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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    5 questions pour évaluer les hallucinations dans la maladie de Parkinson


    Wada-Isoe et ses collaborateurs de la Tottori University viennent de publier un article sur la question de l’évaluation des hallucinations dans la maladie de Parkinson (Acta Neurologica Scandinavica , 2008). Les chercheurs rappellent en guise d’introduction que les éléments psychotiques, dans la maladie de Parkinson, apparaissent être un facteur de risque significatif face à l’institutionnalisation et le décès. Les hallucinations représentent le cœur de cette symptomatologie psychotique avec une fréquence comprise entre 8% et 40% chez le malade de Parkinson. Les hallucinations visuelles seraient significativement corrélées aux antiparkinsoniens mais également à la présence des corps de Lewy selon une récente étude de Williams et al. parue dans Lancet Neurology (2005). La présence des hallucinations serait également liée au fléchissement cognitif et à l’apparition d’un état démentiel chez ces patients.

    Les auteurs font donc le constat qu’il est important d’évaluer les hallucinations tout en ajoutant que les outils pour cette évaluation restent peu nombreux. Ils ont relevé deux questionnaires : le Parkinson Psychosis Questionnaire (PPQ) et le Parkinson Psychosis Rating Scale (PPRS) mais ces derniers n'évaluent pas spécifiquement les hallucinations. Les autres outils ont souvent été développés pour la schizophrénie ou d’autres formes de démence.

    Les chercheurs ont donc construit un nouvel outil dans le but d'améliorer l’évaluation des hallucinations chez les parkinsoniens : la Tottori University Hallucination Rating Scale ou TUHARS.

    41 patients, tous atteints d’une maladie de Parkinson idiopathique, ont été inclus dans cette recherche. Dix d’entre eux étaient atteints d’une démence parkinsonienne (critères du DSM IV).

    La TUHARS a été construite sur 5 items incluant la variété, la fréquence et la sévérité des hallucinations, le fardeau de l’aidant et l’état psychiatrique nocturne. Les points sont donnés en fonction de la sévérité des hallucinations et les questions sont posées au patient et son aidant.

    Résultats : la TUHARS a permis d’évaluer les hallucinations des patients en moins de 5 minutes. Le coefficient alpha de Cronbach était de .88 et corrélé au score d’hallucinations/illusions de la PPQ à 0.965, p<0.001. Les analyses univariées ont montré des corrélations entre le score à la TUHARS et la durée de la maladie, l’échelle de Hoehn et Yahr, la dose journalière de l-dopa et le score au MMSE.

    31.4% des patients parkinsoniens ont présenté des hallucinations. Parmi eux, 42.9% ont eu des hallucinations visuelles (HV) uniquement, 28.6% des HV et auditives, 14.3% des HV et cénesthésiques, 7.1% des HV et tactiles et enfin 7.1% uniquement des hallucinations auditives.

    Le score moyen à la TUHARS était de 2.4+/- 4.6 chez les parkinsoniens sans démence et de 9.4+/- 7.0 parkinsonien avec démence.

    Conclusion: la TUHARS a montré des qualités psychométriques intéressantes (consistance interne et validité externe). Contrairement aux autres échelles, cet outil est spécifique aux hallucinations et son temps de passation est court. Par rapport à l’échantillon étudié, les hallucinations visuelles se sont révélées les plus fréquentes mais peuvent très souvent être associées à des hallucinations auditives. Les autres types d’hallucination ont toujours été rencontrés avec des hallucinations visuelles. Qualitativement, les scores à la TUHARS étaient plus élevés chez les patients parkinsoniens avec démence et corrélés au déclin cognitif mesuré à l’aide du MMSE.

    Pour Wada-Isoe, il s’agit là d’une étude préliminaire qui nécessite d’être poursuivie, notamment pour palier à certaines limites de l’étude : l’absence de données sur la fiabilité inter correcteur et l’effet test retest. De même, l’échantillon devra être plus conséquent par la suite.

    Le questionnaire est disponible avec l'article.

    Source: K. Wada-Isoe et al. 2008 - Assessment of hallucinations in Parkinson’s disease using a novel scale - Acta Neurologica Scandinavica, Vol. 117 Issue 1 Page 35 January 2008

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    Recommended Comments

    Détecter la présence des hallucinations est d'une réelle importance... pourtant tous les cliniciens qui intègrent un tel dépistage dans leur entretien savent quel point il est mal aisé d'aborder cette question. Qui plus est, faute d'outil standardisé, nous sommes souvent contraints d'improviser des questions différentes d'une personne l'autre, d'une évaluation l'autre. Je n'ai aucun recul sur le questionnaire de Wada-Isoe mais la démarche me semble intéressante et j'apprécie la volonté de standardiser un peu ce versant de l'évaluation ! Si vous utilisez un autre outil, je serais heureux de vous lire ici en tout cas... Pour le reste, je dirais que compte tenu des effets délétères des traitements pharmacologiques dans la prise en charge des troubles psychotiques, l'intervention éducative reste primordiale pour le patient et l'entourage. (je tiens disposition une petite traduction du questionnaire...)

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    intéressant l'outil. J'ai téléchargé ta version et je l'essaierai sous peu. 30% de ma clientèle sont des parkinsoniens ou patients souffrant d'une autre forme de parkinsonisme. Je suis donc souvent confronté ce problème du manque de systématie dans le dépistage des hallucinations. Merci!

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    rho la déception! je viens enfin d'ouvrir le doc du questionnaire des hallucinations..Je m'attendais quelque chose de plus subtil.. Car c'est la question même de "avez-vous (ou votre parent a-t-il) des hallucinatons" qui me pose pb..Une question directe comme ça je peux la formuler sans pb.. Du coup l j'avais espéré un questionnaire avec des questions screening (si on peut appeler ça comme cela) plus sur des "visons de formes" des "rêves éveillés" etc. bref des formulations plus "fines psychologues" lol car j'ai souvent rencontré des familles et patients qui bloquaient face au mot "hallucinations" (= folie pour eux)..

    Sinon quelqu'un l'a essayé face aux patients coopérants ?

    pour déterminer l'importance des troubles ça peut être bien c'est sûr..

    Mais je n'ai tjs pas trouvé mon questionnaire clé snif snif :o

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    Désolé pour cette déception Karine :)

    Maintenant, peut être que la subtilité doit être mise en place avant le questionnaire en prenant le temps d'expliquer ce qu'est une hallucination, dans quelles circonstances elles peuvent se produire et ce qu'il y a (et surtout ce qu'il n'y a pas) derrière ?

    Le problème avec les phrases que tu proposes, c'est celui que nous rencontrons tous : variable d'une évaluation à l'autre, d'un psychologue à l'autre avec un risque non négligeable d'évoquer autre chose pour le patient qu'une véritable hallucination : "visions de formes" ca peut tout évoquer pour une personne avec de la cataracte par exemple...avec la question du rêve éveillé, on se demande toujours s'il n'y a pas un peu de confusion au réveil ou à l'endormissement etc..

    A mon avis, il faudrait peut être améliorer la manière d'amener les questions plutôt que de tourner autour du pot avec le risque de ne plus poser les bonnes questions et d'avoir une importante variabilité qui rend le bilan comparatif hasardeux sur ce plan.

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