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    DominiqueC

    Le Psychomètre : présentation et entretien avec G.Routhier


    L'informatique prend une place prépondérante dans de nombreuses activités, de notre quotidien bien sûr mais aussi sur le plan professionnel. C'est ainsi que l'on voit se développer des programmes destinés à nous aider dans notre pratique. Cet apport ne va pas sans son lot de questions et j'ai profité d'un récent échange à propos du "Psychomètre" sur le forum pour réaliser cet entretien avec la personne en charge de coordonner le développement de cet outil. Merci à Véronique Bourrat pour m'avoir mis en relation. Un grand merci à M. Routhier également qui nous livre là une réflexion qui va bien au delà de cet outil, qui rentre profondément en raisonnance avec ma vision des choses. J'invite vraiment tous les visiteurs à prendre connaissance de cet entretien.

    Bonjour M. Routhier, pourriez-vous nous présenter votre parcours professionnel ainsi que vos occupations actuelles ?

    J’ai complété mes études à l’Université Laval à Québec (maîtrise et doctorat en psychologie avec spécialisation en neuropsychologie). Je travaille depuis la fin des années 70 dans des hôpitaux généraux de courte durée et en clinique privée. Mon travail a consisté initialement à procéder à l’évaluation et au traitement des patients dans le cadre de la (en) clinique externe d’un service de psychologie, puis à l’intérieur d’un département de psychiatrie – graduellement mon travail s’est spécialisé en évaluation neuropsychologique

    Après avoir travaillé en psychiatrie adulte pendant plusieurs années (surtout auprès des jeunes psychotiques), j’ai intégré depuis quelques années une équipe de psychogériatrie où je vois des patients en clinique externe et des patients hospitalisés (dans le cadre d’un suivi systématique). En pratique privée, j’offre des services d’évaluation et d’expertise médico légale en neuropsychologie.

    Parallèlement à ces tâches cliniques, j’exerce des fonctions d’enseignement. Je suis superviseur et professeur de clinique en psychologie à l’Université Laval depuis le milieu des années 80.

    Outre mon intérêt pour la psychologie et la neuropsychologie, j’ai été impliqué dans la gestion de l’information au département où je travaille – dans ce cadre, mon travail a consisté pendant quelques années à superviser le déploiement matériel du système informatique, soit à concevoir, superviser le développement et l’implantation d’un programme informatique de type informationnel (agenda commun, rapport d’activités).

    Pourriez-vous nous retracer l’histoire du Psychomètre ? Qui en est à l’origine et qui se charge, aujourd’hui du développement ? Quels sont vos projets dans l’avenir pour cet outil ?

    Ce logiciel a vu le jour dans le contexte de la crise économique dans le milieu des années 90 on parlait alors de transférer des intervenants des services de deuxième ligne dont nous faisons partie, aux premières lignes d’intervention et ce, afin de réduire les coûts du système de santé public. Les psychologues avaient donc à se définir pour être considérés comme un service spécialisé. Le moyen utilisé a été de proposer au département la création d’une unité d’évaluation en psychologie. Le besoin d’une application informatique pour permettre un travail d’évaluation plus rapide, plus uniforme, mieux coordonné, a rapidement émergé. Par étapes, l’application a été développée à partir de l’expérience de ce milieu clinique :

    • d’abord la sauvegarde des formulaires et des tableaux statistiques utilisés dans le milieu ;

    • la mise en mémoire des caractéristiques du patient ;

    • la sauvegarde des résultats du patient et les résultats regroupés autour de sessions – celui-ci pouvant être rencontré à plusieurs reprises (2001, 2005, 2009…) ;

    • la production de sommaires de résultats (liste de résultats bruts et standards regroupés en catégories par exemple examens d’attention, examens de mémoire) – puis de sommaires comparatifs (résultats de plusieurs sessions mis automatiquement côte à côte) ;

    • le partage entre professionnels des données normatives, mais également des données patients ;

    • la mise en commun des listes d’attente ;

    • la production plus rapide de documents (sommaires, rapports).

    Le travail de coordination est sous ma responsabilité, mais plusieurs développeurs ont travaillé sur l’application au fil des ans ; dont des étudiants français en informatique venus dans le cadre d’un échange de leur institution scolaire avec un collège de la région (Collège Lévis-Lauzon). Le premier à poser les bases de l’application a d’ailleurs été un étudiant talentueux de la région de Rouen, étudiant dans une université parisienne… puis d’autres du sud de la France.

