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déc 03
2009
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"Le premier test sanguin pour dépister la maladie d’Alzheimer sera commercialisé dès aujourd’hui en France. « Pour l’instant, il ne sera disponible que pour les laboratoires pharmaceutiques et centres de recherche qui désirent être certains que les malades avec lesquels ils font des essais cliniques souffrent bien d’Alzheimer, explique le docteur Loïc Maurel, président du directoire de la société franco-américaine ExonHit.
Le grand public y aura accès, via les neurologues et gériatres, au premier trimestre 2011. » Cette pathologie neurodégénérative touche 850 000 personnes dans l’Hexagone avec le vieillissement de la population, 1,3 million de Français pourraient être affectés en 2020 et provoque des pertes de mémoire et des troubles du comportement.
A ce jour, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est effectué uniquement sur la base d’examens cliniques. « Un gériatre ou un neurologue fait passer une série de tests neuropsychologies au patient comme des tests de mémoire , explique le docteur Maurel. Mais l’émotion du malade, sa subjectivité peuvent induire le médecin en erreur. » Une récente étude publiée dans le « Lancet Neurology » montre que plus de 30 % des personnes ainsi testées et considérées comme saines ont en fait des profils suggérant une maladie d’Alzheimer avec des examens complémentaires. « On peut en effet recourir à l’imagerie médicale, le Pet-Scan par exemple qui permet d’affiner le diagnostic, et enfin, à la ponction lombaire , beaucoup plus agressive . Mais ces examens ne se pratiquent pas sur tous les patients », poursuit le docteur Maurel. Plus simple à effectuer à grande échelle, le nouveau test consiste en une simple prise de sang. Il s’agit ensuite d’analyser l’ARN (acide cousin de l’ADN, présent dans toutes les cellules vivantes) du patient et de vérifier si celui-ci comporte certaines variations spécifiques de la maladie. « Trois jours plus tard, on a la réponse », affirme le docteur Maurel.
Baptisé AclarusDX, ce test vendu 600 € a été présenté fin octobre au congrès sur les essais cliniques sur la maladie d’Alzheimer de Las Vegas, aux Etats-Unis. Selon la dernière étude menée sur ce produit, sa précision globale est de 75 %. Cela veut dire qu’il établit un diagnostic certain dans 7,5 cas sur 10. Aujourd’hui en France, il faut deux ans pour que la maladie d’Alzheimer soit diagnostiquée. Trop tard, le patient est bien souvent atteint de démence sévère. Or, plus la pathologie est détectée tôt, plus les traitements existants sont efficaces pour la freiner. Le test sanguin, qui pourra se pratiquer à n’importe quel âge et au moindre doute, pourra-t-il raccourcir ce délai ? Pas sûr, selon le professeur Bruno Dubois, chercheur à l’Inserm, grand spécialiste de cette maladie.
Selon le professeur Dubois, une association plus systématique des tests de mémoire, des appareils modernes d’imagerie médicale (pour ausculter les lésions du cerveau), avec une analyse du liquide de la moelle épinière (pour y détecter le peptide bêta-amyolide et la protéine tau, les deux marqueurs biologiques d’Alzheimer présents à un stade précoce) serait bien plus efficace. « Nous avons déjà les moyens, aujourd’hui, d’établir un diagnostic avec une certitude de 100% », affirme-t-il. Mais pour l’instant, l’imagerie et surtout la ponction lombaire ne peuvent devenir des actes de routine que l’on ferait au moindre trouble de mémoire. Contrairement à la prise de sang qui pourrait être un outil complémentaire dans la besace thérapeutique des spécialistes d’Alzheimer. « C’est une maladie de masse, il faut des outils de masse », conclut pour sa part Loïc Maurel.
En tout cas, les fabricants y croient : d’ici peu, DiaGenic, une société scandinave, devrait lancer en France un produit similaire, déjà commercialisé ailleurs en Europe."
