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    Troubles mnésiques spécifiques et intoxication au plomb

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    Une altération des capacités visuo motrices est couramment retrouvée chez les individus exposés à long terme au plomb. Concernant les autres fonctions cognitives, une enquête de la World Health Organisation a souligné les difficultés méthodologiques liées à l’évaluation mnésique dans ce contexte.

    Pour autant, certains auteurs ont montré un tel déficit, en mémoire de travail mais également sur la composante du rappel différé en mémoire épisodique verbale (Stollery et al., 1989). Cette altération pourrait être fonction du niveau d’intoxication cumulé.

    A partir de ce constat, Bleecker et ses collègues ont postulé que l’exposition au plomb affecterait différemment les diverses composantes de la mémoire verbale et que certaines composantes seraient spécifiquement altérées.

    254 participants ayant une activité nécessitant une exposition au plomb ont été recrutés (Age : 40.8 ans +/- 9.41 ; NSC : 10.6 +/- 2.95). La durée moyenne d’exposition était de 17.1 années (+/- 8.08). Le taux de plomb dans le sang a été contrôlé (au moment de l’évaluation mnésique PbB, de manière totale par rapport à la durée d’exposition IBL et en quantité moyenne sur l’ensemble de la période de travail TWA).

    Sur le plan neuropsychologique, le Rey Auditory Verbal Learning Test a été utilisé. Les auteurs ont considéré que l’essai 1 représentait la mémoire de travail et l’attention, l’essai 5 étant une mesure des capacités d’apprentissage. Le rappel différé représentait les capacités de stockage et de récupération et la reconnaissance mesurait exclusivement le stockage.

    A partir des scores de reconnaissance et de l’essai 5, Bleecker a divisé les participants en 3 groupes :

    Niveau 1 : mémoire normale avec de bonnes capacités d’apprentissage et de stockage.

    Niveau 2 : mémoire altérée avec de mauvaises capacités de récupération mais un stockage normal

    Niveau 3 : altération des capacités de récupération et de stockage étayant un déficit global de la mémoire verbale.

    Concernant les résultats

    La quantité moyenne de plomb reçue au cours de la période de travail (TWA) était significativement corrélée avec l’essai 5 et le rappel différé. De même, la quantité totale de plomb estimée était corrélée avec le rappel différé et la reconnaissance. Ces relations étaient toujours vraies après avoir contrôlé l’âge et le niveau socio culturel des patients.

    Après avoir scinder le groupe en 3 niveaux (1, 2 et 3), aucun d’entre eux n’a montré de différence sur le taux de plomb relevé au moment de l’évaluation mnésique PbB. Les mesures TWA et IBL n’étaient pas différentes entre les niveaux 1 et 2 mais se sont montrées significativement plus élevées pour le groupe 3 comparativement au groupe 1.

    La différence entre les groupes de niveau, sur le plan mnésique, n’a pas pu être expliquée par le taux d’oubli. En analysant les erreurs produites, le groupe 1 a produit plus de répétition, ce qui est interprété par les auteurs comme un effort important de recherche active. Les confabulations et les intrusions ont été plus nombreuses pour le groupe 3 lors de la phase de reconnaissance et de rappel différé.

    Conclusion

    Les auteurs concluent donc que l’exposition au plomb n’influence pas la mémoire de travail ou l’apprentissage en soi. Par contre, des difficultés de stockage et de récupération étaient significativement corrélées avec une exposition chronique au plomb.

    Un effet de l’exposition chronique au plomb a été retrouvé : le groupe 1, sans déficit, avait un taux de plomb moins élevé que le groupe 2, ce dernier avait un taux moins important que le groupe 3, très pénalisé sur le plan mnésique.

    Les mauvaises performances du groupe 3 ont été reliées aux performances que l’on peut observer chez les individus ayant des difficultés frontales avec un rappel libre déficitaire et une meilleure reconnaissance.

    Tandis que le taux de plomb au moment de l’évaluation n’a pas été corrélé avec les performances, le taux chronique a provoqué des performances moindres au niveau du stockage et de la récupération en mémoire verbale sur l’épreuve RAVLT. Ceci suggère que l’exposition chronique pourrait altérer de manière différenciée les capacités d’encodage, de stockage et de récupération en mémoire verbale.

    Les auteurs concluent que ce n’est pas le taux actuel de plomb qui devrait être considéré mais la chronicité durant laquelle la personne a été exposée.

    Source: Differential effects of lead exposure on components of verbal memory, M L Bleecker, D P Ford, K N Lindgren, V M Hoese, K S Walsh and C G Vaughan, Occup. Environ. Med. 2005;62;181-187

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