    Rapidement, les activités reliées au développement de l’application ont été transférées dans le secteur privé en raison de l’importance qu’elles prenaient – puis, après quelques années, l’application a été offerte à quelques neuropsychologues en provenance d’autres milieux. Même si elle était offerte commercialement, l’application n’a pas suscité l’engouement escompté au départ et le développement de cette partie de l’entreprise s’est fait lentement. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce faible rythme d’expansion – on peut nommer le peu de culture informatique chez les psychologues et les neuropsychologues, le faible investissement financier disponible, la spécificité de l’application…

    L’application a toujours été développée à partir des besoins d’un milieu clinique – elle est conçue pour faciliter le travail d’un psychologue qui fait l’examen de patients via la psychométrie, qui a à produire des rapports et à archiver des données – la notion de travail en groupe de professionnels y est intégrée.

    Pour l’avenir, la même cible demeure, soit adapter l’application au travail des psychologues se consacrant à l’évaluation en psychologie ou en neuropsychologie. Le module statistique n’a pas été beaucoup utilisé – un travail de consolidation est à faire à ce niveau. La mise en place d’un module d’administration d’examens est sur les tablettes. Il serait intéressant d’intégrer un module de facturation pour faciliter l’utilisation dans le contexte d’une clinique privée. Je suis conscient qu’il faut assurer la pérennité de l’application – je cherche donc à mettre en place des bases commerciales solides afin d’assurer la survie à long terme de l’application.

    « Le laboratoire de psychométrie inc. » est une société commerciale. Pourriez-vous nous en dire davantage sur sa création ? Il existe, après tout, de nombreuses entreprises avec d’importants moyens financiers dans le domaine de la psychométrie. Pourquoi avoir donc choisi de créer cette société dans ce contexte ?

    La société édite et distribue le Psychomètre, mais fait également de l’évaluation et de la formation – les deux dernières activités suffisent à justifier l’existence de la société.

    Le Psychomètre est donc une partie seulement des activités de l’entreprise. C’est une application qui apparaît assez unique ; il y a peu de logiciels développés directement à partir des besoins de la psychologie clinique, permettant aux psychologues de faire de la mesure en adaptant leur environnement et en évoluant avec l’état des connaissances sans perdre le travail déjà fait. Les applications informatiques distribuées dans ce domaine s’intéressent habituellement à des examens spécifiques – elles n’offrent pas non plus la possibilité de faire le lien entre des résultats à différents examens et entre différents utilisateurs.

    Les coûts du développement d’un environnement aussi complexe seraient difficilement justifiables pour une société commerciale qui a besoin de rentabilité -surtout que le marché potentiel d’acheteurs est limité. Actuellement, cette application bénéficie du financement des autres secteurs d’activités plus lucratifs.

    Votre outil est-il distribué en France et si ce n’est pas le cas, envisagez-vous ce mode de fonctionnement ? Je ne connais qu’une collègue qui utilise le Psychomètre actuellement, est-ce que certaines structures ont déjà passé commande ? Espérez-vous quelque chose du marché français ?

    Il n’y a pas jusqu’ici de stratégie de marketing visant spécifiquement un pays ou une région -l’application est offerte via Internet et le bouche à oreille. Il y a maintenant une institution française qui a fait une commande pour ses neuropsychologues – nous travaillons à l’implantation pour intégrer l’utilisation du logiciel dans les habitudes de travail. L’idée que le marché français puisse se développer est une idée plaisante car vous êtes nombreux. Le fait de travailler dans la même langue et avec des concepts théoriques semblables facilite le travail commun. Si l’application est appréciée, je suis tout à fait disposé à travailler avec les gens d’outre-mer.

    La neuropsychologie et la psychométrie doivent, régulièrement, faire face à des critiques de la part des psychologues eux-mêmes sur le prétendu réductionnisme de cette approche. Avez-vous dû faire face à des critiques de ce type par rapport à votre outil ? Pensez-vous qu’il est souhaitable de voir cette technologie se propager et standardiser cette étape du bilan neuropsychologique ?

