévérité des troubles. Une minorité mentionne explicitement que les épreuves mettent en avant la présence d’un biais d’effort manifeste. Ensuite, le TOMM est clairement l’outil le plus utilisé dans cette pratique. Vient après le test des 15 items de Rey. Malgré les critiques psychométriques qui ont été émises sur cette épreuve, les cliniciens continuent de l’utiliser tout en ayant conscience de ses limites puisqu’en fonction des qualités psychométriques de l’outil, les 15 items de Rey ont été classés en 17éme position (sur 29). Enfin, le questionnaire a révélé que sur une année de pratique, environ 5 % des personnes testées présenteraient des performances certainement en lien avec une exagération de symptômes.

    Source: A survey of neuropsychologists’ beliefs and practices with respect to the assessment of effort, Archives of Clinical Neuropsychology, Volume 22, Issue 2, February 2007, Pages 213-223

    Ressource : http://www.kspope.co...ss/malinger.php

    User Feedback

    Recommended Comments

    Quelques rapides commentaires :

    En regardant certaines variables démographiques comme l'âge moyen (51 ans), l'ancienneté (17 ans...) et le pourcentage de PhD (90% !), on prend vraiment conscience de la jeunesse de notre spécialité en France ! Ca n'est pas le propos de l'article mais ca a le mérite de nous montrer quel point nous sommes en retard et quelle énergie il va nous falloir déployer pour rattraper nos collègues

    Plus en lien avec l'article : en quoi celui-ci peut être généralisé la pratique française ? pas évident de répondre pour être honnête. Il est clair qu'il existe des spécificités culturelles (système de santé, judiciarisation de la vie publique etc.) qui divisent nos deux pays. Partir du principe qu’un individu est potentiellement quelqu’un qui va tenter de falsifier les résultats est une perception bien particulière du rapport l’usager. Je ne sais pas pour vous mais de mon coté et dans un premier temps, je me base plus volontiers sur mon sens clinique et sur l’existence d’incohérences psychométriques (scores trop bas, profil trop hétérogène etc.). Maintenant, sans parler de falsification volontaire, nous rencontrons parfois des patients qui ne donnent pas le meilleur d’eux même et avoir une mesure objective de ce manque d’effort sur l’évaluation apparait bien sûr intéressante.

    En dépassant cet aspect et sur le plan strictement psychométrique, c’est le TOMM qui retient l’attention de tous les collègues américains. Il est rapide, fiable et non verbal. A coté de celui-ci apparait le cas particulier du test des 15 items de Rey. Ce test a été l’objet de nombreuses critiques dans le cadre d’une utilisation de type malingering et pourtant, il est fréquemment placé juste derrière le TOMM. Plus étonnant, les professionnels ont conscience que ce n’est pas un bon outil. Je sais, qu’en France, ce test circule bien aussi. Cet article peut nous servir de piqure de rappel quant son utilisation j’imagine.

    Il y a d’autres alternatives ces deux épreuves comme le CVLT et le MMPI-2. Si des collègues utilisent ces outils dans ce contexte, ca pourrait être très intéressant d’avoir un retour… (puisqu’ils sont utilisés en France).

    Petite aparté, l’extrême majorité des cliniciens ont rapporté encourager leurs patients. C’est rassurant de le savoir car parfois, on entend des drôles de retour sur certaines pratiques et sur le sacro saint respect des conditions de passation qui ne doivent pas déroger d’un pouce de ce qui est écrit dans la consigne. Ouf…je fais comme 89% des neuropsychologues made in USA

    L’article a au moins l’intérêt de nous questionner sur notre propre pratique : doit on mieux opérationnaliser notre évaluation de l’effort ou non ? Chacun trouvera sa propre réponse, le principal étant surement de se positionner.

    Pour information, le TOMM est non verbal, ce qui facilite son utilisation chez des non anglophones. Qui plus est, il est relativement peu onéreux puisqu’il ne coute que 150$, soit dans les 100€.

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