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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Performances d'hispanophones sur la DRS de Mattis


    La Mattis dementia rating scale (MDRS) a été développée comme un outil de screening afin d’évaluer l’efficience cognitive des patients atteints de démence. Cette épreuve consiste en 36 tâches, divisées en 5 sous tests (Attention, Initiation, Construction, Raisonnement et Mémoire) pour un score total maximum de 144 points.

    Cette étude, proposée par Scott a. Lyness et son équipe, s’est posée le problème de l’impact culturel sur les normes employées pour un test psychométrique comme celui ci. L’auteur rappel d’ailleurs qu’aux USA, la part des immigrés hispaniques est en constante progression mais que les échantillons utilisés dans les études normatives sont presque toujours anglophones.

    Le premier objectif de cette étude a donc été de vérifier si les performances à la MADRS étaient comparables lorsqu’on apparie des sujets anglophones et hispanophones, individuellement en âge, en niveau socio culturel et en sexe. Le deuxième objectif se proposait de fournir des normes préliminaires pour cette population si les deux populations n’étaient pas suffisamment comparables pour utiliser de manière interchangeable les normes anglophones.

    Dans le cadre d’une utilisation de screening, un outil se doit d’être rapide et facile d’utilisation. Bien que la MADRS dispose de 5 subtests, de nombreuses études ne se sont intéressées qu’au score total dans le cadre de la démence alors que la passation complète prend environ 20 à 30 minutes. Un déficit en mémoire est souvent le signe le plus précoce de la démence et il existe un subtest mémoire qui ne prend seulement que 5 à 8 minutes à être administré (5 tâches : orientation, deux épreuves de rappel, une épreuve de reconnaissance verbale et une épreuve de reconnaissance visuelle). En comparaison, le MMSE prend environ 10 minutes a être administré et coté. Le troisième but de cette étude était donc de comparer le score total de la MDRS, le score au subtest Mémoire de la MDRS et le score au MMSE en terme de sensibilité et spécificité face à la démence.

    Sur le plan méthodologique, les auteurs ont constitué 3 groupes : des individus normaux hispanophones (n=54) dont la langue principale ou exclusive était l’espagnol, des patients hispanophones atteints de démence dont la langue principale ou exclusive était également l’espagnol (n=61 avec un CDR allant de 0.5 à 3) et enfin un groupe d’individus anglophones sains appariés au sujets hispanophones sains (n=54).

    Afin d’apparier le plus strictement possible les deux groupes, seulement 30 paires ont pu être constituées (aucun anglophone n’avait un niveau d’étude inférieur à 8 années de scolarisation). La passation fut effectuée par des psychologues bilingues.

    Résultats

    Les performances n’ont pas été corrélées au nombre d’années passées dans le pays. Aucune différence n’a été observée entre les sujets bilingues et monolingues chez les sujets sains. Aucune différence n’a été observée entre ces deux groupes pour les patients déments à l’exception du subtest Attention, pour lequel le groupe bilingue s’est révélé un peu plus rapide que le groupe monolingue (M=33.7 avec SD=2.1 versus M=32.0 avec SD=3.6 à p=0.02).

    L’appariement entre les groupes hispanophones et anglophones s’est révélé satisfaisant avec aucune différence en terme de NSC et d’âge, 27 sujets sur 30 étaient appariés également en genre. Pour autant, l’échantillon hispanophone a obtenu des performances significativement plus faibles que le groupe anglophone sur le score total à la MDRS mais aussi pour les subtests Attention, Conceptualisation et Mémoire. L’effet était important.

    Pour ces trois subtests, des analyses post hoc ont permis d’identifier plus précisément la contribution de chaque tâche. Les hispanophones se sont montrés moins performants :

    -pour le subtest Attention : la tache de comptage

    -pour le subtest Conceptualisation : Tâche de similitude/différence

    -pour le subtest Mémoire : rappel libre, lecture et reconnaissance verbale.

    De même, pour la population hispanophone, le score total à la MDRS n’était ni corrélé avec l’âge ni avec le genre alors que chez les anglophones, le score total était fortement corrélé avec un plus jeune âge et le sexe féminin.

    Concernant la comparaison des caractéristiques psychométriques des 3 tests face à la démence, les auteurs ont obtenu 2 cut off pour chaque test, l’un maximisant la sensibilité, l’autre la spécificité.

    MDRS : 125 (92% de sensibilité, 80% de spécificité)

    120 (80% de sensibilité, 91% de spécificité)

    MDRS memory scale : 19 (93% de sensibilité, 81% de spécificité)

    17 (82% de sensibilité, 89% de spécificité)

    MMSE : 26 (93% de sensibilité, 83% de spécificité)

    24 (80% de sensibilité, 98% de spécificité)

    Conclusion

    Malgré un appariement strict sur les caractéristiques démographiques, les personnes hispanophones saines ont obtenu de moins bonnes performances que les anglophones sains sur le score total à la MDRS ainsi que les subtests Attention, Conceptualisation et Mémoire. A l’intérieur des subtests tests, les auteurs ont montré que seules certaines tâches étaient impliquées dans cette baisse des performances.

    Plusieurs facteurs rentrent en jeu pour expliquer ces différences comme les spécificités de la langue, de la culture mais aussi les différences en terme d’éducation entre les deux groupes.

    Il ne semble pas possible de pouvoir utiliser les normes actuelles, essentiellement anglo-saxonnes, pour une population non anglophone.

    Enfin, d’un point de vue psychométrique, le subtest Mémoire de la MDRS s’est révélé être un meilleur outil de dépistage de la démence d’alzheimer que la MDRS complète. Compte tenu de sa rapidité d’administration et sa facilité de cotation, il pourrait se révéler avantageux de privilégier ce subtest à l’ensemble de la batterie, voir de l'utiliser conjointement avec le MMSE.

    Source: Lyness SA et al., Arch Clin Neuropsychol. 2006 Dec;21(8):827-36.

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