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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Le compte-rendu psychologique : revue des controverses actuelles


    Le compte rendu psychologique constitue l’aspect final du processus d’évaluation. En tant que tel, il combine de ce fait de nombreuses variables. Les auteurs ne s’étonnent donc pas de l’extrême variabilité des comptes rendus que peuvent produire les psychologues et ont décidé, avec cet article, de reprendre cet élément central et souvent sujet à controverse.

    Longueur du compte rendu

    La taille moyenne des comptes rendus se situe entre 5 et 7 pages (Donders et al. 2001) avec une variabilité qui est estimée par Horvath et al. (2000) entre 1 et 54 pages ! Un consensus semble difficile à obtenir puisque la taille du CR varie nécessairement en fonction des buts de l’évaluation. Les formes les plus longues seraient observées dans le contexte de l’expertise alors que les formes courtes seraient fortement appréciées dans le milieu hospitalier. Stout et Cook (1999) estiment que dans ce contexte, le CR ne devrait pas dépasser une page et devrait s’appuyer sur une mise en page claire pour souligner les éléments importants, c'est-à-dire les symptômes, le diagnostic et les implications thérapeutiques.

    Gary Groth-Marnat et Leah Suzanne Horvath estiment que le psychologue devrait pouvoir être flexible sur la taille et le format du CR en fonction de la demande, c'est-à-dire avec la personne qui est à l’origine du bilan.

    Lisibilité

    Des progrès importants seraient à faire concernant la lisibilité du CR, celui-ci pouvant être lu par de nombreux professionnels mais aussi par le patient lui-même, sa famille, le système éducatif etc. L’utilisation abusive du jargon psychologique est la première plainte relevée chez les personnes qui demandent une évaluation et celle-ci est vraie aussi bien pour les familles que pour les professionnels. Harvey (2006) note que le CR serait trop technique. Il préconise l’utilisation de phrases courtes avec le moins possible de mots compliqués en réduisant le jargon technique et les acronymes et en évitant le style passif.

    Reconnaitre la présence des mesures qui souffrent de validité

    Une question importante concerne l’intégration ou non des mesures effectuées par des outils qui souffrent d’un problème de validité sur le plan psychométrique. L’interprétation de tels résultats devrait clairement mentionner les précautions d’usages liées à ce problème.

    Toutefois, il est parfois difficile de prendre ces précautions lorsque le psychologue base son interprétation sur la convergence de sources multiples d’information. Dans le cas où l’approche est plus de type « tests-résultats », cette recommandation reste importante.

    Utilisation de comptes rendus obtenus par un logiciel informatique

    Le clinicien ne devrait pas considérer qu’un compte rendu obtenu d’une telle manière est suffisant pour être restitué au patient. Les auteurs considèrent même qu’il s’agirait là d’une grave erreur et qu’il ne devrait pas être admis de faire apparaitre, même de manière partielle, une telle production dans le compte rendu final. La production informatique doit être interprétée en fonction de l’histoire du patient et des informations obtenues lors de l’entretien.

    L’inclusion des scores

    La controverse est considérable sur la légitimité ou non d’intégrer les scores au compte rendu (Ackerman, 2006 ; Michaels, 2006). Les psychologues en faveur cette pratique arguent qu’il est ainsi plus facile pour les autres psychologues d’utiliser le CR. De plus, cela donnerait au CR un caractère plus précis et scientifique. Ensuite, cela permettrait d’apprécier plus facilement l’évolution des performances et, si les scores sont inclus dans une annexe, de s’en libérer dans le corps du compte rendu afin d’apprécier des aspects plus qualitatifs du patient.

    Les opposants à cette intégration avancent le manque de contrôle sur l’accès aux données du patient (ce qui est un aspect qui est défendu par la dernière édition du guide éthique de l’APA). Ensuite, les scores ne rendraient pas compte suffisamment des comportements durant le bilan, du niveau de motivation, de la présence d’une fatigue ou d’autres éléments de ce type.

    L’APA (2002) recentre un peu ce problème autour du patient en lui accordant une place centrale dans la décision d’inclure ou non les données au CR.

    Une recherche récente (Pieniadz & Kelland, 2001) montre que dans un groupe de neuropsychologues, une majorité d’entre eux (63%) ne font pas faire figurer les scores en annexe. La raison principale était de protéger les données d’un mésusage par des personnes non qualifiées (83%). Les cliniciens qui font apparaitre les scores (35%) avancent l’aspect complet du bilan et la facilité d’effectuer un suivi (95%).

    Compte rendu intégré

    L’intégration de différentes sources d’information varie beaucoup. Les CR peu intégratifs rapportent généralement leurs conclusions test par test, négligent les contradictions entre certains scores et ignorent le contexte du patient. Des phrases du type « Ce score indique que… », « M. Dupont a un score de 3 à l’échelle X qui indique que.. » sont souvent le fruit d’un CR peu intégratif. A l’opposé, un CR intégré va utiliser la combinaison de données obtenues au travers de multiples évaluations, incluant les scores, l’entretien, les observations et tous les tests.

    Inclusion des points forts du patient

    Les CR du psychologue sont parfois critiqués car ils ciblent essentiellement ce qui ne va pas chez le patient en ignorant les points forts de ce dernier. Ceci est probablement du au modèle médical qui se concentre sur l’identification d’un problème et les recommandations pour traiter ce problème. Snyder (2006) pense que le CR ne devrait pas se focaliser uniquement sur les troubles du patient mais aussi s’appuyer sur les forces et les espoirs qui existent chez lui. La possibilité que le patient puisse lire le CR doit être pris en compte dans ce contexte. Les cliniciens qui ciblent les troubles avancent le problème d’absence de demande et la longueur du bilan qui en découle.

    Une position intermédiaire pourrait, selon les auteurs, être de régulièrement demander aux individus sont à l’origine du bilan, si elles souhaitent obtenir de telles informations.

    Feedback

    Malgré le manque de temps des cliniciens, Finn (1992, 1997) a montré que la patient qui reçoit un feedback baisse son niveau de détresse par rapport à un patient qui n’en aura pas reçu. L’évaluation serait également bien plus apprécier avec un feedback.

    Conclusion

    Gary Groth-Marnat et Leah Suzanne Horvath concluent que le compte rendu le plus efficace et le plus éthique devrait également prendre en considération les besoins de la personne à l’origine de la demande. Le format, le langage, l’intégration des scores et le recours à la restitution devraient en dépendre.

    Le compte rendu restera un objet d’intenses discussions mais, dans une utilisation correcte, gardera une place irremplaçable dans le champ de la santé.

    Source: The psychologist Report : A Review of Current Controversies, Gary Groth-Marnat & Leah Suzanne Horvath, J Clin Psychol 62: 73–81, 2006.

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