• DominiqueC
    DominiqueC

    Considérations réelles et symboliques autour de notre blouse blanche

    Le port de la blouse blanche mérite t’il qu'on y réfléchisse quelques instants ? La question ne semble pas si évidente au premier abord, tant il semble naturel pour les psychologues hospitaliers qui exercent dans le champ de la neuropsychologie de revêtir l’uniforme. D’ailleurs, le futur professionnel qu’est l’étudiant de master se voit remettre, avant toute autre connaissance, la jolie blouse. Elle sera le garant de son appartenance au service, de sa place dans la hiérarchie hospitalière et bien souvent, il faut le reconnaître, le bouclier rêvé face aux embûches à venir (inexpérience, positionnement dans la structure, etc.). Lorsqu’il sera en poste, il sera même tenté de parader auprès des amis et de la famille avec la photo de son badge, prise en uniforme… Je l’ai fait !

    • Like 44


    Malgré cet aveu, la place de la blouse m’a toujours questionné : absente d’emblée chez de nombreux psychologues qui travaillent dans le même centre hospitalier, il m’apparaissait tout de même naturel de la porter, comme signe de ralliement à mon service, comme signe distinctif pour les autres professionnels et les patients aussi. Parmi les effets indésirables, les problèmes pouvaient se résumer à cette phrase inévitablement prononcée par mes patients.. le fameux « bonjour docteur ! ».

    Pour ma part, j’ai continué à porter l’uniforme lors de mes consultations, mais avec les contraintes d’une infinie précaution :

    « Bonjour docteur »

    « Bonjour Madame... je ne suis pas docteur mais psychologue par contre. Mon rôle est différent, mais pas d’inquiétude, je vais tout vous expliquer une fois dans mon bureau »

    ce à quoi on me répondait le plus souvent « bien docteur, on est vraiment content de vous voir vous savez ! »

    L’ambiguïté involontaire me revenait parfois aux oreilles avec un « tiens, j’ai vu notre patiente hier, encore une qui te croit médecin» toujours ponctué par un « bon, en même temps, on porte les mêmes blouses, c’est pas de leur faute hein». Ce n’est pas faux... Un jour pourtant, on profita d’un changement de bâtiment pour modifier subtilement la plaque vissée sur ma porte. Je venais de passer de D. Cazin à M. Cazin. Visiblement, ce D(ominique) avait été désigné coupable de l’ambiguïté ambiante. Etait-ce vraiment lui le fautif ??

    Mon cheminement m’a amené à me demander quelles pouvaient être les conséquences (involontaires) à porter les vêtements d’un autre ?

    Adam et Galinsky sont deux chercheurs qui pensent que porter certains vêtements peut avoir un effet sur notre fonctionnement cognitif. Dans ce mécanisme, la signification symbolique du vêtement porté aurait un rôle à jouer. Ils ont publié un article en juillet 2012 en jouant sur un thème à la mode, la cognition incarnée, leur article s’intitulant : Enclothed cognition. Les auteurs concluent, sans détour, que « les vêtements peuvent avoir des conséquences sur la cognition et le comportement des individus qui les portent ». Si les chercheurs se sont principalement intéressés aux fonctions cognitives, nous pourrions nous demander si des effets plus larges ne sont pas à l’œuvre. Dit autrement, le fait de porter une blouse n’oriente t’il pas la perception que nous avons de nous-mêmes et du travail que nous devons accomplir ?

    Il pourrait être intéressant de voir si le port d’une blouse n’oriente pas plus souvent notre manière d’appréhender ce que raconte ou fait notre patient sur un registre médical par exemple. Ce type d’hypothèse pourrait être décliné sur une multitude d’aspects de notre pratique et en attendant d’avoir des réponses plus précises, peut-être devrions-nous nous montrer plus précautionneux avec ce vêtement médical.

