L'observatoire

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Billets dans ce blog

 

Après - Le mur - Sophie Robert annonce : La théorie sexuelle

Teaser : Après « Le mur » le prochain volet de cette série est consacré à « la théorie sexuelle »: La psychanalyse se distingue de toutes les autres psychothérapies par la place prépondérante accordée à la sexualité – une vision très particulière de la sexualité, au contenu politiquement très incorrect. Comment les psychanalystes appréhendent-ils la sexualité aujourd’hui? Quel est, de leur point de vue, le rapport entre la sexualité et l’inconscient? Quel rôle joue la sexualité dans l’apparition des troubles psychiques? Sophie Robert annonce un nouveau film sur la psychanalyse, sur les mêmes procédés que son précédent film le mur : des psychanalystes exposent leur point de vue, mais cette fois sur la sexualité, la féminité, l’amour, et même la pédophilie.

DominiqueC

DominiqueC

 

Scandaleux de ne pouvoir s'inscrire sur neuropsychologie.fr ?

Parmi les moyens d'expression du citoyen 2.0, le microblogging en est un à l'image de Twitter et ses informations de 140 caractères. Je dois dire que c'est un brin étonné que j'ai pris connaissance, il y a quelques instants, d'un étrange Tweet posté par un psychologue fraichement diplômé et installé dans la région Languedoc-Roussillon. M. Baissette n'y va pas de main morte avec notre association puisqu'il l'associe au hashtag #secte... Il copie la réponse de notre équipe de validation : Invectivé de la sorte sur Internet, je me permets une réponse courtoise, mais ferme : Notre association loi 1901 s'est constituée sur des objectifs et missions qui sont consultables par tous, ici. Qui aurait envie de rejoindre une association sans consulter ces informations au préalable ? Cette démarche, naturelle il me semble, aurait certainement évité cette crispation inutile.
Notre association n'a pas pour objectif de permettre aux jeunes (et moins jeunes) diplômés de compléter leurs trousseaux psychométriques. Nous ne fournissons aucun outil qu'un étudiant formé dans le champ de la neuropsychologie n'obtiendrait pas de ses lieux de stage. Par ailleurs, je rappelle ici que nous respectons scrupuleusement les droits d'auteurs.
Je me permets de souligner à ce collègue que chacun est tenu de respecter notre code de déontologie, disponible ici dans sa version révisée 2012. De multiples articles sont en lien avec notre responsabilité face au choix et à l'utilisation des outils pour lesquels une formation est indispensable. L'accès à des normes ou consignes ne constitue en rien une "formation". Il ne revient pas à notre association d'assurer cette formation de base, acquise par les psychologues spécialisés en neuropsychologie au cours de leurs stages et formations universitaires.
En lien avec ce dernier point et le site professionnel de ce collègue, je me permets de souligner que les "Tests neuropsychologiques" n'existent pas. Il serait trop fastidieux d'entrer dans les détails, mais il existe des tests psychométriques et un modèle théorique, la neuropsychologie. Ce modèle ne se résume certainement pas aux tests. D'ailleurs, pour fermer cette parenthèse sur votre site, le MMS n'est pas non plus un test psychométrique. Je vous renvoie à cet excellent article de vulgarisation de Derouesné à ce sujet.
Pour conclure, nos 800 adhérents revendiquent leur identité professionnelle de psychologue clinicien spécialisé dans le champ de la neuropsychologie. Nous contribuons quotidiennement au développement de la psychologie et la reconnaissance de son utilité auprès des autres professionnels et du grand public. Sur nos propres deniers et notre temps personnel, nous avons mis en place une plateforme d'échanges sur nos pratiques dans le champ de la neuropsychologie. Personne n'est tenue d'adhérer à cet objectif mais pour ceux qui le souhaitent, nous avons démocratiquement définis des règles d'inscription, comme dans n'importe quelle association. Est-ce si scandaleux dans le fond ?

DominiqueC

DominiqueC

 

Amazon rachète vos livres - j'ai testé pour vous !

Depuis cet été, Amazon a élargi son programme de rachat d'occasion aux livres. Comme beaucoup, j'ai accumulé un bon nombre d'ouvrages, certains plus intéressants que d'autres ! Après l'achat de livres neufs à prix défiant toute concurrence j'avais envie de tester cette nouvelle offre d'Amazon L'idée de vendre des livres me trottait dans la tête depuis un moment. Rien ne sert de collectionner et un livre est mieux dans les mains d'un lecteur que dans une bibliothèque poussiéreuse... Il y a bien Leboncoin mais pas vraiment le temps de gérer la vente, les déplacements, les emails et négociations. Et voilà que je tombe sur l'offre de reprise d'Amazon ! Parfait... je me suis donc mis en tête de designer 5 malheureux candidats. Attention, la reprise s'effectue en bon d'achats, donc ceci s'adresse plutôt pour une personne qui souhaite réinvestir son argent dans de nouveaux ouvrages (bien qu'Amazon vende maintenant de tout, y compris des iPad et autres nouvelles technologies). Après avoir entendu parler Pierre-Yves Jonin lors du CNNC de la TOP30, je me décide d'assumer et je regarde combien on me reprend mon bouquin rose "La mémoire collective, mémoire des événements publics et des célébrités : les batteries Eve 30 et Top 30". Première bonne surprise, mon livre est repris presque 30 euros ! Pas mal pour un ouvrage que je n'utilise plus. Je continue sur ma lancée et sélectionne donc 5 ouvrages pour un montant très honorable de 84,10 euros Amazon me fournit un bon colissimo que je n'ai qu'à imprimer : les frais de port sont gratuits ! Reste qu'à trouver un carton et mettre mes beaux livres dedans : Je le remplis de papier brouillon pour amortir les chocs, je le scotche et le voilà prêt pour le départ ! Je poste ça mardi dernier. Ils annoncent 2 jours ouvrés à partir de la réception. Vous pouvez suivre le colis, il est reçu du jeudi pour ma part. Le week end est là mais les délais sont respectés, j'ai reçu ce lundi un email qui confirme la bonne réception de mon colis et le traitement de ma vente à Amazon. Pour savoir si vous possédez des ouvrages qui pourraient être de bons candidats à la revente, allez donc faire un tour sur cette page : Amazon rachète neuropsychologie ! Il y a des bons coups à faire mais tout n'est pas intéressant (Exemple du livre "Evaluation et prise en charge des troubles mnésiques" racheté un malheureux 12 euros). Bref, pour ma part je suis très satisfait de ma vente et j'espère vous avoir donné de bonnes idées pour les livres que vous n'utilisez plus. Reste plus, pour moi, qu'à trouver comment dépenser cette petite somme

DominiqueC

DominiqueC

 

Retour sur la formation Montessori adaptée aux personnes âgées présentant des troubles cognitifs

