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Congrès National de Neuropsychologie Clinique APPEL A COMMUNICATION

Vous avez été nombreux/ses à vous inscrire pour le CNNC d'octobre 2021 à Rennes et l'ensemble des bénévoles de l'OFPN vous en remercie !
Ce fut une longue réflexion que de décider du maintien en présentiel ou non, votre engouement nous a rassuré dans ce choix, nous nous retrouverons très bientôt en chair et en os !


Pensez à consulter le site du CNNC (http://www.cnnc.fr/ ) pour organiser votre venue en toute sérénité : informations sur les restrictions sanitaires, conseils transports et lieux d'hébergement, accessibilité, etc. 

 

N'hésitez pas à signaler votre présence aux autres membres via la calendrier : https://www.neuropsychologie.fr/calendar/event/527-congrès-national-de-neuropsychologie-clinique-2021/

  • DominiqueC
    DominiqueC

    Alzheimer - une forme de cancer cérébral ?


    Etant tombé presque simultanément sur deux communications m’apparaissant comme complémentaires, j'ai eu envie de partager ces points de vue avec vous, ici même.

    La première communication est sortie dans Discovermagazine le 2 octobre. Peter Davies n’est pas un nouveau venu sur la question de la maladie d’Alzheimer puisqu’il l’étudie, en tant que biochimiste, depuis les années 70. Davies fait le constat que malgré des moyens considérables, la recherche n’est toujours pas capable d’isoler les processus clés sous-jacent à la maladie d’Alzheimer. La théorie la plus communément admise considère que les troubles cognitifs seraient une conséquence de l’agrégation de fragments de protéine.

    Ce que suggère Davies, c’est que la recherche ferait fausse route en incriminant l’agrégation protéinique. Pour lui, cette agrégation ne serait pas une cause mais la conséquence d’un dérèglement antérieur, au niveau cellulaire, à l’image de ce qui peut arriver dans le cancer. Peter Davies a étudié plus de 6000 cerveaux avant d’élaborer sa théorie.

    Cause ou conséquence ? les chercheurs qui pensent que la maladie s’exprime à la suite d’une accumulation de plaques amyloïdes sont appelés des BAPtists (beta-amyloid pep tide). Ceux qui pensent plutôt que la maladie s’exprime avec l’apparition des dégénérescences neurofibrillaires sont appelés des TAUistes (protein tau).

    Peter Davies ne fait partie ni du premier groupe, ni du second. Après avoir étudié la maladie au niveau cellulaire, il pense aujourd’hui que les cellules nerveuses se comporteraient comme dans le cancer, avec un dérèglement du processus de division cellulaire. Une recherche sur la souris, dans son laboratoire, a pu reproduire cette intuition en injectant dans l’animal un gène viral rendant anarchique la division cellulaire au niveau cérébral. Les conséquences de cette injection furent un état de déclin cognitif massif et l’apparition de plaques amyloïdes et de dégénérescences neurofibrillaires. Pour le chercheur, c'est comme si le processus de division cellulaire se réenclenchait dans le vieillissement. Les neurones ne se diviseraient pas mais le processus de division cellulaire aurait pour effet de détruire les neurones, non adaptées à ce processus de maturation qui ne s’exprime qu’au cours du développement de l’enfant. Vous pouvez trouver quelques détails supplémentaires sur sa page, en cliquant ici.

    La maladie d’Alzheimer pourrait elle être une forme de cancer cérébral ? l’avenir nous en dira certainement plus, Davies rappelle dans sa communication que plus de 600 essais cliniques sont actuellement conduits dans le monde afin de trouver une solution thérapeutique à ce fléau qui menace aujourd’hui l’humanité.

    Greg Sachs, à sa manière, est en tout cas d’accord avec Peter Davies. Ce médecin qui exerce dans l’Indiana, interpelle la communauté sur le terme démence, classiquement utilisé dans la maladie d’Alzheimer. Pour lui, si la maladie d’Alzheimer peut être caractérisée comme une démence, cela ne devrait pas être vrai tout au long de l’évolution de la maladie. A un certain moment, il serait plus exacte de parler de maladie terminale, exactement comme l’est le cancer. Sachs souligne que cette conception de la maladie est encore très peu partagée, aussi bien par le grand public que par les professionnels de santé. La vision que l’on a de la maladie orienterait fortement les soins dispensés aux malades. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, cela conduirait des thérapeutiques de fin de vie inadéquates et souvent douloureuses.