    Parmi les autres conséquences, cette fois externes, le glissement du psychologique vers le médical en est un autre que nous ne devrions pas ignorer. Arborer les signes d’une autre profession n’est pas sans conséquence sur la vision du grand public pour la neuropsychologie. Elle est déjà souvent présentée comme paramédicale, à vocation uniquement psychométrique. Elle prête le flanc à des conduites abusives avec assèchement du temps clinique au profit de quelques tests (voir cet article). Notre port de la blouse ne renforce t’il pas le flou qui existe autour de la définition de nos actes et de notre identité ?

    Faire disparaître la blouse nous rendrait il moins crédible ? Sandrine Motamed (2006) nous dit le contraire dans une méta analyse Suisse. Motamed montre que l’opinion des patients est nettement influencée par l’habillement de leur propre médecin qui devient une sorte de référence. Dans les situations où ce dernier ne porte pas lui-même de blouse blanche, cette tenue est moins souvent préférée par ses patients. Il est intéressant de noter que dans leur revue, la satisfaction des patients à l’égard des soins n’était pas liée à la tenue vestimentaire des médecins. Par contre, le patient aurait tendance à donner au vêtement un rôle identificatoire en milieu hospitalier : une blouse blanche serait le signal qui indique que l’on se trouve devant un médecin. Encore une fois, le vêtement pourrait entretenir un flou délétère à la reconnaissance de notre corps professionnel.

    Risquerait-on de mettre en danger l’équilibre sanitaire de notre établissement ?

    L’argument le plus impérieux pour le port de la blouse est toujours celui de l’hygiène et cette question transcende bien évidemment les différents statuts, y compris notre no man’s land « ni médical, ni paramédical ». Sauf qu’à bien y regarder, et je parle des services de consultation, l’activité n’implique aucun contact avec des matières infectieuses. Le lavage des mains est là pour assurer à chacun une hygiène suffisante et n’est-ce pas d’ailleurs ce qui se passe dans tout bon cabinet médical en ville ?

    La propagation de bactéries par la blouse est un sujet d’actualité dans de nombreux pays, certains ayant déjà décidé de s’en débarrasser définitivement comme en Ecosse et en Angleterre. D’autres pays comme les USA se posent la question également. Dans une étude Israëlienne récente (Wiener-Well et al., 2011), les chercheurs ont collecté 238 blouses ou tuniques appartenant à 75 infirmières et à 60 médecins et ont fait des prélèvements au niveau des manches, de la zone abdominale et des poches qu'ils ont mis en culture. 65 % des uniformes appartenant aux infirmières ainsi que 60 % de ceux des médecins se sont avérés porteurs d'agents pathogènes. Pire, pas moins de 21 tenues d'infirmières et 6 de médecins étaient colonisées par des souches de bactéries multirésistantes aux antibiotiques, dont le staphylocoque doré.

    La blouse blanche serait elle rassurante pour nos patients ? Ce n’est pas ce que nous dit le célèbre « effet blouse blanche », bien connu depuis la fin des années 80. Une étude de Giuseppe et al. (1987) a montré qu’il existait une réaction d’alerte et une hausse de la tension artérielle en présence d’une blouse blanche chez certains patients. Ces résultats ont été répliqués de manière particulièrement consistante. Le port d’une blouse peut être à l’origine d’effets somatiques néfastes chez nos patients.

    Du réel au symbolique

    Le concept « effet blouse blanche » s’est progressivement élargi pour désigner, aujourd’hui, tout symptôme qui apparaît à cause du contexte où on l’observe.

