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    DominiqueC

    Conduite automobile et maladie d'Alzheimer


    Le taux de motorisation des ménages continue à progresser passant de 30 % en 1960 à plus de 80 % actuellement. En 1960, 10 % des conducteurs avaient plus de 60 ans, en 2000 la proportion est de 20 %. On pense atteindre un chiffre de 30 % en 2040 !

    Capacité de conduite d'un véhicule

    Lors du vieillissement physiologique, une baisse significative des aptitudes à la conduite est généralement observée après 70-75 ans, du fait principalement d'une baisse d'acuité visuelle, d'une forte sensibilité à l'éblouissement et d'une augmentation des temps de réaction. Des difficultés existent également dans la gestion des ressources attentionnelles du sujet lorsqu'il est placé devant plusieurs tâches. Par ailleurs, sur le plan moteur, la coordination des membres supérieurs est moins précise et moins rapide.

    Les conducteurs âgés ont peu d'accidents, mais si l'on rapporte ce nombre d'accidents aux kilomètres parcourus, le risque est alors élevé avec un risque accru de décès comparativement aux sujets jeunes (2,5 décès pour 100 millions de kilomètres entre 15 et 19 ans, mais 6,2 décès après 85 ans).

    Conduite automobile et maladie d'Alzheimer

    Le risque d'accident est augmenté du fait de l'atteinte d'autres fonctions cognitives :

    -baisse des performances visuospatiales

    - difficultés d'attention

    - troubles du jugement

    -mémoire et langage (les troubles de la mémoire immédiate et à court terme (en association avec les atteintes précédentes) favorisent les erreurs de conduite ou de trajets. Les troubles du langage vont gêner la compréhension des panneaux et empêcher l'anticipation de décisions).

    A accident comparable, le risque de décès est multiplié par 5 ou 6 après 70 ans par rapport aux conducteurs plus jeunes (les causes peuvent en être un véhicule plus ancien, une fragilité de la personne âgée avant l'accident...). Une prévention spécifique dans ce domaine est donc nécessaire

    Johansson a mis en évidence que 33 % des conducteurs âgés, morts dans un accident de voitures présentaient des lésions cérébrales permettant de porter un diagnostic de MA.

    Un tiers des sujets déments ont eu au moins un accident de la voie publique depuis le début de leur maladie. La moitié auront au moins un accident avant d'arrêter de conduire. La moitié des sujets déments qui continuent à conduire se perdent régulièrement au volant contre seulement 8 % des témoins. L'apparition de difficultés à la conduite a été observée dans 10 % des cas comme un signe précoce de démence.

    Mais le fait le plus grave est que 26 % des patients déments qui nécessitent des aides pour les actes de la vie quotidienne tels l'habillage et la toilette conduisent encore.

    Quand faut-il interdire la conduite automobile chez un patient dément ?

    Les tests cognitifs ne semblent donc pas être, à eux seuls, un bon reflet des capacités de conduite.

    Des tests pratiques, en situation, seraient utiles, mais leur généralisation est difficilement envisageable à un grand nombre de patients. Les centres pouvant faire ce type d'évaluation sont rares.

    Faciliter l'arrêt de la conduite automobile

    La conduite automobile pour la personne âgée symbolise la liberté et l'indépendance. La MA transforme cette liberté en grand risque pour le patient et la société. Il y a donc une contradiction à prendre en compte les souhaits individuels de bien-être et d'indépendance, d'une part, et les risques encourus par le malade lui-même, les proches et la collectivité, d'autre part.

    Certains états américains ou canadiens ont développé des plaquettes destinées au grand public pour faciliter l'arrêt de la conduite en cas de MA. Ces éléments accompagnent une législation souvent stricte à cet égard.

    Il conviendrait de développer des centres d'évaluation des capacités du conducteur. En parallèle, une évolution de la législation semble nécessaire avec notamment l'intérêt d'un contrôle régulier quel que soit l'âge, mais plus fréquent lors du vieillissement, comme cela existe déjà dans plusieurs pays européens.

    Conclusion

    - La conduite automobile est une tâche complexe qui nécessite un bon état de santé du conducteur, notamment sur le plan cognitif.

    -La présence d'une maladie d'Alzheimer multiplierait par 5 le risque d'accident.

    - Une réévaluation régulière des capacités de conduite du patient est nécessaire.

    -Le médecin doit intervenir précocement pour inciter à un arrêt de la conduite, avant que ne surviennent des difficultés majeures, tout en proposant des alternatives acceptables pour maintenir au mieux l'autonomie du patient.

    Source : Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement vol. 3, n° 4, septembre 2005

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