    Une importante étude prospective, publiée dans le numéro d’octobre du New England Journal of Medicine conforterait sa vision des choses : les malades d’Alzheimer devraient être pris en charge en soins palliatifs à la fin de leur vie, et non dans des structures médicales peu adaptées aux fins de vie.

    323 résidents atteints de démence ont été inclus dans l’étude. Les chercheurs ont noté la progression de la maladie, les complications médicales, la courbe de survie, mais aussi les traitements médicaux prescrits et les soins prodigués. A la fin de l’étude, qui dura 18 mois, 55% des résidants étaient décédés, la moitié de ce chiffre durant les 6 premiers mois. La médiane de survie de ces patients était de 478 jours, un chiffre comparable à ce que l’on peut observer dans les patients cancéreux en phase terminale. 31 patients ont montré des signes d’épilepsie, d’hémorragies gastro intestinales, de crises cardiaques et d’accidents cérébro vasculaires mais très peu en sont décédés directement.

    Pour Sachs, la démence ne serait pas une maladie unique mais une accumulation de pathologies graves. 86% ont présenté des troubles de l’alimentation, 41% des pneumopathies, 46% des difficultés respiratoires, 39% des douleurs chroniques, 53% de la fièvre.

    Lorsque les symptômes deviennent multiples, les patients seraient très souvent traités de manière agressive selon le chercheur, au lieu de bénéficier d'une prise en charge de type palliatif. Plus de 40% des patients décédés au cours de l’étude ont, durant leur prise en charge, étaient envoyé aux urgences, alimentés par sonde gastrique ou en intra veineuse, provoquant d’importantes souffrances dont le bénéfice pour le patient est questionnable. Les troubles cognitifs, pour Sachs, aggraveraient cet acharnement parce que le patient ne serait plus à même d’exprimer ses désirs.

    Sachs conclue qu'il serait urgent de fournir, aux personnes atteintes de pathologies neurodégénératives, des conditions de fin de vie adéquates. Des prises en charge adaptées réduiraient les couts de santé publique et préservées la dignité de ces patients parmi les plus démunis.

    Références :

    http://discovermagaz...rm-brain-cancer

    http://www.feinstein...ease+Research+#

    http://content.nejm....ort/361/16/1595

    http://www.time.com/...1930278,00.html

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    Recommended Comments

    Voila une theorie bien interessante!! Je rebondi sur la fin de l'article qui confirme ce que beaucoup d'entre nous constatons: la demarche palliative est souvent "absente" pour ces patients souffrant de demence. Un peu comme si la culture palliative n'etait pas vehiculé dans les EHPAD. Cepandant les mentalités commencent à changer. Il est certain que considerer les demences comme de reeles maladies et non comme une "degradation senile" ne peut être que benefique dans la prise en charge de ces patients.

    Merci Dom pour ces articles tres interessants.

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    je dirai même plus : théorie tout à fait intéressante!!

    Ce serait peut être à croiser avec le constat qu'à l'étude post mortem du cerveau de nombreuses personnes étiquetées d'un autre type de maladie neurodégénérative (la proportion est de 50% de mauvais diagnostic du vivant de la personne? à confirmer), on se rend compte que cela irait plutôt dans le sens d'une MA... finalement, les bilans ne nous servent qu'à aider le patient ponctuellement à l'aide de prises en charge adaptées et non pas à l'aiguillage du diagnostic des neurologues?

    Dans tous les cas, cela bouleverse la vision actuelle des choses!

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    Ne nous leurrons pas, c'est probablement beaucoup plus lucratif de considérer les malades d'Alzheimer en fin de vie comme des déments plutôt que de les considérer comme des patients en fin de vie. Cela justifie la "recherche" pharmacologique spécifique à ce "domaine", les essais thérapeutiques de nouveaux médicaments, la mise sur le marché de nouvelles molécules...

    Les soins palliatifs, on sait faire, les traitements sont connus, nombre de médicaments sont même tombés dans le domaine public depuis longtemps. Ca ne rapporte rien.

    Jeanne Roche

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