    Les effets « blouse blanche » intéressent les psychologues depuis les années 70 avec une résurgence assez récente de la question dans le domaine de la gériatrie et de l’évaluation de la mémoire. Le déclin mnésique chez les personnes testées ne pourrait-il pas être relié au stress de la situation ? Desrichard et Köpetz (2005) ont testé l’hypothèse. Pour cela, ils ont fait varier le stress en précisant aux personnes testées, dans un cas que le test était destiné à évaluer leurs capacités de mémoire, et dans l’autre cas, qu’il était destiné à évaluer d’autres capacités cognitives (capacités de repérage dans l’espace, aptitude à reconnaître des formes ou aptitudes verbales). Leur idée était que, s’il s’agit d’un effet blouse blanche, les personnes âgées seraient plus stressées dans le cas où on leur annonce qu’on va évaluer leurs capacités de mémoire. Effectivement, lorsque l’accent est mis sur la mémoire, les seniors obtiennent de moins bons résultats que si le test semble porter sur le repérage spatial ou les aptitudes verbales. Il s’agit donc bien d’un effet blouse blanche, auquel les personnes âgées sont particulièrement sensibles : de jeunes adultes passant l’expérience dans les mêmes conditions sont insensibles au fait que le test soit présenté ou non comme un test de mémoire, et ont obtenu des performances indépendantes de l’enjeu des épreuves. Cet effet a été répliqué à six reprises par des équipes indépendantes et dans des pays différents. Il indique la présence d’un biais dans l’évaluation de la mémoire chez les seniors. Le simple fait de faire passer des tests de mémoire à ces derniers suffit à détériorer notablement leurs performances. Tout comme l’hypertension est en partie induite par la présence du médecin, le déclin mnésique est en partie provoqué par l’enjeu du test.

    Parmi les mécanismes en jeu, il pourrait y avoir l’existence de pensées intrusives, liées aux images négatives d’une perte de mémoire (risque d’Alzheimer, etc.), mais aussi la notion de sentiment d’auto-efficacité mnésique. Le SAM désigne l’évaluation que fait une personne de ses capacités à utiliser sa mémoire de façon efficace. Placé devant le test de mémoire, le participant âgé pourrait faire de manière automatique une prédiction, même vague, sur sa performance. Lorsque la tâche est présentée comme une épreuve de mémoire, le sujet craint d’échouer et, paradoxalement, il a tendance à se désinvestir de la tâche. Cet effet blouse blanche n’apparaît que chez les seniors ayant un faible sentiment d’auto-efficacité mnésique.

    En sachant tout cela, attardons-nous maintenant sur le premier contact qu’un psychologue en service de consultation a avec son patient. Il porte une blouse blanche, potentiellement stressante et inductrice d’informations contradictoires sur le métier du professionnel. Il se présente et indique qu’il est là pour faire « des petits tests de la mémoire » avec la personne, activant des pensées intrusives chez des patients le plus souvent fragilisés, ayant déjà un faible sentiment d’auto-efficacité mnésique. En résumé, s’il avait voulu s’y prendre moins bien pour démarrer la consultation, ça n’aurait pas été chose facile !

    Le vêtement que nous portons n’est pas sans incidence sur notre identité professionnelle, sur les rapports que nous entretenons avec les patients et nos collègues, sur nos activités professionnelles. Mon souhait en rédigeant cette réflexion n’était pas de bannir tout espace transitionnel entre le corps médical et les psychologues. Mais il nous appartient de réfléchir, plus souvent peut être, sur les choix que nous faisons sur le terrain pour incarner la profession de psychologue spécialisé en neuropsychologie.

    Le meilleur espace transitionnel restera toujours la compétence mise au service des autres. Cette compétence n’est rien, sans esprit critique.

    Si vous vous sentez à l'étroit dans votre blouse, ou si au contraire, vous ne pensez pas du tout qu'elle puisse être contraire à la pratique, racontez nous :)



    Retour utilisateur

    Commentaires recommandés



    Autre exemple de la vision que peut avoir l'administration des psychologues: nous sommes tenus de porter un ensemble haut et bas type infirmière aux couleurs du paramédical, donc ortho/kiné/assistante sociale. Nous sommes donc passés à l'étape de la tenue. On peut se poser la question de l'aspect sanitaire lors des bilans en chambre, mais quant est-il de l'intérêt en consultation externe?

    C'est une excellente réflexion que le port de la blouse! Très bon article!

