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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Le SWAT : test de mémoire sémantique


    L’existence de déficits sélectifs de la mémoire sémantique a été mise à jour grâce à l’observation de patients atteints de pathologies dégénératives focales. Certains outils ont été crées afin d'évaluer l’intégrité des connaissances en mémoire sémantique pour des items animés et non animés, en modalités visuelles et verbales.

    Les patients atteints d’une démence sémantique ont, généralement, plus de difficultés à accéder aux informations à partir du domaine verbal comparativement au domaine visuel. Dans ce sens, ils obtiennent de moins bonnes performances sur une tâche de définition de mots ainsi qu’en appariement de mots par rapport à l'appariement d’images.

    Plus récemment, il a été démontré que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer éprouvaient également des difficultés sémantiques sur des épreuves telles que la dénomination d’objets, l’appariement de mots/images et les fluences catégorielles. Toutefois, leurs déficits ne sont généralement pas aussi prononcés que chez les patients atteints d’une démence sémantique.

    A l’heure actuelle, seules deux épreuves ont été construites afin d’évaluer la mémoire sémantique d’un point de vue visuel et verbal: le Pyramid and Palm Trees Test (PPT; Howard & Patterson, 1992) et le Camel and Cactus task (CCT; e.g.,Bozeat, Lambon-Ralph, Patterson, Garrard, & Hodges, 2000).

    Warrington, dans cet article, a souhaité comparer les connaissances des attributs pour les animaux et les objets chez des patients Alzheimer (MA) et démence sémantique (SD). L’idée était de vérifier l’existence de déficits spécifiques (modalités et catégories) dans ces deux populations à partir d’une épreuve construite en 1975 par l'auteur : le Size and Weights Test.

    Cette épreuve minimise l’implication d’autres fonctions cognitives (raisonnement, capacités exécutives…) en fournissant, pour chaque essai, un seul attribut et une seule catégorie, ce qui n'est pas le cas du PPT et du CCT.

    12 patients SD et 22 patients MA ont été recrutés et appariés à 40 sujets contrôles.

    Le test a été conçu pour évaluer la connaissance des attributs en fournissant un seul cadre de référence pour chaque set d’items : la taille pour les items animés et le poids pour les items manufacturés. Le test comprenait, à la base, 60 stimuli dans chaque catégorie arrangés en 20 triplets. Chaque set existe dans une version verbale et une version visuelle. Les participants devaient pointer du doigt l’animal le plus grand puis le plus petit pour les items animés et l’item le plus lourd puis le plus léger pour les items non animés.

    Le but de Warrington était de construire une épreuve produisant peu d’erreurs chez les sujets sains. 20 sujets contrôles ont été testés et ont permis de retenir deux séries de 15 triplets. A partir de la base de données CELEX, aucune différence significative n’a été montrée sur la fréquence des animaux et des objets.

    Les résultats au SWAT montrent un effet plafond quasi constant chez les sujets contrôles sur les 4 parties du test (animaux en visuel, objets en visuel, animaux en écrit, objets en écrit). Les patients MA et SD ont obtenu des performances significativement moins bonnes sur les 4 sous parties comparativement aux sujets contrôles. Les patients SD ont obtenu des performances significativement moins bonnes sur les deux parties verbales comparativement aux patients MA.

    Une analyse de variance sur les performances des patients MA et SD a montré un effet du groupe et de la modalité mais pas de la catégorie.

    Discussion :

    Warrington a construit une tâche ayant pour particularité de permettre une comparaison directe entre deux modalités, visuelles et verbales et deux catégories, animées et non animées. La consigne est simple et comparable pour les différentes parties de l’épreuve.

    Un effet du groupe et de la modalité ont été retrouvés mais pas de la catégorie. Les patients atteints d’une démence sémantique ont obtenu de moins bonnes performances en modalité verbale comparativement aux patients atteints d’une maladie d’Alzheimer. Enfin, les patients SD ont montré de moins bonnes performances pour les items verbaux comparativement aux items visuels. Ces résultats sont cohérents avec la littérature. Dans ce sens, les concepts verbaux poseraient un lien arbitraire avec l’item auquel ils sont associés alors qu’il existerait une relation plus forte entre un objet et sa fonction.

    Un patient SD a toutefois obtenu un pattern de résultats inverse avec de moins bonnes performances visuelles par rapport au verbal. L’existence d’un tel profil questionne la réalité d’une conception unimodale de la mémoire sémantique et apporte des arguments à une organisation multimodale soutenant une dissociation plus ou moins forte entre une sémantique visuelle et verbale (Shallice et al., 1987).

    Aucun effet de la catégorie n’a été retrouvé, ce qui semble également cohérent avec la littérature récente (Lambon-Ralph et al., 2003 ; Noppeney et al., 2007 ). Cette absence d’effet contraste avec d’autres pathologies comme l’encéphalite herpétique pour laquelle l’existence d’un déficit spécifique pour les animaux semble très récurrente (Noppeney et al., 2007). De même, chez des patients avec un AVC gauche, un déficit pour les objets manufacturés est assez courant (McKenna & Parry, 1994 ). Ces différents résultats étayent l’idée qu’une lésion diffuse ne provoquerait pas de déficit spécifique contrairement à une lésion plus focale.

    Sample :

    Remarque : Le SWAT est une épreuve expérimentale. Dans ce sens, elle n'a pas été validée pour une utilisation clinique standard. Toutefois, l'épreuve est disponible auprès des auteurs. Après avoir contacté Elizabeth Warrington, j'ai obtenu le test et je le tiens à disposition des collègues intéressés.

    Source: E. K. Warrington and S.J. Crutch (2007). A Within-Modality Test of Semantic Knowledge: The Size/Weight Attribute Test. Neuropsychology. Vol. 21, No. 6, 803–811

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    Recommended Comments

    Bonjour,

    Je suis très intéressé par ce test. je pense qu'il faut multiplier les différent types d'évaluation de la mémoire sémantique. En effet, j'ai toujours eu des réserves pour d'autres tests comme le PPT, sur l'implication des capacités d'abstractions qui sont plutôt exécutives par rapport à des effets d'associations sémantiques qui sont sensés être plus automatiques.

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    L'un de vous a t-il traduit ce test et l'a t-il utilisé ?

    Je viens de recevoir le matériel et je me demandais si je me mettais à la traduction...

    Merci d'avance de vos retours éventuels.

    Véro

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    je l'ai reçu également : les planches sont intéressantes

    le test est toutefois destiné à une population non française : certaines planches sont du coup moins pertinentes que d'autres (je pense que l'une des images représente une prise anglaise par exemple)

    il n'en paraît pas moins pertinent, je suis en train de le tenter dans la batterie d'un patient présentant une aphasie pour lequel je suspecte une possible agnosie d’accès sémantique : le patient a en outre des troubles de compréhension et pensait qu'il fallait désigner le plus gros animal ou le plus petit parmi les dessins d'animaux représentés, non pas celui qui est le plus gros dans la réalité :)...nuance importante quand on sait que les 3 dessins à discriminer sur chaque planche sont reproduits à la même échelle.

    un test à découvrir donc et à travailler surtout...

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    Bonjour ,

    il n'est jamais trop tard ... mais est ce que l'un de vous pourrait  m'envoyer le matériel SWATT que j'aimerais découvrir de plus près .

    je vais également  essayer auprès de l'auteur, en 5  ans le matériel a peut-être été amélioré ?

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