Psychologue spécialisée en Neuropsychologie, j’exerce au sein d’une Unité cognitivo-comportementale. Les UCC dépendent du plan Alzheimer 2008-2012, et plus précisément de la mesure 17 : « création d’unités spécialisées au sein des services de soins de suite et de réadaptation (SSR) pour malades atteints d’Alzheimer ». Ces unités de 10-12 lits ont pour but de prendre en charge les troubles comportementaux de patients présentant des troubles cognitifs afin de permettre à la personne de réintégrer son milieu de vie dans de bonnes conditions (domicile ou institution). Pour cela, des solutions concrètes et applicables sont proposées lors de la sortie de l’UCC. Parmi toutes les préconisations données aux aidants, un certain nombre concerne le choix des activités et le comportement à adopter avec leur proche. La mesure 17 du plan Alzheimer parle de la création de ces UCC « dans une architecture adaptée, avec des professionnels dédiés et spécifiques du soin et de l’accompagnement ». La réalité est quelque peu différente. Les locaux ne sont pas toujours adaptés, les moyens financiers parfois limités et le temps accordé souvent trop court. Par ailleurs, pour la majorité des hôpitaux, les équipes soignantes qui exercent en UCC sont celles de SSR. Leur formation est donc incomplète, tout comme la nôtre. En effet, la prise en charge des troubles comportementaux de patients présentant un processus neurodégénératif et le travail avec les familles et les institutions ne font pas partie de l’enseignement dispensé par l’université. Et sauf si vous avez eu la chance de réaliser un stage avec un psychologue exerçant dans ce genre d’unité, la prise de poste amène donc un certain nombre de questions. Afin de remplir au mieux mes missions, j’ai donc dû compléter ma formation et je me suis très vite aperçue que ma façon de prendre en charge ces patients serait tout à fait différente. Au fil de mes lectures, j’ai découvert la méthode Montessori et ses intérêts dans la prise en charge de patients présentant des troubles cognitifs et/ou comportementaux. À la base créée par Maria Montessori pour éduquer des enfants « normaux » de quartiers pauvres de Rome, le Professeur Camp adapta par la suite la méthode aux personnes âgées présentant des troubles cognitifs. Celle-ci a pour principal but de les mettre dans l’action, dans la vie tout simplement, en les réengageant dans des activités adaptées à leurs capacités et centres d’intérêt, en leur redonnant une place sociale, un sentiment de contrôle et d’appartenance à une communauté. Le mettre mot est « activité », à entendre comme « être en action », faire. C’est ainsi que j’ai décidé de me former à la méthode Montessori. La formation que j’ai choisie est celle proposée par AG&D (accompagnement en gérontologie et développements), un organisme de formation partisan des approches non médicamenteuses. Celle-ci s’adresse aux psychologues exerçant en unité cognitivo-comportementale (UCC), unité d’hébergement renforcé (UHR), pôle d’activité et de soins adaptés (PASA), unité de soins de longue durée (USLD), établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), accueil de jour, centre d’activités naturelles tirées d’occupations utiles (CANTOU), maison de retraite … mais aussi à toutes les personnes qui interagissent, d’une manière ou d’une autre, avec ces patients présentant des troubles cognitifs sévères, ces patients dits « déments+++ » pour qui le quotidien ne rime avec ... rien. Formation Montessori d’AG&D La formation que j’ai suivie en inter s’est déroulée sur deux jours. Nous étions 17, de tous horizons : des ergothérapeutes, des psychologues, des psychomotriciens, des animateurs, des directeurs de structures pour personnes âgées, des médecins, des aides-soignantes, etc. Et première grande surprise, sur 17 personnes… 3 psychologues. Cette diversité fut très enrichissante. D’une part, elle m’a permis de découvrir le patient à travers différents regards. D’autre part, le fait de réunir dans un même lieu un représentant de chaque profession m’a permis de mieux comprendre les problématiques de chacun, et notamment les contraintes législatives qui régissent le pouvoir de décision des hôpitaux. J’ai notamment pu avoir un certain nombre de réponses grâce à la présence d’une directrice d’établissement pour personnes âgées (maison de famille). Lors de la première journée, Jéromes Erkes (psychologue formateur) nous a présenté l’origine et les principes fondateurs de la méthode Montessori. Il est revenu sur l’importance des activités pour les personnes âgées présentant des troubles cognitifs et sur l’impact des représentations de la démence. L’après-midi, il nous a présenté quelques principes cognitifs essentiels à connaitre lorsque l’on travaille avec des personnes présentant des troubles cognitifs, et notamment la dissociation mémoire déclarative/ mémoire procédurale, capacités préservées/ altérées, la loi de Ribot, etc.. Un peu de redite pour les psychologues spécialisés en neuropsychologie, mais bon, cela ne dure pas plus d’une heure et je trouve toujours intéressant de pouvoir échanger sur ces points avec d’autres professions. Enfin, nous avons clôturé cette première journée sur la présentation d’outils d’évaluation Montessori (exemple du test de lecture). La seconde journée fut plus pratique. Jéromes Erkes nous a présenté un certain nombre d’activités Montessori, ainsi que les principes de base pour créer nos propres activités Montessori et pour les présenter aux patients. Nous avons notamment eu l’occasion de mettre en pratique ce que nous avions appris grâce à des jeux de rôles et à la manipulation du matériel. Des outils très concrets sont proposés et de nombreuses idées d’activités sont données (en groupe comme en individuel). Nous avons discuté de l’importance des rôles sociaux et de l’intégration du patient dans une communauté. Petit bonus : à la fin de formation, une clé USB nous est remise, avec différents supports et outils pour la création d’activités. C’était la première fois pour moi que lors d’une formation, le formateur nous parlait de nos vrais patients avec troubles cognitifs, ceux d’UCC, UHR, EHPAD, etc.. Ces patients avec nombres de difficultés, avec troubles du comportement, limitations sensorielles, fatigabilité, et j’en passe. Une formation pratique, avec un formateur qui a pratiqué ! Mon seul regret fut que cette formation en inter ne dure pas une journée de plus pour avoir le temps de parler plus en détail de l’analyse comportementale. Ainsi, alors que certains résument nos champs de compétences aux tests… je n’ai qu’une chose à dire : je suis psychologue spécialisée en Neuropsychologie et je fais environ un bilan par mois, parfois aucun. Je tenais à écrire cela, car nous sommes nombreux à exercer ainsi, à sortir de ce cadre dans lequel certains nous placent avec des phrases telles que « oui, mais vous vous êtes neuropsychologue, pas psychologue ». Nous sommes nombreux, mais pourtant encore assez invisibles. Soit invisibles, car silencieux, soit invisibles, car absents de ces unités. Après avoir discuté avec les autres professionnels qui ont suivi la formation Montessori (ergothérapeutes, psychomotriciens, animateurs, directeurs de structures pour personnes âgées, médecins et aides-soignantes), un certain nombre m’ont rapporté leur déception face au constat que ces unités sont désertées par les psychologues, qui ne savent pas quoi faire avec ces patients dits « déments ». J’ouvre donc le débat afin d’avoir vos avis… À l’heure où les études se basant sur l’imagerie cérébrale et les marqueurs de la maladie d’Alzheimer ne cessent de progresser, il me semble intéressant de soulever la question des champs d’exercices des psychologues spécialisées en Neuropsychologie qui travaillent dans le domaine du vieillissement. Je terminerais par un grand merci à Jérôme Erkes pour sa pédagogie, la passion qu’il met dans la transmission de son avoir et ses superbes imitations, je vous conseille très vivement cette formation ! Illustration : formation Montessori animée par Cameron Camp, créateur de l'approche (assisté de Jerôme Erkes, directeur de recherche AG&D).