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Très intéressant Dominique, d'autant plus que je ne m'étais jamais posé cette question. Et pour cause, je travaille en gérontopsychiatrie et les psychologues, comme les psychiatres ou les assistantes sociales, ne portent pas de blouses... Ceux qui portent des blouses sont les infirmiers, aides-soignants, gériatres... pour des raisons d'hygiène, je suppose. Et jamais je n'ai eu l'impression d'être moins crédible auprès des patients, qui m'appellent aussi parfois "docteur" ;) Et qui semblent bien s'accommoder de cette hétérogénéité dans les tenues vestimentaires, dans la mesure où ça a un certain sens.

    Alors que par le passé, en tant que stagiaire en gériatrie (où tout le monde portait une blouse), il m'est arrivé une fois de ne pas avoir de blouse alors que j'allais voir une patiente. Laquelle m'a regardé de haut en bas, sceptique : "vous êtes sûre que vous travaillez ici?". L'absence d'uniforme dénotait carrément avec la norme ambiante...

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Je ne suis pas sure que ça soit seulement le fait de porter une blouse qui laisse penser aux patients que nous sommes médecins. Il suffit qu'un patient nous rencontre au secrétariat pour qu'il nous prenne pour une secrétaire... Mais peut-être Dominique qu'en tant qu'homme, tu n'as pas été victime de ce biais ^^

    Je pense que de nombreux patients avant même de nous voir s'attendent à rencontrer un médecin, notamment s'ils viennent dans le cadre d'une consultation externe à l'hôpital.

    Le simple fait de venir à l'hôpital pourrait avoir un "effet blouse blanche" aussi non ? si en plus notre bureau se trouve dans un service entouré donc de chambres de malades ou si notre bureau est un bureau de consultation médical avec table d'examen par exemple... dans ces conditions difficile de ne pas penser qu'on est reçu par un médecin ;-)

    Pour ma part, le choix du port de la blouse est d'abord pratique : j'ai toujours des poches, je peux la fermer et cacher ainsi un décolleté ou une grossesse naissante... :keyes:

    La question du port de la blouse reste intéressante, comme l'est toute question sur notre rapport avec les patients. J'aurais bien envie de pousser un peu plus loin et d'interroger sur la manière dont on reçoit nos patients : dans quel lieu (consult externes, services, bureau médical, type d'ameublement, de déco...), comment se fait notre premier contact (souriant, pressé, 1e mots, présentation...). Je pense que ces éléments sont aussi importants dans la dynamique de la relation psychologue-patient.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Après 4 ans de port intensif de la blouse, j'ai pris poste dans une maison de retraite où la blouse est bannie. Quelle révolution pour moi !

    Bien sur la blouse c'est bien pratique : elle marque notre intégration dans une équipe de travail, elle nous permet d'être rapidement identifié par les patients et leur famille, elle protège nos tenues "civiles" des petits incidents, elle permet de cacher pour les femmes des décolletés trop marqués ou une jupe un peu courte et elle a de grandes poches où mettre tout notre fourbi.

    En y réfléchissant le port de la blouse marquait un peu la frontière entre ma vie privée et ma vie professionnelle. Les patients n'avaient pas accès au dessous de ma blouse comme à ma vie privée.

    Je me rappelle d'une patiente que j'avais rencontré dans la rue et qui m'avait observée de la tête au pied avant de conclure "vous n'êtes pas si impressionnante, vous êtes comme tout le monde en fait".

    Alors comment établir un rapport collaboratif avec le patient lorsqu'on se positionne ainsi : "vous ne saurez rien de moi mais moi je veux tout savoir sur vous et votre fonctionnement" ? Je doute que cette situation asymétrique du" soignant omniscient/soigné ignorant" offre de bonnes conditions à la pratique de notre métier et mette dans de bonnes dispositions nos patients.

    Cela fait une semaine que je travaille sans blouse, elle me manque dans certaines conditions mais je découvre aussi une nouvelle manière d'être en contact avec les personnes.

    Il n'y a pas de bon choix entre le port ou non de la blouse mais cela mérite bien un petit temps de réflexion.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Merci pour vos premiers témoignages !