    Il y a en effet souvent eu des critiques de la part de psychologues face à la psychométrie. Certains ont complètement refusé d’appliquer cet ensemble de méthodes en s’appuyant sur les limites avérées de celle-ci (fiabilité, validité de contenu) ou encore en réagissant au fait qu’en faisant de la psychométrie, on ne décrit que certains aspects de la personne.

    La psychométrie n’est pas une panacée, mais c’est une science qui peut rendre des services précieux– les autres professions (comme la médecine, le droit, la pédagogie…) apprécient ce type de travail, en redemandent ou même s’approprient la méthode dans leur propre discipline (pensons ici à l’ergothérapie, à l’orthophonie). Elle n’implique pas une vision dégradante de l’être humain plus qu’une autre discipline scientifique – personne ne pense que l’histopathologie médicale implique une vision que l’être humain soit uniquement un amalgame de cellules – que l’imagerie médicale implique une vision superficielle de l’humain -les gens sont simplement contents des services que ces techniques rendent.

    L’utilisation d’un outil informatique n’a pas calmé la discussion entre psychologues – au contraire, la crainte d’accentuer un mouvement vers la déshumanisation a été exacerbée. Dans ce contexte, il y a eu des critiques par rapport à cet outil qu’est le Psychomètre.

    Dans le travail du psychologue et du neuropsychologue, il y a des tâches de bas niveau – par exemple, compter, rechercher une valeur dans une table, faire des listes, gérer le dossier des patients, accumuler des données, créer un graphique. Le travail du neuropsychologue ne se limite pas à ce type de tâches, mais il doit passer par là s’il applique des méthodes rigoureuses et systématiques.

    L’utilisation de l’informatique libère le professionnel de ces aspects de son travail et lui permet de se consacrer à l’essentiel, soit l’étude de son patient. On retrouve encore ici des parallèles avec l’imagerie médicale – dans ce domaine, l’informatique est utilisée pour reconstruire des images – personne ne défendrait une position qui voudrait que chacun des pixels des images doive être observé et coloré au crayon pour obtenir une vue d’ensemble – l’utilisation de l’informatique va de soi.

    La maîtrise de ces aspects de bas niveau permet une meilleure compréhension du patient : elle le fait en organisant les informations et en rendant disponible rapidement un grand nombre de comparaisons statistiques. En libérant l’esprit du professionnel de ces tâches sans signification en elles-mêmes, elle lui permet de bien voir son patient de la même façon que la lecture à une certaine vitesse permet une meilleure compréhension du texte.

    L’informatique permet également d’être plus efficace et de voir plus de patients (une critique par rapport à la productivité des psychologues souvent véhiculée dans les milieux cliniques), d’aller plus loin en accumulant des données et en permettant un retour sur le travail fait, sans disposer de subventions importantes de recherche ou de développement.

    Ceci dit, l’utilisation de la psychométrie et de l’informatique n’est pas le seul aspect du Psychomètre qui a soulevé la discussion – je pense ici à l’interface de l’application, l’utilisation de formulaires…

    Pourriez-vous nous rappeler combien coûte votre outil, quel est le type de licence qui est fourni avec et s’il existe une version d’essai ?

    Le Psychomètre est un logiciel vendu en deux versions – la version mono-utilisateur et la version multi-utilisateurs. La seconde permet à plusieurs professionnels de travailler sur la même base de documents – partager les listes d’attentes, partager les statistiques, les formats de rapports, les dossiers.

    Le coût est actuellement de 850,00 dollars canadiens (536€) pour la version mono-utilisateur et de 1500,00$ (946€) pour la version multi-utilisateurs de base plus 250,00$ (157€) additionnels par utilisateur. Ce coût inclut le logiciel, la base de documents, la mise en place des logos de l’entreprise dans les documents, le support pour la prise en main de l’application, les mises à jour gratuites et le support pour l’année qui suit l’achat. Une adaptation particulière de l’application ou des documents peut être réalisée, mais elle a à être discutée cas par cas – lorsque le travail d’adaptation s’éloigne de l’application initiale, des frais supplémentaires s’appliquent.

    Il existe une version d’essai qui peut être fournie à la demande – cette version est utilisable pendant trois mois.