MargauxV

MargauxV

 

Le MOCA Test

Quelques informations pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce test. Le MOCA est un outil de dépistage de troubles cognitifs, un peu comme le MMSE. L'avantage, c'est qu'il touche à différentes sphères de la cognition, dont les fonctions exécutives (le MMSE peut en effet surestimer le fonctionnement cognitif d'un patient avec des atteintes exécutives importantes mais qui a une assez bonne mémoire). Dans mon établissement, la plupart des médecins vont l'utiliser conjointement avec le MMSE pour se faire une idée du fonctionnement cognitif de leurs patients et ainsi voir la pertinence de référer en neuropsychologie pour une investigation plus poussée. Il m'est arrivé de l'utiliser pour évaluer des patients en hébergement qui étaient assez détérioré cognitivement, afin d'avoir une idée rapide de leur profil cognitif. Le plus important, c'est qu'il est disponible gratuitement et en 15 langues différentes.

Steve

Steve

 

Le syndrome d'Ulysse, variante du syndrome de Cotard

Paul Vaughan a déterré un article de 2005 dans lequel on présente un syndrome de Cotard inversé. Là où le patient peut être amené à penser qu'il n'existe plus, en partie ou totalement, il existerait donc un syndrome dans lequel la personne pense que tout ou partie d'un proche n'existe plus... Cela s'appellerait le syndrome d'Ulysse. Il tire son nom de la mythologie grecque et de l'histoire de Pénélope qui, même après le retour d'Ulysse de la guerre, continuait de le croire mort. Les deux cas, publiés dans un article de 2005 de l'International Journal of Geriatric Psychiatry, sont spectaculaires comme le souligne le blogueur: style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Le premier cas est celui d'une personne âgée de 81 ans, amenée aux urgences psychiatriques pour la première fois après avoir démarré des idées délirantes soudaines à l'encontre de son petit-fils. Elle pensait que celui-ci présentait des oedèmes aux jambes, une inflammation du cerveau, une profonde léthargie après qu'une mouche radioactive l'ait piquée ! Bien qu'elle pouvait lui parler au téléphone, elle était convaincue de sa mort. Plus précisément, elle pensait qu'il n'avait plus d'estomac ou d'organes internes, que ses yeux avaient été retirés pour être remplacés par des billes de verre, que son cerveau était mort et remplacé par une horloge et qu'il devenait de plus en plus obèse. Elle décrivit des hallucinations sous la forme de policiers venant lui rapporter les infractions de son petit-fils, mais aucun autre symptôme de premier rang de la schizophrénie n'était présent. Son humeur était dépressive, mais d'apparition postérieure aux idées délirantes. La vieille dame a gardé ses idées délirantes durant 5 ans, bien qu'en parallèle elle était elle-même convaincue de sa propre mortalité. Le second cas concerne également une femme avec un début tout aussi soudain. Cette personne âgée de 73 ans présentait une histoire de schizophrénie paranoïde depuis 40 ans avec une exaltation de l'humeur, de l'hyperactivité, un langage logorrhéique, de la distractibilité et des idées de grandeur. Un jour, elle se mit à penser que son amant, qui vivait sur le même palier qu'elle, avait développé une maladie ayant entrainé la disparition de ses jambes, que son coeur avait été remplacé par une machine et qu'il était sur le point de perdre son cerveau. Elle pensait qu'il pouvait lui envoyer des messages par la télévision et qu'elle pouvait lui répondre en arrangeant, d'une certaine manière, des bougies situées non loin de là. Elle alla jusqu'à penser qu'il était mort, mais revenu à la vie sous une forme grossière afin de loger sous son propre matelas... L'article: Odysseus syndrome: nihilism by proxy. Connelly PJ, Rodriguez-Castello C, Robertson LM. Comment in: Int J Geriatr Psychiatry. 2005 Jun;20(6):598

DominiqueC

DominiqueC

 

Le compte rendu en neuropsychologie

Le compte rendu est tour à tour, détesté, objet de toutes nos attentions, plagié par nos collègues médecins ou tout simplement ignoré ! c'est un bout de papier qui hante nos pensées lorsqu'il tarde à se rédiger... et pourtant, qui a été formé à sa rédaction ? Je viens d'ouvrir une nouvelle section dans notre librairie pour collecter les références susceptibles d'accompagner les collègues qui souhaitent réfléchir et peut-être faire évoluer leur pratique de la rédaction du rapport neuropsychologique. Il y a actuellement trois références, d'autres suivront par la suite : http://www.neuropsychologie.fr/index.php?/books/category/13-rapports-et-comptes-rendus/ Si vous avez des ressources utiles, n'hésitez pas à la partager en commentaire ! Dans cette optique, vous pourriez bien trouver quelques informations utiles sur le site http://neuropsychologytoolkit.com/ En premier lieu, les auteurs de ce site (qui dépasse le cadre du compte rendu, je vous laisse le soin de le visiter) ont mis en ligne une enquête sur le rapport en neuropsychologie, à l'attention des neuropsychologues, mais plus original peut-être, à l'attention également des médecins et des usagers. Le paradoxe du compte rendu prend tout son sens dans les quelques chiffres qui suivent. Pour un échantillon de 660 neuropsychologues américains, la majorité des collègues en pédiatrie passe entre 5 et 10 heures à la rédaction du compte rendu (environ 11 pages). Pour les collègues qui travaillent chez l'adulte, c'est entre 2 et 3 heures (environ 7 pages). Dans le champ de l'expertise, entre 10 et 20 heures (environ 13 pages). Malgré ce temps de travail particulièrement lourd, ils sont 84 % à penser que le demandeur du rapport ne lit pas ou seulement occasionnellement le rapport ! Le site partage différents formats de rapport qui pourraient inspirer votre propre réflexion : Template 1: Neuropsychological Report Template 2 : Neuropsychological Report Template 3: Pediatric Neuropsychological Report Template 4: Inverted Pyramid Style Report Template 5: Inpatient Report Template 6: Pediatric Neuropsychological Report Template Il résume également l'art du rapport en ces quelques précieux conseils : Résumez vos informations clés dans un style "pyramide inversée" : ordonnez vos informations des moins sensibles aux plus déterminantes pour terminer par celles-ci.
Soulignez vos points clés : vous connaissez vos données importantes, aidez le lecteur à retrouver ces informations rapidement. Vous pouvez utiliser des puces ou encore des MAJUSCULES ou vous pouvez plus simplement souligner ou mettre en gras le texte visé. Plus simple encore, vous pouvez commencer votre phrase par un "Ceci est important..."
Ecrivez pour les yeux : souligner et mettre en gras sont des indices visuels qui indiquent un certain niveau d'importance.Cela vous aide également à limiter la taille de vos paragraphes qui ne devraient pas excéder une ou deux lignes. Cela soulage la fatigue oculaire sur votre lecteur et l'invite dans le corps du texte plus facilement, contrairement aux longs paragraphes qui repoussent le lecteur.
Court et simple (KISS pour Keep It Short and Simple) : ne rajoutez pas les sources de vos références dans un long rapport décousu, vous faites perdre du temps aux lecteurs à commencer par vous ! Demandez vous si chacune de vos phrases est nécessaire et n'est pas redondante. Lisez chaque phrase à voix haute d'un seul trait. Si ce n'est pas possible, c'est qu'elle est trop longue ! Comme Polonius dit à Hamlet : "La brièveté est l'âme de l'esprit." Quelques exemples corrects et incorrects : "Maintenant» plutôt que «À l'heure actuelle"
"Rapidement" plutôt que "dans les meilleurs délais"
"Parce que» plutôt que «En raison du fait que"
"C'est pourquoi» plutôt que «Compte tenu des circonstances"
"Si» plutôt que «Dans l'éventualité où"
"A propos" plutôt que "en référence à"
"Parce que» plutôt que «Compte tenu du fait que"
[*]Choisissez des mots familiers et simples [*]Réduisez vos phrases avec un sujet, un verbe et un complet (les prépositions et autres adverbes tels que parfois, qui, quoi et ceci ne servent souvent à qu'à rendre vos phrases plus complexes.)