    @Cerison : je trouve cette dérive inquiétante. Je n'ai jamais entendu parler du port de telles tenues pour des consultations psychologiques externes. Cette démarche me semble évoquer ce glissement du psychologique vers le médical dont je parle. Ce glissement joue à bien des niveaux, qu'ils soient statutaires, pratiques, vestimentaires..

    @Soline : les travaux de Motamed vont dans ce sens aussi, merci de partager ta situation avec nous

    @Sandrine : on est d'accord, je n'ai jamais voulu dire que la seule blouse était responsable de cette assimilation. Je souhaitais juste m'attarder sur un facteur qui me semble peu discuté au final, ce "simple" bout de tissu que l'on enfile avant d'aller voir un patient. La blouse possède toutefois une symbolique très fort (image médicale) et recouvre en grand partie le professionnel. Compte tenu des facteurs possiblement délétères je me demande si les avantages valent le coût. Cela rejoint le témoignage de Pollyne avec cette question : comment font tous les collègues qui travaillent sans blouse ? tous les collègues en libéral également. J'imagine qu'ils ont trouvé le moyen de contrer la question vestimentaire.

    Pour ma part, j'ai commencé par retirer la blouse en staff, lors de nos réunions multidisciplinaires, parce que j'étais mal à l'aise de porter le vêtement d'un autre au final. Venir en "moi même" m'a rapidement plu et n'a rien enlevé aux échanges cliniques sur nos patients, à l'impression d'avoir une écoute attentive sur ce que je pouvais soulever dans ma pratique. C'est symbolique mais ce n'est pas que cela. C'est ce que j'ai voulu montrer en listant les possibles répercutions liées au port du vêtement médical.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Je me suis posée la question au moment où j'ai commencé à travailler, en EHPAD, juste après mon stage en CHU et que je me suis trouvée perdue sans mes multiples poches :)

    Cela ne m'avait jamais vraiment questionné à l’hôpital, étant donné que tout le monde avait une blouse, même les secrétaires : je considère que dans ce cas, la blouse représente plus un signe d'appartenance à la machine hospitalière que réellement une position spécifique dans celle-ci. Mais il est vrai que dans mon cas, la blouse se devait d'être courte, manches courtes, et jamais boutonnée... et je pense que ce n'était pas anodin.

    En revanche je suis d'accord avec Sandrine, je pense que le fait d'être un homme favorise le "Docteur"... et j'ai beaucoup d'anecdotes de collègues médecins qui se sont entendus dire "docteur" alors qu'ils étaient encore externe et que le vrai docteur était juste à côté... et était une dame :)

    Depuis que j'ai quitté le monde hospitalier, je dois dire que la blouse ne me manque pas, mais que ça ne me dérangerait pas non plus de devoir la porter à nouveau.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Je ne considère pas la blouse comme le "vêtement d'un autre" et je reste moi-même que je la porte ou pas. Mais je me doute que tu ne voulais pas dire cela au sens propre ;)

    La blouse est aussi le vêtement du psychologue en tant qu'employé d'une institution.

    Comme le dit Virginie, je vois plus la blouse comme un signe d'appartenance à l'hôpital et non comme un signe d'un statut de médecin. Mais c'est vrai que dans le cadre d'une consult externe cela est moins signifiant que dans le cadre d'une hospitalisation. En consult externe, le patient sait qu'il vient à l'hôpital et qu'il va être reçu par une personne de l'hôpital. S'il est hospitalisé et qu'on rentre dans sa chambre sans blouse, il peut se demander, en tout cas dans un 1e temps, qui nous sommes et penser que nous sommes un simple visiteur extérieur. Le contexte est encore différent en EHPAD où nous intervenons "chez" le résident.

    Notre image est peut-être différente qu'on ait une blouse ou pas et encore... je dirais plutôt que la 1e impression est peut-être différente. Avec la blouse, nous sommes de suite identifiés comme des soignants, l'entretien qui suit fait réaliser au patient (j'ose espérer) qu'ils n'ont pas à avoir peur de nous malgré notre blouse. Nous ne sommes pas là pour leur faire des piqûres ou autre examen mais que nous sommes bien là d'abord pour les écouter. La phase d'entretien permet de faire oublier les éventuels préjugés que peut provoquer le port d'une blouse.