    De manière plus générale, avez-vous une réflexion sur l’apport des nouvelles technologies à l’évaluation neuropsychologique ? De plus en plus de tests sont vendus avec des correcteurs informatiques, certaines épreuves sont disponibles en version informatique également, la technologie a beaucoup progressé sur ce plan (écran tactile, modules de mesures très précis, etc.). Comment imaginez-vous l’évaluation neuropsychologique dans 25 ans ?

    Il y a en effet eu beaucoup de développements depuis 25 ans – l’ordinateur a permis de faire davantage de calculs, de mesurer plus précisément certains phénomènes, de cumuler davantage de normes, de mieux communiquer les résultats via des rapports infiniment plus intéressants. L’examen de l’attention est un bon exemple de l’amélioration qu’a apporté l’informatique – certains aspects ne pourraient être mesurés en clinique si l’informatique ne s’était pas développée – quoi de plus parlant que de voir une série de temps de réaction affichés sur un graphe.

    Dans 25 ans, les examens en neuropsychologie seront sûrement beaucoup plus pointus et proches des différentes problématiques que les examens actuels – pensons à l’utilisation du multimédia dans la présentation des stimuli, à l’utilisation d’environnements virtuels, à la capacité de reconnaissance vocale, d’écran tactile, de console de jeux et autres périphériques pour recueillir les réponses – avec le cumul des expériences, notre compréhension de la cognition sera également plus intéressante. Des normes locales pourront plus facilement être établies (comme en imagerie cérébrale par exemple).

    Mais à mon avis, par les possibilités qu’elle offre, l’informatique soulève des enjeux qui se situent au niveau de la communication davantage que de l’instrumentation.

    Dans les milieux qui utilisent l’informatique, des problèmes ont été vécus en rapport avec la diversité. Les applications informatiques permettent de gagner beaucoup de temps sur l’administration et surtout sur la correction des examens – l’utilisation de la plupart est facile à justifier pour le clinicien. Dans la pratique, celui-ci se retrouve avec plusieurs applications sur son poste -les données patients sont dispersées dans plusieurs applications, quelquefois sur des serveurs – ces applications ne communiquent pas entre elles, utilisent parfois des paramètres régionaux différents.

    En plus de rendre difficile la conservation des données, l’utilisation de l’informatique est bridée par le manque de compatibilité dans le format de ces données sauvegardées sous différentes formes de fichier – comment comparer les résultats obtenus dans une tâche de vitesse de traitement de l’information et certaines mesures du CVLT sans avoir à retranscrire le tout. Comment être efficace lorsque l’on revoie le patient pour la seconde ou la troisième fois et que l’on souhaite faire une synthèse des résultats.

    Comme dans les autres domaines où se pose les problèmes de la gestion de l’information, une avenue peut être d’explorer l’utilisation d’entrepôts de données en définissant des standards pour aller y écrire les données, en encourageant seulement les fournisseurs qui s’y conforment. Ce type d’entrepôt permet de faire le développement d’applications par différents fournisseurs en maximisant la liberté du client à qui les données appartiennent et qui peut les exploiter de différentes façons.

    Ce type d’entrepôt permet également de mettre en relations différentes données et de cumuler les données de plusieurs sites pour augmenter les échantillons. La problématique est comment amener les différents acteurs à se réunir et à définir les paramètres ; comment amener les fournisseurs à adhérer à ces standards ; comment amener les neuropsychologues à promouvoir et utiliser ces possibilités ; surtout dans un monde où, contrairement aux pharmaceutiques, il y a peu de moyens financiers.

    Des problèmes de diversité semblables sont aussi vécus par rapport aux examens et aux normes utilisées. L’informatique ajoute une pression pour définir des standards et augmente des tensions entre les neuropsychologues – une discussion entre le besoin de standardiser et systématiser pour gagner vitesse et précision d’un côté, le besoin à la dissension, à la diversité, à la nuance de l’autre côté – des points de vue qui demandent à être réconciliés. Quand un neuropsychologue commence à travailler dans un milieu qui a déjà standardisé sa pratique, l’intégration est quelquefois problématique.