DominiqueC

DominiqueC

 

Encephalopathie traumatique chronique - certains sports en question

CNN a publié un article accompagné d'une vidéo sur les conséquences de traumatismes cérébraux répétés dans les sports de contact comme le rugby ou le football américain. Le site reprend l'histoire de Ted Johnson, ancien footballeur ayant subi plus de 100 commotions au cours de sa carrière. Ted souffre aujourd'hui de troubles cognitifs, de dépression et éprouve d'importantes difficultés sur le plan du sommeil. Pour S. Smith, l'auteur de cet article, ce type de commotion induirait des troubles sensoriels et, parfois, une perte de conscience, des manifestations ne laissant aucune trace sous IRM ou Scanner. Le centre pour l'étude de l'encéphalopathie traumatique (Boston University School of Medicine) vient de faire un bond en avant sur l'étude des conséquences de telles commotions cérébrales en accédant aux tissus cérébraux de joueurs de football professionnels décédés. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Selon les chercheurs de la CTE, les résultats seraient stupéfiants. Le plus jeune joueur décédé n'avait pas plus de 18 ans et présentait déjà d'importantes lésions cérébrales. Le cerveau de ces joueurs serait profondément affecté par les lésions, bien au delà des couches superficielles, se logeant dans les structures les plus profondes de l'encéphale. Le Dr. Ann McKee, du CTE, connait également bien la maladie d'Alzheimer. Pour elle, les lésions observées chez les joueurs de 30 et 40 ans seraient comparables à celles que l'on peut habituellement observer chez des patients de 80 ans atteints de maladie d'Alzheimer. L'encéphalopathie traumatique chronique pourrait être considérée comme une maladie progressive, conduisant à diverses manifestations somatiques et cognitives dont des difficultés à gérer ses émotions, des comportements aggressifs, une hypersexualité, des troubles mnésiques, de la dépression... Les chercheurs ont noté, dans ce sens, que de nombreux ex-athlètes de haut niveau étaient décédés de morts violentes (fusillade, suicide ou encore overdose). Pour le CTE, il s'agit là de données inquiétantes, clairement minimisées par les responsables de ligues de football professionnelles. Je ne peux que vous conseiller de regarder la vidéo, ne serait-ce que pour les coupes cérébrales : http://us.cnn.com/video/?/video/health/2009/01/28/am.gupta.athletes.brain.cnn Source: http://edition.cnn.c...html#cnnSTCText

DominiqueC

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Le signe de la bicyclette - utile dans la maladie de Parkinson ?

Le freezing de la marche est un symptôme fréquent chez les personnes atteintes de maladie de Parkinson. Elle impacte sérieusement les activités quotidiennes et ne répond pas bien aux traitements disponibles tels que la Lévodopa. Anke H. Snijders rapporte, depuis 2 ans, l'étonnante préservation, chez certaines personnes atteintes de Parkinson, de la capacité à faire du vélo. Étonnante tant on sait que la maladie affecte l'équilibre, les actes moteurs volontaires et la coordination motrice, autant de fonctions nécessaires à la pratique du vélo ! Un premier cas a été rapporté par Snijders en 2010 dans le New England Journal of Medicine. Ce patient de 58 ans présente un freezing de la marche important. La marche est quasi impossible chez lui avec nécessité d'aides pour placer un pied devant l'autre et incapacité à effectuer un demi-tour. Après quelques pas, le patient perd l'équilibre et réclame son fauteuil. La première partie de la vidéo montre à quel point la marche est difficile, mais beaucoup plus spectaculaire, la seconde partie montre ce même patient capable de rouler à vélo seul, sans aucune perte d'équilibre, maitrisant parfaitement le demi-tour. Le mécanisme sous-jacent à cette prouesse serait la kinésie paradoxale, un mouvement volontaire qui reste possible dans des cas d'émotion intense, à la faveur d’un stress, d’un obstacle (marche à franchir, enjambement,...) chez le parkinsonien. La préservation de cette capacité serait le plus souvent absente chez les patients atteints de parkinsonisme atypique (voir cet article en accès libre sur la MP et les formes atypiques), à tel point que des chercheurs parlent maintenant du "signe de la bicyclette" et proposent qu'il puisse être un signe supplémentaire dans le diagnostic différentiel typique/atypique (Aerts et al., 2011). Snijders continue de publier sur la question et propose que le cas particulier de cet homme de 58 ans ne soit pas vraiment l'exception. Son étude de 2012 porte sur 45 personnes atteintes de Parkinson. 25 présentent du freezing de la marche, mais 19 continuent de faire du vélo. Les 20 autres personnes ne présentent pas de freezing et 18 d'entre elles continuent également à faire du vélo. Ses conclusions sont les suivantes : le freezing n'impacterait pas manière équivalente tous les mouvements, le vélo serait une activité physique très intéressante pour les personnes atteintes de parkinson.
En cas de problème à la monte/descente du vélo, un tricycle pourrait être envisagé pour permettre le maintien de cette activité
Bien évidemment, les habitudes culturelles sont à prendre en considération. La Hollande est connue pour son utilisation massive du vélo. Qu'en serait-il en France ? References: Snijders AH, Bloem BR. Cycling for freezing of gait. N Engl J Med. 2010 Apr 1;362(13):e46. PubMed PMID: 20357278. Aerts,M.B.,et al. The "Bicycle Sign" for Atypical Parkinsonism. Lancet (2011) 377:125-126 Snijders, A. H., van Kesteren, M., & Bloem, B. R. (2012). Cycling is less affected than walking in freezers of gait. Journal of neurology, neurosurgery, and psychiatry, 83(5), 575–576. doi:10.1136/jnnp-2011-300375

