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Les ophtalmologistes sont régulièrement confrontés à des troubles énigmatiques et complexes qui impliquent les traitements supérieurs de la vision. Les patients peuvent avoir des difficultés à se déplacer correctement dans l'espace visuel, à traiter des scènes visuelles complexes, ils ont des problèmes pour reconnaître certains aspects du monde qui les entoure, ou peuvent être perturbés par la vision de phénomènes qu'ils savent ne pas être présents pour autrui.
Rappelons que les troubles visuels associés à une atteinte cérébrale chez l'enfant ont des étiologies variées : hypoglycémies, hémodialyses, hydrocéphalies, traumatismes crâniens, syndromes épileptiques, affections neuro-dégénératives, encéphalites/méningites, et d'autres désordres infectieux. Cependant, actuellement la principale cause d'atteinte visuelle d'origine cérébrale est l' hypoxie ischémique périnatale. Cela est vrai à la fois pour les enfants nés à terme et pour les prématurés. Il y a du reste une augmentation du nombre de ces enfants liée à l'amélioration des soins périnataux.
Une variété d'atteinte du système nerveux central peut engendrer une incapacité visuelle, dont la nature, les manifestations cliniques, les désordres neurologiques associés et le pronostic de récupération, sont intimement liés à la localisation lésionnelle. Par ailleurs, la vulnérabilité de certaines structures cérébrales aux atteintes hypoxo-ischémiques est fonction de l'âge de l'enfant. On peut distinguer au moins cinq systèmes visuels qui peuvent être responsables de troubles visuels chez l'enfant qui présente une atteinte cérébrale : (1) le cortex visuel primaire ; (2) le cortex visuel associatif ; (3) les radiations optiques ; (4) le nerf optique ; (5) les voies visuo-attentionnelles.
Enfin notons que l'étude des patients cérébraux lésés, les travaux sur le primate non humain et plus récemment les apports de l'imagerie fonctionnelle ont permis d'identifier deux organisations fonctionnelles distinctes mais interconnectées au sein des aires corticales visuelles. La première d'entre elle, la voie ventrale ou occipito-temporale, joue un rôle majeur dans la reconnaissance visuelle des formes. Cette voie du « Quoi ? » est particulièrement sollicitée dans la reconnaissance des images, des objets, des visages et des symboles. La seconde organisation fonctionnelle, la voie dorsale ou occipito-pariétale, est impliquée dans des processus aussi divers que la planification et le guidage automatique du geste, l'attention visuo-spatiale, la localisation spatiale, la perception du mouvement et la transformation des cadres de référence spatiaux.
L'auteur nous propose une description clinique des principaux symptômes associés aux troubles cognitifs de la vision chez l'enfant et quelques approches de compensations possibles :
I) Voie dorsale/Dysfonctionnement du lobe pariétal: a. Trouble de la perception simultanée Présence des symptômes suivants :
Les enfants qui sont affectés par ce trouble sont incapables d'identifier des objets à distance que l'on pointe même si ces objets semblent évidents, comme par exemple une voiture de l'autre côté de la route.
La scène visuelle peut être trop surchargée pour qu'il puisse voir le parents.
Deux sortes de comportements sont habituels. L'enfant peut soit être très effrayé ou bien il peut courir partout de façon incontrôlée.
Le bruit et la foule peuvent mener à une surcharge d'informations qui peut à son tour déclencher un sentiment de peur ou de panique.
De façon typique, l'enfant est incapable de trouver le jouet qu'il cherche. La caisse de jouets peut être vidée par l'enfant mais la scène visuelle chaotique ainsi crée limite tout jeu organisé et l'enfant est facilement distrait.
Même des objets évidents de grande taille comme un chat peuvent ne pas être vus sur une couverture ou un tapis si ces derniers sont composés de motifs.
Les enfants plus âgés qui présentent des troubles cognitifs visuels peuvent avoir de grandes difficultés dans les sports d'équipe.
Réduire les symptômes :
Lorsque les pièces sont rangées, avec peu de meubles et peu de décoration, l'enfant soutien mieux son attention et est beaucoup moins distretle.
Lorsque l'enfant est dehors à la campagne ou dans des espaces ouverts comme un parc ou une aire de jeux, l'enfant devient de nouveau attentif et plus calme.
Les performances de l'enfant peuvent s'améliorer de façon considérable en situation duelle.
b. Troubles du mouvement guidés par la vue dans l'espace tridimensionnel ( ataxie optique). Membres inférieur:
Un jeune enfant peut marcher sur ses jouets comme si ils n'étaient pas là. (Cela peut également indiquer un trouble du champ visuel inférieur).
L'accompagnateur de l'enfant doit toujours prendre la main de l'enfant qui présente ce trouble lorsqu'il se déplace sur un sol irrégulier.
Lorsqu'il marche, l'enfant peut ne pas voir le bord d'un trottoir et butter dessus ou bien descendre de façon soudaine du trottoir. Pour monter un obstacle, le pied peut être soulevé trop haut, trop bas, trop tôt ou trop tard.
Monter les marches est plus facile que les descendre. Les deux mains peuvent être utilisées pour se tenir sur une rampe. Membre supérieurs:
Le mouvement d'atteinte est correctement réalisé de façon inconstante. Les objets sont souvent renversés. Le mouvement d'atteinte peut s'arrêter avant ou après la cible.
c. Troubles de la perception du mouvement
Seuls les films avec des mouvement limités sont regardés
Des petits animaux rapides peuvent déclencher une terreur parce qu'ils semblent apparaître de nul part.
II) Voie ventrale/Dysfonctionnement du lobe temporal: a. Trouble de la reconnaissance des visages
Les membres de la famille ne sont pas reconnus sauf s'ils parlent. (Ce qui est différent des troubles de la perception simultanée lorsqu'un membre de la famille n'est pas vu ou reconnu dans un groupe de gens.)
Des étrangers peuvent être considérés comme des personnes familières.
b. Trouble de la reconnaissance des expressions faciales
c. Trouble de la reconnaissance des formes
d. Incapacité à dénommer les couleurs
Faire un lien entre la couleur et un nom approprié est une conduite remédiative efficace (citron jaune, et herbe verte).
e. Troubles de la lecture
f. Désorientation
g. Mauvaise mémoire visuelle
Dans plusieurs services hospitaliers une collaboration existe déjà entre le psychologue spécialisé en neuropsychologie, l'ophtalmologiste et l'orthoptiste pour identifier et prendre charge les enfants qui présentent un trouble cognitif de la vision. Il reste néanmoins beaucoup à faire pour que ces troubles soient mieux repérés et que ces patients puissent bénéficier de remédiations appropriées. Sylvie Chokron, neuropsychologue et directrice de recherche au Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition mène à cet égard un travail novateur dans le cadre de l'Equipe de Recherche Technologique TREAT VISION de l'Université Pierre Mendès France (Upmf) à Grenoble.
Dutton, G.N. (2003). Cognitive vision, its disorders and differential diagnosis in adults and children: knowing where and what things are. Eye, 17: 289-304. Crédit photo : par danuqui et par pfly Commentaires (4)
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| Mise à jour le Lundi, 27 Avril 2009 16:01 |



Gordon Neale Dutton de l'institut Tennent d'ophtalmologie à Glasgow, nous propose une intéressante revue de la littérature sur les troubles cognitifs de la vision chez l'enfant et l'adulte. Je vous propose une traduction des descriptions de Dutton dans le cadre de l'évaluation pédiatrique.

