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C’est avec une vraie émotion que
je tiens à vous présenter aujourd’hui le travail d’Hélène Trévaux. Cette jeune femme est à l’origine d’un court
métrage sur la maladie d’Alzheimer et elle nous explique, dans les lignes qui
suivent et avec ses mots, pourquoi cette vidéo.
Ce genre de projet a le mérite de
remettre des images et des mots simples sur une maladie qu’on tend toujours à
rendre complexe de part notre approche. La clinique commence surement là où
surgit l’émotion. Gardons là près de nous pour ne pas oublier ce qui enrichit
également notre pratique…
Je tiens à préciser qu’il y a
encore très peu de projets de ce type en langue française et je remercie Melle
Trévaux pour son travail.
Elle cherche d’ailleurs à
promouvoir son court métrage donc n’hésitez
pas à diffuser l’information…
Hélène Trévaux : "J'ai choisi ce thème de la maladie
d'Alzheimer car le sujet me touche de près. En effet, ma grand-mère en est
atteinte. Dans ce court-métrage, trois générations (la grand-mère, la mère et
la petite-fille) sont confrontées à cette maladie. J'ai trouvé intéressant de
traiter de ce rapport entre différentes générations.
Cette maladie est un vrai fléau et peut toucher n'importe qui. La mémoire est
faite de souvenirs.
Lorsque tout ça s'échappe, les
repères s'échappent aussi. Et dans la vie de tous les jours s'amorce un profond
changement. Toute la famille en subit les conséquences. Pour le malade, tout se
mélange, les souvenirs anciens, les évènements récents, ainsi que les mots. La
parole n'est plus maîtrisée. Des moments de lucidité peuvent survenir. La joie de
vivre d'antan de la personne touchée s'envole, elle s'apparente à une profonde
mélancolie. La mémoire est fragile comme de la porcelaine. Si elle se brise,
les souvenirs s'effacent. Une partie de l'histoire familiale disparaît alors.
Les malades d'Alzheimer perdent le fil de leur vécu. Leurs souvenirs
appartiennent désormais aux êtres qui leur sont chers. Dans leur monde, le
brouillard est si épais qu'ils ne reconnaissent plus les visages, ou par
moments, des sourires.. leur semble familiers.
J'ai utilisé cette figure du loup car elle me fascine. Il représente la
peur, la maladie. La petite-fille représente la nouvelle génération,
l'innocence face à la maladie qui l'affecte au travers de sa grand-mère, une
maladie qu'elle subit sans même pouvoir la comprendre. Le loup rôde, il
n'attaque pas, le mal est déjà fait.
Tel un loup, la maladie rôde dans
l'esprit qui s'effile, et, d'un coup de patte, elle désunie, fait voler en
éclats les fils de la mémoire, la ronde des souvenirs. Le malade entre dans son
monde, et s'envolent les pages de sa vie. Les générations futures sont là pour
réécrire ces pages, l'histoire de leur vie.
Ce film a été réalisé dans le
cadre d'un atelier vidéo. J'ai fait des études dans une école de cinéma.
Mes expériences m'ont permis de
m'exercer à la réalisation, au montage, à toutes les étapes d'élaboration d'un
projet et de diffusion.
Ce film a été projeté lors d' une
conférence à Ploemeur (Morbihan), à l'occasion du mois du film documentaire sur
le thème Alzheimer. A ce débat, un neuro-psychiatre intervenait, ainsi que
d'autres professionnels dans ce domaine. Un documentaire ("La mémoire
retrouvée"), signé Jean-Michel Kuess, était également présenté, ayant pour
thème la musicologie en guise de thérapie auprès des malades".
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