DominiqueC

DominiqueC

 

Le 21 ème Prix de Neuropsychologie Jean-Louis Signoret attribué à Cathy Price

Le jury international, présidé par le Pr. Albert Galaburda (Harvard Medical School, Boston, USA), a décerné le 27 novembre 2012 le 21ème Prix de Neuropsychologie Jean-Louis Signoret de la Fondation Ipsen (20.000€) à Cathy Prize (University College London, London, UK). Elle a été récompensée pour ses travaux sur la compréhension du substrat neurologique de la lecture et de l’écriture. Au cours des 150 dernières années, les études sur des patients présentant des altérations neurologiques, et l’imagerie fonctionnelle de lecteurs sains avec des compétences de lecture nous ont permis de comprendre la base neurale de la lecture et de l’écriture. La première contribution majeure provient des travaux de Dejerine (1891, 1892) qui a identifié les sites de lésion provoquant deux types différents d’alexie : l’alexie avec agraphie concerne les patients présentant un déficit acquis à la fois de lecture (alexie) et d’écriture (agraphie). Elle est associée à des lésions du gyrus angulaire gauche, qui joue donc un rôle dans la mémoire de la forme visuelle des mots, nécessaire à la fois pour la lecture et pour l’écriture. Par contre, on pensait que l’alexie sans agraphie (associée à des lésions du lobe occipital gauche et du splénium du corps calleux) survenait après une déconnexion entre le traitement de la forme visuelle des mots dans le gyrus angulaire gauche et le traitement visuel dans le cortex occipital. La deuxième contribution majeure date des années 1970 où ces rapports ont concerné des patients alexiques, qui présentaient une difficulté sélective pour lire soit de nouveaux mots (par ex. SHAP), soit des mots familiers dont la prononciation ne correspondait pas à leur orthographe (par ex. YACHT). Ceci a conduit à des modèles cognitifs impliquant au moins deux voies différentes de lecture : une qui se rapporte à la reconnaissance des mots et/ou la sémantique et une qui s’appuie sur l’orthographe sous-lexicale pour la traduction des sons. La troisième contribution majeure s’est développée dans les années 1990 avec l’apparition des techniques de neuro-imagerie fonctionnelle. Les premières études avaient pour objectif d’identifier les régions anatomiques à l’origine des voies de lecture lexicale et sous-lexicale prédites par les modèles cognitifs de lecture. Contrairement à ce que l’on attendait, les résultats de neuro-imagerie ne correspondent pas immédiatement aux modèles cognitifs actuels, mais ils indiquent plutôt un système de lecture bien plus complexe, qui implique de nombreuses régions cérébrales et de nombreuses voies de traitement. Cathy Price a suivi une formation universitaire en physiologie et en psychologie. Lors de son doctorat, elle a étudié la neuropsychologie cognitive, en se concentrant sur l’évaluation comportementale de patients atteints d’agnosie et de dyslexie. Sa formation postdoctorale portait sur la tomographie par émission de positons et son application à l’anatomie fonctionnelle du langage. Depuis 1997, elle a été financée par le Wellcome Trust pour élaborer un modèle anatomique fonctionnel de langage qui explique les aptitudes linguistiques normales et fonctionnellement altérées. Son prochain objectif est de développer un outil clinique utilisant l’imagerie cérébrale structurelle pour prédire le rétablissement du discours et du langage après un accident vasculaire cérébral. Source : Communiqué de presse

DominiqueC

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La démence sémantique - une vidéo

Après la synthèse que nous vous avons proposé en juin 2007 (un article paru dans Psychologie & NeuroPsychiatrie du Vieillissement), voici une courte vidéo qui illustre certaines difficultés d'un patient atteint de cette maladie. Même si leurs noms n'apparaient pas, il s'agit de la même équipe à l'origine de l'article de synthèse sur la démence sémantique. Si je ne dis pas de bêtise, le neurologue présent sur cette vidéo est Serge Belliard, connu pour ces recherches dans cette pathologie. Pour une revue sur la question, rendez vous ici : http://www.john-libb...?type=text.html On peut regretter quelques imprecisions mais les documents filmés et francophones sont très rares et dans ce contexte, on ne pourra qu'être heureux de l'initiative !

DominiqueC

DominiqueC

 

Le signe du panda géant

Je suis sûr que ce titre ne vous laissera pas indifférent ! Que vient faire un panda géant sur les blogs de neuropsychologie.fr.... Je vous laisse le découvrir juste en dessous C'est le webmaster de MindHacks qui est à l'origine de cette information. Chez certains patients atteints de sclérose en plaques ou de maladie de Wilson, certaines coupes d'IRM montreraient des images très particulières, évoquant assez clairement... une tête de panda géant. L'image, ci-dessous, est celle d'une coupe cérébrale obtenue chez une patiente atteinte de sclérose en plaque et présentant des modifications des comportements sexuelles (neurology, 2002) Cette forme si particulière serait causée par des hypersignaux du tegmentum et des hyposignaux du colliculus supérieur. Cette autre image a été obtenue chez un patient atteint d'une maladie de Wilson : Une dernière référence : Teaching NeuroImages: Face of the giant panda and her cub MRI correlates of Wilson disease Neurology, 2009

DominiqueC

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Scanner ou IRM face à une plainte migraineuse ?