Alexandra Echkenazi
Article paru aujourd'hui dans le Parisien

DominiqueC
said:
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... Ce qui me frappe, dans cette publicité (ce n'est pas une information à mon avis), c'est un constat qui s'impose lorsqu'on effectue une recherche dans Google avec ce simple mot : AclarusDX 50% des liens de la première page sont des articles liés à la bourse et à la cotation de l'entreprise qui est derrière. M. Maurel semble méconnaitre le fonctionnement des centres mémoires qui dépistent la maladie d'Alzheimer puisque l'évaluation neuropsychologique n'est pas effectuée par "Un gériatre ou un neurologue.." Une donnée comme "sa précision globale est de 75 %" ne veut rien dire en soit. En imaginant qu'il parle de validité, le Dr Dubois a bien raison de souligner qu'on fait largement mieux que 75% aujourd'hui. Bref, dans le monde pharmaceutique, les effets d'annonce sont parfois bien plus puissants que les effets thérapeutiques... Ils font gagner des milliards aux entreprises. Dommage que le billet n'ait pas développé un paragraphe sur l'éthique du diagnostic je trouve ! |
janette
said:
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... Si ce test est un dépistage par analyse de l'ARN, cela veut-il dire qu'il ne détecte que la forme génétique de la maladie d'Alzheimer? Ou alors ce test affirme-t-il que la DTA est une maladie génétique?? Et comment vas-t-on gérer une personne de tout âge qui souhaite faire le test (on ne peut pas empêcher les gens de savoir ce qu'il peut leur arriver...c'est le désavantage des tests génétique non? à trop vouloir deviner l'avenir...). Si maintenant je sais que je développerais plus tard une DTA, je me vois mal vivre une vie normale...surtout qu'à l'heure actuelle, on ne sait toujours pas stopper le processus de dégénérescence. Savoir qu'on est condamné à mourir d'une démence c'est difficile à accepter, surtout quand on voit les préjugés que peuvent avoir les gens sur cette maladie...enfin, tout dépend de sa personnalité bien sûr, mais bon...on va tous mourir un jour quand même! |
Orélie
said:
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... On en arrive finalement toujours au même point. Non plus une médecine qui soigne mais une médecine qui prévient toute possibilité d'être malade un jour, avec derrière tout ça un soucis économique important. On ne veut plus des malades, on ne veut plus d'hôpitaux publiques, le science fiction va nous rattraper!! De plus, dans ce cas précis, on donne des espoirs à des personnes qui attendent beaucoup de la recherche, alors que pour le moment comme vous le dites 75% c'est très peu. On nous fait croire que le travail pluridisciplinaire de personnes spécialisées dans ce domaine pourrait être remplacé par une "petite piqure" et hop 3 jours après on a la réponse. Nous sommes encore peu connus, peu soutenus et l'on nous fait croire que le suivi d'un patient est peu utile dans un sens. C'est une dérive que l'on observe avec la commercialisation de différents tests sur le net (test de paternité...) qui peuvent avoir de graves conséquences. C'est alertant. |
DominiqueC
said:
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... Ça fait plaisir de lire vos interventions dans lesquelles je me retrouve à 100% C'est le genre de fausse bonne nouvelle qu'il nous faut décrypter avec les bonnes lunettes... Janette, ta réflexion par rapport à l'impact psychologique d'un tel diagnostic, j'ai déjà eu l'occasion de l'exprimer à un professeur de neurologie de Rouen. Sa réponse a été un mélange de stupeur (pour qui je me prends à poser ce genre de question) et d'étonnement, car c'est ainsi que va la science... Sauf que l'éthique nous guide parfois dans nos choix et dans ce qu'il convient ou non de faire en dehors des considérations techniques, de la faisabilité d'une thérapie. Le débat sur les cellules souches en est une manifestation, le clonage une autre, etc. Dans une société comme la notre, où le vieillissement devient de plus en plus synonyme d'une décrépitude à combattre et où la maladie d'Alzheimer reste profondément associée à des images comme celles que l'on a pu voir dans la publicité France Alzheimer qui a provoqué la colère de Van Der Linden, quel horizon pour les "condamnés" ? ceux qui "sauront" mais à qui rien ne pourra être proposé à l'heure actuel ? Bref, il y a un tas de questions que les