Jump to content
Le forum de l'OFPN

 

Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Les fluences verbales dans le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer


    Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer est un enjeu qui concerne les cliniciens et les chercheurs. Des tests ont montré leur efficacité, notamment au niveau mnésique comme avec la batterie de Storandt et Hill (1989, The Boston Naming Test, Logical Memory de là Wechsler Memory Scale & Digit Symbol).

    Des déficits en mémoire sémantique et phonémique ont également été rapportés. Ainsi, les fluences sémantiques et les fluences phonémiques mesurent respectivement la mémoire sémantique et la mémoire phonétique et pourraient se révéler être des outils de diagnostic supplémentaire. D’un point de vue quantitatif, les personnes avec une maladie d’Alzheimer (MA) débutante évoquent moins de mots que les sujets sains. De même, un affaiblissement plus marqué pour les fluences sémantiques comparativement aux fluences littérales suggère que les fluences sémantiques seraient particulièrement à même de nous renseigner sur le risque de démence. Les auteurs de cette étude citent également Troyer (1998) qui a montré que les clusters et le switching entre chaque catégorie pouvaient également permettre de distinguer les individus normaux des patients MA. Pour les fluences sémantiques, les patients MA font moins de switching et ont des clusters plus petits. Pour les fluences littérales, les patients MA ne différent des sujets sains que sur le nombre de switch.

    Gomez et ses collègues se sont donc intéressés, d’un point de vue qualitatif et quantitatif, à l'utilisation des fluences sémantiques (animaux) et littérales dans le cadre du diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer.

    76 patients et 77 contrôles ont été recrutés au Washington University Alzheimer’s Disease Research Center (WUADRC). Le CDR a été utilisé afin d’établir un niveau de démence. L’âge des contrôles et des patients atteints d’une MA précoce était de 59-96 (M=77.0, SD=9.9) et 49–93 (M= 76.8, S.D. = 8.0). Le niveau d’éducation était compris entre 8 et 20 ans (contrôles: M= 14.9, S.D. = 2.9; MA précoces DAT: M= 14.3, S.D. = 3.0). Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes pour les variables âge et éducation.

    L’évaluation neuropsychologique a duré 2h, durant laquelle d’autres tests que les fluences ont été proposés (Digit Span, Block Design, Paired Associates Learning, Trail Making, and Stroop, The Boston Naming Test, Logical Memory from theWechsler Memory Scale & Digit Symbol). Concernant les fluences sémantiques, il était demandé de donner le plus de noms d’animaux en 90s. Pour les fluences littérales, il était demandé de donner le plus de mots commençant par S et P, durant 60s pour chaque lettre. En variable quantitative, les auteurs ont donc retenu le nombre de mots pour chaque catégorie. En variable qualitative, ils ont retenu le nombre de clusters, le nombre moyen de mots par cluster et le nombre de switch.

    Concernant les résultats :

    Sur la plupart des tests, les sujets contrôles ont fait mieux que les patients MA à un stade précoce. Concernant les fluences, le groupe contrôle a généré plus de mots, a produit plus de cluster, de switching ainsi que des clusters plus larges. Les auteurs ont relevé une exception pour la lettre S. Dans cette fluence, le nombre de clusters ainsi que leurs tailles n’ont pas différé du groupe MA. La grande fréquence des mots en S serait une hypothèse possible.

    Des analyses de corrélations ont montré que tous les aspects qualitatifs étaient corrélés aux aspects quantitatifs pour les tâches de fluence. Le nombre de clusters, le nombre de switch et la taille des clusters étaient significativement corrélés au nombre de mots générés durant les fluences littérales et sémantiques. A cause de ces corrélations, les auteurs n’ont pas intégré ces variables dans l’analyse de discrimination.

    Dans l’analyse discriminante, l’ordre des variables était déterminé par des critères statistiques comme le poids de la variable sur le pouvoir discriminant. La variable la plus discriminante était rentrée en première, puis suivait la deuxième variable etc. jusqu’à ce que le pouvoir prédictif ne soit plus amélioré. Ce sont les fluences sémantiques qui ont été rentrées en premier lieu puis le test de mémoire logique. Aucun autre test n’a amélioré après ceci le pouvoir discriminant entre les deux groupes.

    La batterie de Storandt et Hill (1989) a montré 68% de sensibilité et 74% de spécificité dans le cadre de la discrimination sujets sains/sujets déments. Lorsque les auteurs ont ajouté les 3 tests de fluence (S, P et animaux) à cette batterie, la sensibilité est montée à 78%, la spécificité est restée à 74%.

    Conclusion

    Gomez et collaborateurs ont montré que les aspects qualitatifs et quantitatifs des fluences sont affectés chez le patient dément à un stade précoce. En général, ces patients ont généré moins de mots, de clusters, de switch ainsi que des plus petits clusters comparativement au groupe contrôle.

    L’analyse discriminante a montré que les tests de fluence sémantique et de mémoire logique sont les tests les plus à même de détecter précocement les individus déments des individus sains.

    Plus intéressant encore, en ajoutant l’épreuve de fluence sémantique, la contribution du Boston Naming test n’était plus significative, ce que les auteurs interprètent comme un probable recouvrement des fonctions mises en jeu au travers de ces deux épreuves. La même observation a été faite pour le Digit Symbol Test qui n’a pas amélioré la discrimination entre les deux groupes, une fois en présence du test de fluence sémantique. Les deux épreuves partagent ici aussi des caractéristiques comme la rapidité d’exécution et la nécessite de générer des réponses à partir de multiples catégories.

    En conclusion, les auteurs défendent l’idée que la mémoire sémantique devrait faire l’objet d’une évaluation au même titre que la mémoire épisodique dans le cadre du diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer. De plus, l’analyse de l’aspect qualitatif des fluences prend du temps et n’apparait pas un facteur améliorant la discrimination. Il ne serait donc peut être pas utile d’aller au delà de l’aspect quantitatif de l’épreuve.

    Source: Rowena G. Gomez, Desirée A. White, Archives of Clinical Neuropsychology 21 (2006) 771–775

    User Feedback

    Recommended Comments

    There are no comments to display.



    Guest
    Add a comment...

    ×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

      Only 75 emoji are allowed.

    ×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

    ×   Your previous content has been restored.   Clear editor

    ×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.


×
×
  • Create New...