Un récent article paru dans Neurology International illustre la place que doit garder le scanner dans les examens d'imagerie de routine. Un jeune homme de 22 ans, employé dans le bâtiment, a pour antécédent des maux de tête chroniques. Il a grandi dans une ville de l'Est de la Turquie, est le 3e d'une fratrie de 8 enfants. Ses maux de tête ont démarré à l'âge de 5 ans. Durant son enfance, les douleurs s'exprimaient en postérieur et dans les régions préorbitales principalement lors d'efforts de concentration. Aucune hospitalisation n'a eu lieu à l'époque en lien avec la pauvreté de sa famille. A l'âge de 20 ans, la fréquence et l'intensité des maux de tête ont augmenté avec des crises tous les jours, durant plus de 4 heures. La zone la plus douloureuse était alors préorbitale. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens ont été prescrits, mais sans impact significatif sur les douleurs. 6 mois avant l'admission dans leur clinique, les médecins rapportent que les maux de tête avaient pris un caractère pulsatile, accompagnés de nausées et vomissements. A l'hospitalisation, le patient était dans un bon état général, conscient, alerte et coopérant. Il ne présentait aucune blessure, aucun signe évident de problème intellectuel, retard de croissance ou retard mental. L'examen neurologique était strictement normal. Une radio du crâne a été demandée et a révélé la présence de corps étrangers au niveau de la voute crânienne (vertex). Un scanner cérébral avec reconstruction en 3D a alors montré la présence de trois corps métalliques, deux sous la voute crânienne et un autre au niveau de la citerne ambiante. Le patient et ses proches ont déclaré ne pas savoir comment ses corps métalliques sont arrivés là. Les positions de ces derniers suggèrent, toutefois, une introduction par la fontanelle antérieure durant les premiers mois de développement. Une intervention chirurgicale a été écartée du fait des risques de complications pour le patient. Il est juste reparti avec une prescription d'antalgiques et une contradiction pour tout examen par IRM. La rouille générée par le métal pourrait déclencher une réaction biochimique à l'origine des maux de tête chez ce patient. Pour les médecins, la présence de ces aiguilles métalliques ne peut résulter que de deux causes : un accident (jeu avec un autre enfant un peu plus âgé voire seul s'il est resté sans surveillance) ou un infanticide raté, les deux situations ayant déjà été rapportées dans des publications. Pour l'équipe, la considération la plus importante reste l'utilisation des IRM en première instance face à des maux de tête persistants. Selon eux, une exploration graduelle doit être envisagée : une radio, un scanner et par la suite, une IRM si cela s'avère nécessaire. Dans le cas présent, une IRM aurait très certainement été fatale au patient ! En guise d'illustration, à la suite d'un accident, une autre équipe médicale a filmé les risques de laisser un corps métallique libre dans une pièce d'IRM : Source : http://www.ncbi.nlm....les/PMC3555220/ Un résumé sur la différence entre le scanner et l'IRM : http://www.sfrnet.or...0523-123727-031

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Les 5 mots de Dubois ne dépistent pas la maladie d'Alzheimer

Cette histoire est vécue, c'est celle d'une de mes consultations. Nous sommes nombreux à en avoir fait l'expérience mais cela ne coute rien de souligner de nouveau l'absurdité de la situation suivante: Une personne âgée vient me voir en consultation de la mémoire en m'expliquant qu'elle a fait un "test d'Alzheimer" qui serait positif. Elle est très inquiète. Je lui demande dans quel centre elle est allée et cette dame me répond simplement que c'est un test que son groupe de personnes âgées s'est diffusé après que l'une d'entre elles l'ait lu dans un quotidien régional... Bon point pour ma curiosité, elle a l'article sur elle! article que je vous propose en pièce jointe ci-dessous : Cliquez pour lire le document On y apprend donc que si une bonne partie de la population ne peut bénéficier d'un dépistage suffisamment précoce (ce qui est vrai), il existe une bonne alternative utilisée par les médecins : le test des 5 mots de Dubois. Des consignes approximatives sont données avec la liste des mots. Bien sûr, le plus grave n'est pas la diffusion au plus grand nombre d'une épreuve utile pour les neurologues... c'est la conclusion de l'article qui prétend qu'un échec à cette épreuve est synonyme de "forts risques" de maladie d'Alzheimer. Alors voilà, ce message se destine au grand public qui se pose des questions sur l'état de santé de leur mémoire : il n'existe aucun test isolé capable de terminer précisément le risque de développer une maladie d'Alzheimer. Les neuropsychologues utilisent de nombreux tests afin de croiser des données complexes à interpréter. Ces données n'ont de sens qu'à la lumière d'autres résultats, notamment médicaux : consultation neurologique, imagerie cérébrale, etc. Un échec à cette épreuve ne signifie rien en soi et il faut d'ailleurs souligner que si un échec n'est pas synonyme de maladie d'Alzheimer, une réussite ne garantit rien non plus sur votre état de santé ! Si vous avez l'impression d'oublier plus que d'ordinaire, le seul bon réflexe est d'en parler avec votre médecin, d'organiser avec lui une consultation de la mémoire dans un centre spécialisé. Ne cédez jamais aux vulgarisations scientifiques dont les journaux aiment faire leurs colonnes. La plupart du temps, les informations sont imprécises, voire erronées, et peuvent vous conduire à faire de mauvais choix par la suite. Remarque: bien sûr, cette patiente qui avait échoué au test de son quotidien ne souffrait absolument pas de maladie d'Alzheimer... Je lui ai fait promettre de rediscuter de tout cela avec son cercle d'amies !

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Comment faire face aux difficultés cognitives associées aux troubles mentaux

Stéphane Raffard et Alexandra Baillard viennent de traduire un document particulière riche et utile : Comment faire face aux difficultés cognitives associées aux troubles mentaux (Dealing with Cognitive Dysfunction associated with Psychiatric Disabilities - A handbook for families and friends of individuals with psychiatric disorders (Alice Medalia, Ph.D. & Nadine Revheim, Ph.D, 2002)) Ce livret a été pensé comme un guide à l'attention des parents et des proches de personnes souffrant de troubles psychiatriques Ci-dessous le sommaire du livret: Le livret est disponible en cliquant ici: Difficultes.cogntives.et.troubles.mentaux.pdf

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Perception bistable : l'epreuve du cube de Necker

Le cube de Necker est une illusion d'optique, datant de 1832 et que l'on doit au cristallographe suisse Louis Albert Necker. Le cube de Necker est un dessin ambigu, en perspective cavalière. Quand deux lignes se croisent, le dessin ne montre pas laquelle est devant et laquelle est derrière. Ceci rend le dessin ambigu ; il peut être interprété de deux manières différentes. Quand une personne observe le dessin, elle remarquera alternativement chacune des deux interprétations valides. Sa propriété la plus intéressante est donc une perception multistable. Il serait impossible, au système perceptif humain, de ne percevoir qu'une forme sur les deux possibilités qu'offre le cube de Necker. Vous pensez pouvoir faire autrement ? Cognitive Daily nous offre une vidéo très simple permettant de tester ce phénomène de perception bistable ! Selon Dave Munger, rédacteur du blog Cognitive Daily, même lorsqu'une personne tente de garder une perception stable, le switch s'effectuerait toutes les 15 secondes environ. L'effet clignotant rend plus difficile l'exercice mais même sur une figure fixe, il est impossible de garder une perception unique du cube. Quel type de processus est en jeu dans ce mécanisme ? certains défendent une approche bottom-up tandis que d'autres y voient un effet top-down. Mugner cite un article intéressant de Kornmeier, Hein & Michael Bach sur cette question : Kornmeier, J. et al., Multistable perception: When bottom-up and top-down coincide, Brain and Cognition, 2008 Au final, la question la plus importante reste peut être celle-ci : et vous ? vous tenez combien de temps avant de voir le cube changer ? PS : il parait que la méditation pourrait sérieusement aider ...n'y aurait il pas un membre "zen" parmi nous pour nous raconter ?? Source : http://scienceblogs.com/cognitivedaily/2008/11/seeing_illusions_in_two_differ.php

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Une publicité non mensongère

Lorsque la publicité dit (presque) tout, elle provoque deux effets : d'abord un intense fou rire... parce que je vois mal comment on peut ne pas en rire et ensuite un petit frisson de malaise, parce que ca fait peur tout de même. L'Abilify® (aripiprazole) est, selon Wikipédia, commercialisé comme le sixième, et le plus récent, des neuroleptiques antipsychotiques atypiques. Il est utilisé dans le traitement de la schizophrénie. Il est aussi utilisé dans le traitement de la manie aiguë et les épisodes mixtes associés aux troubles bipolaires. Ce que Wikipédia ne dit pas, c'est la société pharmaceutique elle même qui nous l'écrit ! C'est assez bluffant je trouve ! Pour information, l'Abilify est commercialisé au prix de 123,25€ par mois. La vidéo devient vraiment intéressante à partir de la 26eme seconde. Please read carefully the following : Liste détaillée ICI Source : The MacGuffin Blog

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Rechercher à tout prix....quand photoshop s'invite dans les laboratoires !

