Jump to content
Le forum de l'OFPN

 

Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Le Rorschach Système Intégré en Neuropsychologie : articulation du cognitif et de l’affectif


    Le Rorschach est apparu à une période où la dichotomie entre troubles mentaux « organiques » et troubles mentaux « non-organiques » était bien moins distincte qu’aujourd’hui. Muzio rappelle en préambule que 25% des cas utilisés dans la monographie de Rorschach en 1921 étaient des patients atteints de troubles neurologiques.

    Entre 1940 et 1950, certaines personnalités étaient perçues comme à risque de pathologie neurologique mais à partir de 1960 et sous l’avènement des neurosciences et de la neuropsychologie, l’utilisation du Rorschach a été de plus en plus critiquée.

    Aux états unis, le test de personnalité le plus utilisé reste incontestablement le MMPI-2 et bien qu’il ne soit pas forcement adapté à une utilisation en neurologie (absence de corrélations entre les variables MMPI et des variables neuropsychologiques), il reste un test très répandu chez les neuropsychologues.

    Pour Emiliano Muzio, il serait possible de comparer le MMPI au Rorschach en mettant face à face un auto-questionnaire sur la mémoire et une épreuve mnésique. Tout comme ces deux outils, les corrélations entre MMPI et Rorschach sont très faibles. Il existerait par contre des corrélations significatives entre le facteur Rorschach baptisé « processus de la réponse » (capacités d’intégration, d’abstraction et de complexité cognitivo-perceptive) et certaines variables neuropsychologiques comme l’apprentissage moteur et visuo spatial (r=.39) et la compréhension verbale (r=.36). Ces deux variables ne seraient d’ailleurs corrélées au mieux qu’à -.07 avec le MMPI.

    Pour Acklin etWu-Holt (1996), le test pourrait être perçu comme un processus complexe impliquant toutes les aires des hémisphères cérébraux et mettant en jeu divers aspects de l’attention visuelle, de la perception, de la reconnaissance d’objet, de la mémoire associative, de la production du langage et des fonctions exécutives. Les différentes étapes du processus de la réponse sont référées par ces auteurs à différents substrats anatomiques.

    Le Rorschach mettrait donc en jeu des fonctions largement distribuées et intégrées au cours du processus de la réponse.

    L’idée que le Rorschach pourrait être un test neuropsychologique est loin de faire l’unanimité.

    Perry et coll. ont montré que diverses variables Rorschach cognitives, abordées à la lumière des déficits neuropsychologiques caractéristiques des patients DTA, permettent de distinguer les patients DTA d’un groupe de sujets contrôles. Qui plus est, il semblerait que même leur patient le plus détérioré sur le plan cognitif était testable au Rorschach, ce qui n’est pas forcement vrai pour d’autres épreuves.

    Un instrument d’intégration cognitivo-affective

    Le Rorschach permettrait, selon E. Muzio, de mettre en évidence non seulement des liens entre des mesures neuropsychologiques et des variables Rorschach cognitives, mais aussi, entre ces premières mesures et des variables Rorschach affectives (Muzio, Di Menza, Andronikof, 2002a, 2002b).

    Muzio et ses collaborateurs ont montré que, mis à part les nombreuses variables Rorschach cognitives corrélées aux mesures neuropsychologiques, des variables affectives telles que WSumC (somme pondérée des réponses déterminées par la couleur) et es (somme des variables corrélées aux pressions internes et externes ressenties par le sujet : sentiments d’impuissance, affects dysphoriques retenus, dégoût de soi, frustration...), étaient aussi corrélées à ces mesures.

    Dans cette étude, le WSumC était modérément mais significativement (p<.01) corrélé aux mesures de fonctionnement cognitif global : r=.35 pour le Mini Mental Status (MMS), et r=.34 pour BEC96. Il était aussi significativement corrélé aux sous-échelles de la BEC96 mesurant différents aspects de la mémoire : la mémoire visuelle (r=.33), l’apprentissage verbal (r=.33), l’orientation dans le temps (r=.31), ainsi que l’accès au stock sémantique mesurée par une tâche d’évocation catégorielle (r=.31). La variable es était corrélée plus spécifiquement à la mémoire et plus particulièrement à l’apprentissage verbal (r=.32) ; suggérant des liens entre le traitement verbal et/ou l’apprentissage, et l’état de stress/détresse et/ou conscience/réactivité affective.

