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    DominiqueC

    L'examen psychologique de l’enfant dans le champ du handicap

    Avec le concours de la délégation régionale de l’AFPEN (Association française des psychologues de l’éducation nationale) et en partenariat avec le Conseil Général et le Rectorat, la MDPH Réunion a organisé ses Journées d’étude sur le thème de "l’examen psychologique du jeune dans le champ du handicap". Sur trois jours (du 29/04 au 02/05), près de 170 professionnels dont 80% de psychologues exerçant dans différents milieux professionnels (Education Nationale, Conseil Général, secteurs sanitaire, médico-social et libéral) ont participé à cette action.

    Robert Voyazopoulos, expert national de la psychologie de l’enfant, a animé ces journées autour de six thèmes complémentaires permettant de situer les enjeux de l’examen et du bilan psychologique pour mieux accompagner les jeunes en difficulté d’apprentissage.

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    J'ai tenu à mettre en avant ces journées, bien que ne travaillant pas moi même dans le champ de l'enfance et l'adolescence, de part la nature fondamentale des problématiques évoquées : flou et amalgame quant à l'identité du psychologue, les enjeux sur le surnombre croissant de diplômés en France, sur leurs compétences et formations, sur la nature de leurs actes, sur les problèmes d'obédience théorique, sur l'épineuse question du compte rendu psychologique !

    Ci-dessous, vous trouverez quelques notes issues de ma propre écoute ainsi que les différents chapitres de cette vidéo !

    Introduction

    Pour Joël Arthur (association de parents d'élèves), le psychologue c’est l’amalgame. "On ne sait pas qui vous êtes, si vous êtes des médecins, des thérapeutes, des paramédicaux, on ne sait pas. Quand on parle de psychologie aux parents des enfants, c’est tout de suite : bon bah, il est fou … non, mon enfant est déjà handicapé, mais il n’est pas si fou que ça !. Donc vous voyez que votre périmètre d’action est déjà mal cerné !"

    La fonction du psychologue (6’10)

    En Europe, 40 % des psychologues travaillent dans les domaines de l’enfance et de l’adolescence.

    En France 3700 psychologues arrivent sur le marché de l’emploi tous les ans contre 1100 en Allemagne.

    Pour Robert Voyazopoulos, l’un des aspects cruciaux de notre retard est l’absence relative des psychologues dans la question de l’évaluation et la prise en charge des troubles des apprentissages. Nous avons un retard important qui tire sa source de deux causes : nous avons tardé à nous intéresser à ces questions sur le plan historique et nous avons laissé la place à d’autres intervenants : +300 % de développement de la profession d’orthophoniste en 23 ans contre +15 % de psychologues supplémentaires sur la même période ! Pour des raisons culturelles, les psychologues se sont désintéressés de ces questions d’apprentissage contrairement à d’autres professions. Malgré tout, il existe des attentes sociales très fortes à leur égard, il ne faudrait pas que les psychologues déçoivent ces attentes. Pour cela, ils doivent se donner les moyens d’être à la hauteur, on ne peut pas faire des évaluations approximatives et s’extraire de la question du diagnostic, de l’évaluation clinique.

    Il faut qu’ils se forment, qu’ils pratiquent, qu’ils prennent en charge, qu’ils publient et coordonnent leurs pratiques pour qu’il y ait une visibilité sociale plus importante de la psychologie, qu’on sache ce qu’on peut attendre des psychologues.

    Qu’est-ce qu’un examen psychologique (10’08)

    Il faut que le psychologue arrive à quantifier ses actes, les définir, à bien savoir vers quoi il s’engage, s’il est pertinent d’engager telle ou telle activité avec un enfant, pas de systématisme, de démarche identique d’un psychologue à un autre, il faut réfléchir à la diversité des outils, à ce qu’ils vont apporter comme informations.

    L’examen psychologique est un travail qui prend du temps : 3 à 4h avec l’enfant + un entretien avec les parents + temps du traitement des données cliniques (2h). Cette compilation d’actes peut-être quantifiée a environ 10 h.

    On est loin, en France, d'avoir trouvé des accords sur la quantification en termes de temps et d’actes. Il faudrait pouvoir être lisible sur ce plan auprès de nos interlocuteurs également... c’est un gros chantier absolument nécessaire !

    Troubles psychiques, mentaux et cognitifs (17’12)

    Comment se passer des échelles d’intelligence et de personnalité si l’on veut comprendre comment un enfant grandit, comment il fait face aux contraintes de la vie. On peut avoir des impressions, le sentiment de ne pas avoir besoin de ces outils, mais lorsqu’on a bien compris le rôle que peuvent jouer ces tests, on voit quelle sécurité cela donne sur le plan de son travail intellectuel. C’est une sécurité qui ne concerne pas que le psychologue, elle concerne également l’enfant !

    On peut proposer de nombreuses choses à un enfant, l’examen psychologique va permettre de dégager lesquelles et dans quel ordre de priorité.