La course à la publication tendrait à rendre de plus en plus courant la falsification des données. Si ce travers est certainement présent tout au long de l'histoire de la science, il semble que le phénomène soit de plus en plus fréquent ! Rien que pour le Journal of Clinical Investigation et sur 300 à 350 articles publiés par an, environ 20 d’entre eux sont suspects d’arrangement de données et entre 5 et 10 suscitent suffisamment de doutes pour enclencher des recherches complémentaires ! L'Office of Research Integrityrapporte que 44% des cas de fraude en 2005-2006 ont impliqué des modifications d'images médicales contre seulement 6% pour la précédente décennie... L'ère du numérique est passée par là ! Le cas Kristin Roovers semble malheureusement illustrer cette tendance et c'est Trusted.MDqui en reprend les éléments. Cette jeune chercheur en post-doc, un brillant parcours derrière elle à l'Université de Pennsylvanie sur le thème du rôle de la croissance cellulaire dans le diabète a fait couler beaucoup d'encre ! C'est un article de 2005 qui a tout précipité alors même que le papier avait déjà été cité plusieurs fois. Melle Roovers a simplement justifié son acte en expliquant qu'elle n'était vraiment pas la seule à procéder ainsi dans le monde de la recherche...Actuellement, les périodiques s'équipent en software afin de traquer les modifications d'images et au moindre doute, l'original est réclamé. Surement moins risqué pour une carrière scientifique, il existe des "vrais" concours de "fausses" images comme ICI La première page contient des images plutôt réussies ! le reste perd vite de son intérêt mais bon.

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L’atrophie corticale postérieure

Ce mois-ci, la revue Psychologie & NeuroPsychiatrie du Vieillissement publie son numéro gratuit sur l'atrophie corticale postérieure (Didier Maillet, Christine Moroni et Catherine Belin). Résumé : L’atrophie corticale postérieure (ACP) s’inscrit dans le cadre des atrophies focales progressives. L’ACP, initialement décrite en 1902 par Pick, est une affection rare et peu connue. Elle est caractérisée par un tableau clinique spécifique composé de déficits de la perception visuelle qui peuvent porter soit sur les propriétés visuo-spatiales, soit sur les propriétés d’identité des objets perçus. Ce syndrome clinique se distingue aisément de la maladie d’Alzheimer, mais présente des déficits cognitifs communs avec la démence à corps de Lewy et la dégénérescence cortico-basale ce qui peut entraîner des difficultés de diagnostic différentiel. Cet article propose une synthèse des connaissances actuelles concernant l’ACP, illustrée par un cas clinique. Le lien vers l'article et le numéro en cours : http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/medecine/pnv/e-docs/00/04/4E/0B/article.phtml

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Equithérapie et maladie d'Alzheimer

La prise en charge des personnes âgées dépendantes atteintes de troubles cognitifs revêt des formes très variées. Dorothée Dumoulin nous fait part de son expérience de l'équithérapie dans ce cadre, une approche pour la moins peu conventionnelle avec cette population. Cette brève résonnera, sans aucun doute, de manière un peu particulière, car de nombreuses adhérentes de notre association sont également cavalières ! Pour les plus pressés, j'ai relevé les temps des différentes articulations de la présentation. Bonne découverte ! Présentation par ifequitherapie.fr : Dorothée Dumoulin, cadre-infirimière et équithérapeute libérale, présente le travail en équithérapie au bénéfice de personnes âgées dépendantes souffrant de la maladie d'Alzheimer, à l'occasion du colloque "Diversité de la médiation équine" du 19 avril 2013 à Paris. Dorothée Dumoulin exerce depuis 3 ans en libéral dans le 92 et le 78. Elle reçoit un public varié ; de l'enfant à l'adulte (soit de 3 ans à 100 ans), en prise en charge individuelle ou de groupe, pour des problématiques très variées. Juste avant d'être diplômée de la SFE, elle est sollicitée par une EHPAD pour une prise en charge d'un groupe de personnes âgées présentant des symptômes de la maladie d'Alzheimer. Son intervention porte sur cette prise en charge «expérimentale» et trop rarement proposée aux établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (Alzheimer ou non Alzheimer). Cette intervention se compose de trois parties : - Un rappel des notions en lien avec le vieillissement normal (au niveau cognitif, psychique et corporel) et avec la pathologie d'Alzheimer : notions essentielles qui doivent être intégrées pour une prise en soins de qualité en équithérapie, c'est à dire adaptée et dénuée de risque pour cette population particulière. - Une synthèse de l'histoire de la prise en charge avec un exemple concret de séance dont la thématique est l'alimentation du poney. - Un bilan de la prise en charge réalisée sur 2 ans et les axes d'amélioration à mettre en place dans le but de pérenniser l'expérience. 1'52: rappel sur le vieillissement normal 5'48 : rappel sur la maladie d'Alzheimer 9' : prise en charge des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer par l'équithérapie 12'37 : 4 axes retenus : mémorisation, sensorialité, relation/communication, émotions/plaisir 13'40 : déroulement standard d'une séance Travail avec deux poneys shetland : l'un très calme et l'autre beaucoup plus interactif 18'35 : Exemple autour du pansage 19'41 : exemple autour de l'alimentation du poney 21'40 : bilan du projet Le site de l'Institut de Formation en Equithérapie : http://www.ifequitherapie.fr/

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La Wii - outil d'ergotherapie ?