    Une standardisation des procédures permettrait d’augmenter l’efficacité du travail en neuropsychologie et une meilleure reconnaissance de la discipline par les autres professions. Comment encore une fois amener ces différents professionnels de haut niveau à s’asseoir, à définir et adhérer à des critères communs…

    Les défis sont à mon avis là… dans notre capacité à travailler ensemble ; peut-être faut-il créer des collèges professionnels qui encadrent la pratique et encouragent la mise en place de balises comme le font d’autres professions mieux organisées.

    Enfin, une question piège pour terminer cette interview : vous mentionnez explicitement sur votre site « Outil réservé à l'usage des psychologues ». D’une part, vérifiez-vous pour chaque demande la formation de l’acheteur et, d’autre part, que pensez-vous des professionnels non psychologues qui pratiquent le bilan neuropsychologique ? Au final, pourquoi avoir fait ce choix de ne proposer le logiciel qu’aux seuls psychologues.

    Oui, pour pouvoir obtenir l’application, le demandeur doit explicitement décrire ses qualifications. Ce n’est sûrement pas une décision d’affaire que de proposer l’application aux seuls psychologues car en prenant cette décision, la quantité de clients potentiels est diminuée – le niveau d’exigences par rapport au produit est probablement haussé du même coup.

    Cette exigence est davantage l’expression d’un point de vue – la presque totalité des connaissances en neuropsychologie a été développée par des psychologues et des neuropsychologues – c’est leur domaine d’études. Toujours à mon avis, le neuropsychologue est le professionnel le mieux formé pour faire l’évaluation des fonctions cognitives – le patient gagne à être examiné par ce professionnel qui a une vision large de la cognition, le savoir technique relié à la mesure, le pouvoir de nuancer la place de chacun pour répondre à différentes questions diagnostiques et relatives à l’orientation du traitement – et ce dans le quotidien –pas seulement dans les cas complexes.

    Dans les équipes multidisciplinaires, le champ de pratique n’est pas encore réservé et une confusion de rôles est présente dans plusieurs milieux -une frontière floue existe avec plusieurs professions qui s’approprie un savoir et un champs de pratique – on a déjà vu dans une commission parlementaire québécoise sur le code des professions en santé, une représentante des orthophonistes poser la question à savoir si la neuropsychologie existait réellement. Le Psychomètre se veut donc un instrument pour favoriser la pratique courante de la neuropsychologie par les neuropsychologues dans les milieux cliniques – l’idée du chercheur clinicien est l’étoile qui guide le développement de l’application.

    Ceci dit, cette position de réserver l’application aux seuls psychologues est un acte de foi – je ne sais pas si la profession est suffisamment mature pour comprendre les enjeux dont on parle ici, si le sentiment d’appartenance est suffisamment fort, si le désir d’évoluer en tant que discipline clinique (pas juste en tant que domaine de recherche) existe suffisamment, pour que d’autres fassent le même acte et que la profession occupe une place intéressante en clinique.

    Georges Routhier, D.Psy.

    Québec, novembre 2009

    Retrouvez toutes les informations relatives au psychomètre à cette adresse : http://pages.infinit.net/labpsy/

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    Recommended Comments

    Bien tout lu... . Merci parce que c'est une vision moderne et même futuriste de quelqu'un d'expérience.

    Mais je partage son scepticisme quant à la culture informatique des psys en général, ainsi qu'à l'égard de la capacité de la profession à se fédérer dans un sentiment d'appartenance etc... .

    Continuer tout de même de militer ...

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    C'est vrai que c'est une chance d'avoir pu obtenir cet entretien de la part d'une personne d'expérience. Merci encore à Georges Routhier.

    Kaco, à quel niveau bloque ta réflexion ?

    Agnès, je suis moins sceptique que toi sur la culture informatique des neuropsy. Il est clair que dans le monde psy, le niveau a 10 ans de retard, mais chez les collègues neuropsychologues, j'observe tout de même un niveau général assez honorable. L'âge aide certainement, c'est vrai que la plupart des collègues n'ont pas trente ans.

    Quand à la capacité d'une profession à se fédérer, il y a de quoi attaquer une foi même inébranlable, mais bon, cette maturité est en marche, je pense. C'est un processus qui ne dépend de personne. Certaines actions peuvent jouer le rôle de catalyseur et accélérer le mouvement, c'est sûr. Par contre, effectivement, la grande question est de savoir si la société nous laissera le temps de grandir. En écrivant ces mots, j'ai presque une vision darwinienne des choses : s'adapter ou disparaitre... Aurons-nous la réactivité dont nous avons besoin pour ménager un espace suffisant pour grandir ? il faut l'espérer...