    3 niveaux de lecture que l’examen psychologique va permettre de distinguer :

    Troubles psychiques : maladie mentale (dans sa dimension psychopathologique)

    Troubles mentaux : retard intellectuel et du développement

    Troubles cognitifs : troubles spécifiques des apprentissages

    Les troubles d’apprentissage (27’24)

    L’histoire des troubles d’apprentissage est importante : suprématie historique des modèles psychopathologiques et psychanalytiques sur la question, très séduisant pour les professionnels, mais particulièrement peu utile pour comprendre les réelles difficultés des enfants qui ont des troubles des apprentissages. La psychanalyse a envahi cet espace et a empêché l’émergence d’autres modèles d’arriver en France : la neuropsychologie pédiatrique et la psychologie cognitive. À cause de cela, la France a décroché au niveau de l’expertise des troubles d’apprentissage. Le modèle psychanalytique a empêché les psychologues de penser les troubles d’apprentissage comme des troubles spécifiques qui pouvaient naitre des désordres et du dysfonctionnement de la matière cérébrale.

    Il existe aujourd’hui un clivage entre les tenants d’une approche neuropsychologique et cognitive et les tenants d’une approche psychopathologique d’orientation analytique pour lesquels les troubles des apprentissages ne sont les conséquences que d’un trouble psycho affectif plus global (névrose, psychose..).

    Pour Robert Voyazopoulos : "il faut être au service de l’enfant et non au service du modèle" (théorique).

    Témoignage de Marie-Claire Charlanes (association de parents) qui souligne que l’approche neuropsychologie lui convient parce qu’elle n’est pas culpabilisante, ne fait pas appel à des liens affectifs pathogènes et qu’elle ouvre la porte à des aides, des rééducations, des prises en charge qui ne remettent pas en cause le lien avec les parents.

    La rédaction du bilan (38’29)

    Problème majeur du réceptionnaire de ce bilan : qui va le lire, que peut-on mettre dedans dans ce cas ? Pour Maxime Astourne (conseiller technique du recteur) il devrait être accessible à tout le monde en fait : enfant, parent, éducateur, enseignant, directeur d’école…

    Pour Gilbert Pérez (association de parents) : en tant qu’usager, le premier rapport psychologique qu’il a eu entre les mains manquait de clarté. Il est important qu’il y ait une adaptation et une explicitation orale liée à ce rapport.

    Pour Robert Voyazopoulos, cela ne fait que quelques années que les psychologues se préoccupent du statut de leurs écrits, des contraintes que cela pose sur le plan de la transmission, sur le plan juridique, éthique. Les écrits font maintenant partie du quotidien du psychologue alors qu’il s’en affranchissait volontiers il y a encore seulement quelques années. Cette mutation de la profession, l’attente sociale et citoyenne de l’information psychologique du travail du psychologue passe nécessairement par l’utilisation de l’écrit.

    La question des écrits mérite que l’on définisse une méthodologie, un cadre, qu’on définisse l’examen psychologique, qu’on définisse ce qu’est un compte rendu d’examen psychologique, et puis surtout qu’on ait quelques caractéristiques propres pour dessiner une architecture de ce que pourrait être un examen psychologique.

    Sur le site de la MDPH Réunion :

    http://www.mdph.re/spip.php?article226

    http://www.mdph.re/spip.php?article224



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    Commentaires recommandés

    merci pour cette transmission. C'est très intéressant de voir les choses d'un autre point de vue, notamment celui des parents

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    Merci pour ce résumé ! La question du compte rendu est à mon sens majeure. Il est important d'avoir à l'esprit que le compte rendu suit l'enfant et que c'est à cet écrit que la famille et les professionnels se référeront dans le futur pour tenter de comprendre le fonctionnement de l'enfant à un instant T, de le situer dans une dynamique évolutive. Nous devons réfléchir à la trace que nous voulons laisser de notre intervention mais surtout à ce que nous voulons transmettre en terme de connaissance et de compréhension des troubles. De mon point de vue, le plus difficile (mais également le plus essentiel) est de permettre la lisibilité et la compréhension du compte rendu à chacun des acteurs de la vie de l'enfant (famille, médecin, rééducateurs, MDPH, etc) et de permettre à chacun d'y trouver les informations qui leur permettront de s'ajuster à lui. C'est en cela qu'il me semble essentiel de détailler la clinique de la passation et le comportement de l'enfant face aux différentes épreuves qui sont, à mon sens, des élements tout aussi importants que les élements chiffrés. Il me semble également que la restitution orale des résultats aux familles devrait être systématique afin de s'assurer de la bonne compréhension des troubles et de leurs conséquences sur le quotidien et d'éviter les confusions liées à une mauvaise interprétation de certains termes.

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    Vraiment pénible ces oppositions permanentes entre les différentes orientations!! Travailler tous ensemble, avec comme seul but l'intérêt de l'individu dont on se préoccupe, ne sera donc jamais possible??!! Mare de ces petites luttes de pouvoir qui discrédite à tout va l'opposition....A quand le vrai dialogue entre nos différentes approches??!

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