Nintendo a déjà fait couler beaucoup d'encre sur ce site, notamment à cause des méthodes d'entrainement cérébral. Et si certains professionnels pouvaient tout de même tirer profit de la technologie "WII" ? Le Glenrose Rehabilitation Hospital est connu pour utiliser la console depuis maintenant plus de 2 ans dans le cadre de ses activités de rééducation. J'ai trouvé, sur Youtube, une vidéo plutôt intéressante illustrant les possibilités offertes aux ergothérapeutes dans leurs pratiques. Ca apparait plutôt convainquant dans ce contexte bien précis :

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Lie to Me nuit à votre capacité à détecter la vérité

Est-ce que regarder Lie to me, série américaine à succès, vous rend meilleur dans la détection des mensonges ? C'est ce que Timothy R. Levine s'est demandé en publiant un article dans la revue Communication Research ! Pour ceux qui n'ont pas de téléviseur chez eux: Le Dr Cal Lightman est un scientifique spécialisé dans la détection du mensonge. Qui que vous soyez, il sait si vous dites ou non la vérité... Véritable détecteur de mensonges fait homme, il sait décrypter sur un visage, dans une attitude ou au son d'une voix, la fausseté et le secret. Cette extraordinaire aptitude l'aide tout particulièrement dans les enquêtes criminelles qu'il résout au sein de son agence de détectives privés. style="margin: 4px 10px 6px 4px; box-shadow: 1px 1px 10px #555">Ceci étant dit, la série se base sur certains travaux du psychologue Paul Ekman, pionnier dans l'étude des émotions et à l'origine de modélisation de détection des émotions comme les FACS ou Facial Action Coding System. Des micro expressions seraient générées pour chaque émotion et le Dr Cal les utiliseraient pour déterminer qui ment et qui dit la vérité. Aucune étude sérieuse n'a toutefois validé ce lien entre mensonge et micro expression. Lie to Me propage donc deux contre-vérités: -il existerait des prémices motrices au mensonge et une personne bien entrainée pourrait les détecter. Toutes les études montrent exactement le contraire ! -la série suggère également que certaines personnes auraient naturellement de bonnes capacités de détection du mensonge, ce qui n'a pas non plus été démontré. Levine s'est donc demandé à quel point la série pourrait influencer la capacité à détecter le mensonge chez les personnes qui la regardent. Trois groupes ont été constitués : un qui regardait Lie to Me, un autre qui regardait Numb3rs, une autre série où un génie des mathématiques résout des énigmes grâce à son talent et un dernier groupe qui ne regardait aucune série. Les participants devaient, ensuite, visionner 12 entretiens de personnes qui avaient peut-être triché à un jeu. Il leur était demandé de mesurer le taux de véracité des propos visionnés en sachant que les menteurs représentaient 50% du groupe. En temps normal, face à une tâche de ce type (avec une stricte égalité de véracité et de mensonge), nous avons tous tendance à surestimer la proportion de véracité par rapport au mensonge. Dans cette étude, les participants Lie to Me ne manifestent pas cette tendance pourtant forte. Ils étaient plus sceptiques et moins bons pour détecter la vérité parmi les entretiens visionnés ! En résumé, non seulement la série propage des conceptions erronées à propos de la détection des mensonges, mais en plus, elle influence négativement les fans de la série qui s'avèrent moins bons, par la suite, pour détecter le mensonge. Qui osera dire qu'il/elle regarde Lie to Me ?? Levine, T. R., Serota, K. B., & Shulman, H. C. (2010). The impact of Lie to Me on viewers' actual ability to detect deception. Communication Research, 37, 847-856. http://mindhacks.com/2011/10/07/entertainingly-mislead-me/

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Métier d'avenir : neuropsy ? L'ABPN réagit !

Le site references.be a mis en ligne un étrange article intitulé « Métier d’avenir : neuropsy », rédigé par Céline Préaux. Si l’on peut toujours se réjouir de la présence de notre discipline dans des revues accessibles au grand public, l’article en question m’avait laissé un sentiment très mitigé, trop d’ailleurs pour en faire l’écho ici ou sur nos pages sociales. Je suis donc heureux de voir que nos collègues belges ont pris officiellement position par rapport au texte en apportant un éclairage que vous invite à lire et à diffuser ! Ce que dit l’ABPN à propos du rôle fondamental du psychologue spécialisé en neuropsychologie Et à propos de la principale difficulté que rencontrent ces mêmes psychologues Je cautionne tout ! Merci à l’Association Belge de Psychologues Neuropsychologues d’avoir remis les points sur les i et d’avoir assumé, en tant que collectif, cette position ! Le site et la réaction de l’ABPN : http://abpn.be/?p=512

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Salaire des neuropsy américains...

..et non canadien.Est-ce que je l''ai spécifié ? En 2004, le salaire annuel moyen (années d'expérience confondues) était de 109 800 USD (donc 75 900 euros) avec un écart-type de 64 700 (44 740 euros)! Je porte votre attention sur les neuropsy avec plus d'expérience, dont certains (pratiquant surtout en privé) peuvent gagner tout près d'un demi million USD! Sweet, Jerry J., Nelson, Nathaniel W. & Moberg, Paul J. (2006). The TCN/AACN 2005 "Salary Survey": Professional Practices, Beliefs, and Incomes of U.S. Neuropsychologists. The Clinical Neuropsychologist, 20 (3), 325-364.

Steve

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L'institut américain de la santé mentale abandonne le DSM-5

Le 29 avril dernier, le National Institute of Mental Health (le plus important institut de recherche sur la santé mentale au monde) a annoncé qu'il n'utiliserait plus le DSM et sa prochaine révision. Inutile de vous dire que l'annonce a eu l'effet d'une bombe dans les médias et les réseaux intéressés ! Le NIMH s'est appuyé sur le DSM depuis plus de 60 ans avec sa première version éditée en 1952. Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux est confronté, depuis plusieurs années déjà, a d'importantes controverses : trop de liens entre les experts et l'univers pharmaceutique en quête de nouveaux marchés, médicalisation de plaintes ne relevant pas de pathologies avérées, critères diagnostics élargissant les frontières du pathologique de manière injustifiée, etc. Thomas Insel, président du NIMH, ne mache pas ses mots puisqu'il annonce vouloir passer du diagnostic par le symptôme (vision du DSM) au diagnostic par la science... «Contrairement à nos définitions de l'Infarctus du myocarde, du lymphome ou du SIDA, les diagnostics du DSM sont basés sur un consensus d'ensembles de symptômes et non sur des analyses médicales objectives» selon Insel qui poursuit : «Dans le reste du monde médical, cela reviendrait à créer un système diagnostic basé sur la nature de la douleur de poitrine ou la qualité de la fièvre.» Le NIMH souhaite donc passer à un modèle biologique basé sur l'idée que les troubles mentaux sont des problèmes biologiques impliquant des circuits neuronaux à l'origine de configurations particulières de la cognition, des émotions et des comportements. Le DSM ne permet pas d'avancer dans cette direction, raison pour laquelle le NIMH travaille depuis 18 mois déjà sur son propre manuel. Il intégrera des éléments génétiques, d'imageries médicales et des sciences cognitives pour un diagnostic plus objectif. Le monde médical semble prêt à emboiter le pas mais Insel prévient qu'il faudra au moins une dizaine d'années avant d'aboutir à un outil suffisamment fiable. En attendant, les psychiatres ont fait savoir qu'ils continueraient d'utiliser le DSM. Le débat devrait devenir beaucoup plus visible dans les jours qui viennent puisque le DSM-5 sera officiellement accueilli lors du meeting annuel de l'American Psychiatric Association à San Francisco du 18 au 23 mai. Source : http://www.nimh.nih.gov/about/director/2013/transforming-diagnosis.shtml

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