scientifiques évitent de poser car elles sont contraires à la dynamique recherchée, à savoir comme je l'ai mentionné plus haut : une levée de fonds sur les places boursières ! Les dernières réformes me font penser que notre beau système de soins n'est pas loin de rejoindre le système américain. Comme Orélie, on peut presque imaginer le dossier bancaire/ou d'assurance vie se compléter dans l'avenir d'une "petite prise de sang"... Après tout, ce genre d'information est une variable à part entière à considérer ! Comme quoi, un même comportement peut avoir bien des facettes. Demain, on ne vous soignera plus par solidarité mais parce que cela rapporte de l'argent. On ne vous dépistera plus pour vous maximiser les chances de vous guerrir mais pour éviter de perdre de l'argent. Dans les années 70, on avait déjà bien compris tout ça ! http://www.dailymotion.com/vid...oney_music |
janette
said:
... J'aime beaucoup le lien! Je crois même que les assurances en viennent à faire des rabais sur leurs prix pour les clients fumeurs, car comme ils ont de fortes chances de mourir plus tôt que les non fumeurs, il n'y a pas de raison qu'il paye le prix fort pour être assurés moins longtemps que les autres! Tout se négocie en terme de "money" maintenant...c'est fou! Même au boulot, aujourd'hui, je vois que les médecins ne lésinent pas à prescrire des neurolep, anticholinestérasique et tout le tralala dès que la personne devient agitée, anxieuse, ou qu'elle a des troubles de mémoire...Non, on n'attend pas l'avis de l'imagerie, ni l'avis des autres professionnels de santé comme nous par exemple...des fois j'ai l'impression que mon travail ne sert juste qu'à justifier davantage une prescription médicale, et donc à faire fructifier le capital, déjà géant, des industries pharmaceutiques... Je reviens aussi sur mes premières questions, concernant le dépistage de la DTA par un test sanguin...analyse de l'ARN = forme génétique? On serait alors prédisposés à la maladie selon eux? ou c'est peut être un test de dépistage uniquement dédié à la forme génétique de la DTA; à ce moment là, ils roulent encore le peuple, ces *$#!x@"#¤! |
massieujulie
said:
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et c parti.......... bonjour tous le monde, juste pour dire que j'ai déjà plusieurs familles de patients qui m'ont découpé les quelques lignes ridicules parrues dans certains quotidiens sur ce test. rares sont ceux qui me posent des questions sur le fonctionnement ils prennent l'information pour argent comptant et son effectivement très enthousiastes.....youpi !!! je ne sais pas quoi leur donner comme précision, n'en aillant pas moi même alors je les incite à la prudence, j'essai de leur faire relativiser et se poser des questions : pour quelle forme ce test est-il adapté?, à quel âge est ce possible de se faire tester?, qu'est ce qu'on mesure? j'ai l'impression de me retrouver exactement dans la même situation que lorsque le JT avait annoncé le vaccin et que toi derrière tu dois gérer les espoirs déchus. merci les labos pas contente |
DominiqueC
said:
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... Merci pour ce dernier témoignage qui confirme bien nos craintes quant à la diffusion de masse de ce genre d'informations... Neuroscoop nous en dit un peu plus sur l'étude et la faible sensibilité du test : Felbaum-Beurdeley P. et al. Identification of patients with AD using molecular signatures derived from slice variant expression profiles from peripherical blood. CTAD. 2009 La population incluse dans l’étude de validation clinique était constituée de patients Alzheimer d’un stade léger à sévère pour permettre l’obtention d’une signature utilisable aux différents stades de la maladie. Ces patients avaient un score MMS inférieur à 28 et répondaient aux critères diagnostiques de la maladie. Pour l’instant, seule la validation entre sujets sains et Alzheimer a été publiée : 200 personnes ont été incluses (110 patients Alzheimer et 101 sujets sains), AclarusDx™ a montré une précision globale de 71%, le test a correctement identifié les patients Alzheimer dans 74% de la population totale de l’étude. L’identification et le retrait des échantillons ambigus (environ 25%) améliorent la précision jusqu’à 75% et permettent une identification correcte des patients MA allant jusqu’à 80%. |
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