    Enfin bref je suis d'accord sur le fait qu'il est important et intéressant de se poser la question du port de la blouse, de ce qu'elle induit sur le patient, sur les autres membres du personnel, sur nous. Donc Dominique merci d'avoir souligner cette question :-)

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    C'est effectivement un sujet très intéressant et qui me pose question maintenant que j'y réfléchi!!!

    Je travaille dans 2 établissements différents, appartenant au même employeur (CH) : un centre de rééducation et un EHPAD.

    Au centre de rééduc : pas de blouse pour neuropsy, psy et assistante sociale. Contrairement aux médecins, ergo, kiné, personnel soignants, secrétaires médicales, cadre de santé. La cadre de santé m'expliquant que je n'ai pas à porter de blouse...

    A l'EHPAD : blouse pour tout le monde y compris l'animatrice. Le cadre de santé me l'a donné dès le 1er jour sans me demander mon avis...

    Certains de mes collègues du centre de rééduc m'ont interpellé sur le fait que je ne porte pas de blouse contrairement à eux... leur question ne m'avais pas plus interpellé que ça.. je leur est répondu que je ne faisais ni partie du corps médical ni du corps paramédical.

    Par contre, je suis en contradiction à l'EHPAD, j'ai le même statut et pourtant je porte une blouse... hum hum... ça me questionne.... : Sans doute car tout le monde la porte, je me différencierais des autres si je ne la portais pas?? Comme je suis à 30 % là bas, cela me permet-il d'être identifié parmi mes collègues et pour les résidents comme faisant partie de l'équipe??

    Ca me fait penser qu'une stagiaire lors de mes 1ères années m'avait interpellé sur cette question... je n'avais pas su quoi lui répondre... genre un "c'est comme ça, on me la donné, je l'ai mise"... ben BRAVO! alors que sa question était très pertinente avec le recul...

    Merci Dominique pour ce sujet qui fait papillonner mes neurones. Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué...

    Fichu bout de tissu!!!! :scratch2:

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Concernant l'applation "Docteur", sur mon second mi-temps, intervenant chez des neurologues libéraux, je ne porte pas de blouse et ça n'empêche pas que l'on m'appelle Docteur. Certaines catégories niveau socio culturel ne font pas la différence de toute façon. Pour ma part, lorsque que je me présente, je donne mon intitulé de psychologue et amène par le sourire le fait que je ne sois pas médecin lorsque l'on m'appelle "docteur".

    Le port de la blouse n'interfère en rien avec les patients (même l'intégral). J'aime la portée en milieu hospitalier pour l'aspect sanitaire et ranger mes crayons dans les poches lol Je pense que c'est notre présence, nos expressions, notre empathie et notre approche qui y font pour beaucoup et pas l'uniforme.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    très bonne analyse Dominique et merci pour tous ces commentaires enrichissants.

    Pour ma part, en consultations externes, je suis loin de mon service, au milieu d'autres consultations externes donc c'est pas de blouse du tout, je me sens plus à l'aise comme cela et je trouve que ça met le patient plus en confiance.

    Par contre si je monte dans le service ou fais un bilan en chambre, je porte systématiquement la blouse car je suis un membre de l'équipe à part entière et on doit me visualiser (patients et collègues comme tel).

    Il y a donc clairement une frontière entre le port ou le non port, mais je peux aussi me le permettre car mon bureau est hors du service.

    A++

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Pour ma part, en consult externe je porte souvent ma blouse ouverte et quand il fait chaud je l'enlève carrément... Mais, avec ou sans blouse, je n'ai jamais perçu de différence dans la façon qu'ont les patients de me percevoir. C'est vrai que le "docteur" vient beaucoup des personnes de petit niveau socio-culturel et même si je leur explique mon métier, le "docteur" resurgit à un moment ou un autre !