    Par rapport à l'outil, j'ai beaucoup aimé l'argumentaire qui souligne l'assistance de "bas niveau" et les perspectives technologiques qui ne sont pas forcement contraire à plus de clinique. En même temps, la vision est réaliste et il est vrai que sans plus de moyens pour nos pratiques, ce genre de projet restera limité et réservé à quelques bien lotis

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    Oui je parlais bien des psys en général. Mais dans toutes les spécialités il y aura toujours des exceptions pour confirmer la règle et chez mes collègues à moi la moyenne d'âge est plus élevée ...

    J'ai aussi trouvé l'argumentaire sur l'assistance de "bas niveau" très concret. Ca évoque tous les côtés répétitifs que l'on trouve dans chaque métier et c'est vrai que dès que j'ai pu acheter les CDROM de traitement automatique proposés par les ECPA, je l'ai fait. Mais en contrepartie, mon niveau en stat's psychométriques s'est nettement dégradé...

    De manière plus générale, ce qui est agréable chez ce Monsieur est son positionnement clair et engagé.

    J'aime bien par exemple : "Les défis sont à mon avis là… dans notre capacité à travailler ensemble ; peut-être faut-il créer des collèges professionnels qui encadrent la pratique et encouragent la mise en place de balises comme le font d’autres professions mieux organisées." Ca me fait penser à la question de l'ordre des psychologues... Mais cf FFPP...

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    Je crois que j'ai besoin de relire (pas aujourd'hui, j'ai la grippe donc réserve cognitive limitée!) mais disons que ce genre d'outil n'est pas à mettre dans toutes les mains, sans explication...chez les psychologues qui partagent le sens clinique, l'outil sera en effet perçu comme une opportunité de passer plus de temps avec les patients...pour les psychologues plus "testeurs", l'outil pourra peut être créer un éloignement plus prononcé de la clinique avec encore plus de données derrière lesquelles se cacher...

    Cela dit, il me semble que nous devons nous associer à ce genre de démarche pour justement glisser notre "bon usage" de ces outils informatiques...Est ce que je l'utiliserais? Je ne sais pas encore...en revanche, toutes les normes des tests que j'utilise sont tapées sur informatique et excel calcule automatique les DS...C'es ça la culture informatique des psys??? :lol:

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    Un tel article suscite inévitablement la réflexion. Il est vrai que l'informatique prend une place de plus en plus importante dans notre pratique. Je crois que la vision darwinienne de Dominique, de la nécessité de s'adapter tout en gardant le contrôle de notre profession, est nécessaire. La survenue de la psychométrie, de la commercialisation d'outils d'évaluation il y a de cela plusieurs décennies à probablement aussi suscité bien des débât. On s'entend aujourd'hui sur l'utilité de nos épreuves, de leur importance dans notre travail. De la même façon, on vise à un contrôle de ces outils afin qu'ils ne soient pas distribués à tous. Dans un contexte de ressources budgétaires limitées et de systèmes de santé souvent à bout de souffle, l'utilisation de tels outils informatiques peut effectivement nous permettre de sauver du temps pour certains aspects "de bas niveau" de notre travail et nous permettre de consacrer plus de temps à la clinique.

    Je pense que le débat ne provient pas tant de l'outil en tant que tel, mais sur le fait qu'il nous confronte à une "automatisation" de notre travail. Comme si nous pourrions être remplacé par une nouvelle technologie. Il est vrai que n'importe qui peu entrer des données dans un logiciel et générer un rapport. Toutefois, l'interprétation clinique, le support thérapeutique et toutes les autres tâches cliniques seront toujours réservées au psychologue. Je crois que le plus important est de travailler à la protection de notre profession et des tâches qui nous sont (ou qui devraient) nous être réservées. Le statut et les droits du psychologue varie beaucoup dd'un pays à l'autre. J'ai l'impression que si notre profession était reconnue de la même façon partout, nous ne nous sentirions probablement pas aussi confronté par la survenue d'une nouvelle technologie...

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