    Des travaux ont également été réalisés entre le WsumC et les réponses au Wisconsin (Clyne, 1999). Chez le TC (adultes testés 3 à 5 semaines après avoir été diagnostiqués), Exner et al., 1996 a montré qu’il existait un évitement et un abord très économique des situations complexes, un abaissement des ressources psychologiques adaptatives avec notamment une difficulté à identifier, exprimer et utiliser son vécu affectif, un évitement des situations émotionnellement chargées, ainsi que des difficultés à mettre en place des stratégies d’ajustement cognitivo-comportementales stables et prévisibles, un abaissement du niveau de tolérance au stress, une impulsivité dans le traitement de l’information, et une importante centration sur soi.

    Autres apports du Rorschach en neuropsychologie

    Dans une étude portant sur 140 sujets âgés adultes présentant des tumeurs cérébrales unilatérales, Belyi (1983) a ainsi confirmé que des sujets présentant des lésions cérébrales droites présentent une baisse de l’adéquation perceptive. Chez les sujets présentant des lésions droites postérieures, il observe un nombre élevé de réponses concernant des détails inhabituels ou l’espace blanc des planches, une tendance à mélanger figure et fond, et un nombre très élevé de réponses de mauvaise qualité formelle. Les sujets présentant des lésions gauches auraient une performance similaire à celle des sujets normaux pour ce qui est de l’adéquation perceptive, mais donneraient significativement moins de réponses déterminées par la couleur, ou lorsqu’ils en donnent, celles-ci resteraient dominées par la forme. Ils donneraient un nombre faible de réponses incluant du mouvement, un nombre élevé de réponses à contenu animal, un nombre elevé de réponses persévératives et de réponses « je ne sais pas ». Lorsque les lésions gauches se situent dans les régions frontales, les temps de latence sont plus élevés et le nombre de réponses total est faible.

    Conclusion

    Une des principales difficultés auxquelles est confronté le praticien du Rorschach dans l’évaluation de populations neurologiques réside en son incapacité à faire la distinction entre ce qui, dans le profil mis en évidence, relève :

    - des traits de personnalité antérieurs à la lésion cérébrale,

    - des effets psychologiques directs de la lésion,

    -et des réactions psychologiques aux effets de la lésion.

    En réalité pour Emiliano Muzio, tout clinicien travaillant avec des populations neurologiques est confronté à ce problème.

    L’intérêt d’associer différentes méthodes d’évaluation (entretiens, listes de critères, échelles cliniques, examens neurologiques cliniques et d’imagerie, tests neuropsychologiques cognitifs, questionnaires de personnalité, Rorschach...) permet, non seulement de mieux dresser des hypothèses diagnostiques souvent difficiles à établir, mais aussi de mieux rendre compte du fonctionnement psychologique du sujet afin de mieux adapter son traitement. Dans ce contexte, un des intérêts majeurs du Rorschach est de permettre une articulation des facteurs cognitifs et affectifs.

    Le manque de spécificité du Rorschach dans le diagnostic des lésions cérébrales imposerait de l’utiliser conjointement à d’autres mesures dans ce contexte. Cette règle s’applique d’ailleurs à toute évaluation clinique, puisque baser son jugement de clinicien sur une seule méthode d’évaluation serait considéré dans la plupart des cas comme peu conforme aux règles déontologiques de la profession.

    Source: Le Rorschach Système Intégré en Neuropsychologie : articulation du cognitif et de l’affectif, Emiliano Muzio, Psychologie française 49 (2004) 33–49

    User Feedback

    Recommended Comments

    There are no comments to display.



    Guest
    Add a comment...

    ×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

      Only 75 emoji are allowed.

    ×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

    ×   Your previous content has been restored.   Clear editor

    ×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.


×
×
  • Create New...