    Par contre, quand je vais dans mon service, je la porte fermée systématiquement, comme un signe visuel d'appartenance à l'équipe et c'est autant pour les patients que pour certaines infirmières qui ne me connaissent pas.

    Pour moi la blouse est un signe d'appartenance au milieu hospitalier, elle me permet aussi parfois d'être plus sûre de moi, notamment face à des patients ou conjoints difficiles (un jour j'ai dû virer un conjoint hostile de mon bureau et je pense que le port de la blouse m'a aidée à affirmer mon autorité à ce moment là).

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites
    Alors comment établir un rapport collaboratif avec le patient lorsqu'on se positionne ainsi : "vous ne saurez rien de moi mais moi je veux tout savoir sur vous et votre fonctionnement" ?

    J'ai eu exactement le même questionnement et c'est suite à ça que j'ai décidé de tomber la blouse. Je remarque qu'en EHPAD comme en consultation mémoire, il m'est beaucoup plus facile de créer un lien de confiance en étant habillée "en civil". En revanche je porte un badge qui me permet d'être identifiée comme personnel de la structure, sans le côté "froid" de la blouse.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Je suis d'accord avec la plupart de ce qui a été dit plus haut. Travaillant en libéral, je ne porte plus la blouse et on me donne néanmoins du Dr tant à l'oral qu'à l'écrit... et je ne pense pas que celà soit lié à la catégorie socio-professionnelle. J'y ai eu droit également de la part de médecins psychiatres, de kinés, d'ostéopathes venant consulter pour leurs enfants et qui devraient mieux naviguer que d'autres dans ces catégories là, et pourtant !

    Je pense que c'est plus lié à la qualité de patient et à ses attentes... il vient chercher une compétence, un diagnostic, une compréhension, une aide, il est en quelque sorte dans une démarche de soin qui lui rappelle, par analogie, celle plus fréquente du médecin/patient.

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Cela fait également quelques temps que je me pose la question du port de la blouse.

    Je suis d'accord avec la plupart des points soulevés jusqu'ici, je ne vais donc pas les réécrire.

    Malgré tout, lorsque je décide de ne pas la porter, je change immédiatement d'avis pour une raison uniquement pratique : où mettre le téléphone, les stylos, le bloc-note, le chrono et les clés si je n'ai pas les poches de ma blouse?

    Bref retour à la case départ!

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites

    Même sans blouse le "docteur" est prononcé..

    Au-delà de tout symbole, (soyons un peu terre à terre 5 secondes lol) pour moi la blouse est là comme une protection sanitaire aussi. Certes pour le psychologue l'enjeu est différent et l'idée même de "protection" peut prêter à de multiples associations d'idées lol Le contact physique est moins présent que lors de soins, mais on peut tt de,même être amené à soutenir par le bras, on s’assoit dans leur chambre etc. Bon, il faudrait aussi des sabots pour bien faire dans cette lignée là et ça c'est moins proposé en milieu hospitaliser il me semble. Personnellement, j'ai fini par les adopter en maison de retraite! "mon" uniforme de là-bas lol mais aussi bien d'autres rôles d'hygiène de base pour soi et pour les autres donc ..On entre qd même dans leur chambre, on y amène plein de microbes et cies sous nos chaussures et inversement (le sol peut coller..et vi..). En ce qui me concerne, je n'aimerais pas que mes invités aillent et viennent dans ma chambre avec leurs chaussures, vous êtes prévenus lol!

    Bon, bien sûr, comme le précise un petit paragraphe plus haut..encore faut-il que ces blouses soient entretenues mais la blanchisserie n'est pas interdites à nos blouses ;)

    Partager ce commentaire


    Lien vers le commentaire
    Partager sur d’autres sites



    Guest
    Vous postez un commentaire en tant qu’invité. Si vous avez un compte, merci de vous connecter.
    Ajouter un commentaire…

    ×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Supprimer la mise en forme

      Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

    ×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

    ×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

    ×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.