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    Vulnérabilité accrue face au stress pour les porteurs de l'APOE-4 ?



    Deux grandes études ayant porté sur des paires de jumeaux âgés ont déjà montré l’importance des facteurs génétiques et environnementaux dans le développement de la maladie d’Alzheimer (Gatz et al., 2006 et Swan et al., 1999 ). D’importants niveaux de stress pourraient contribuer au déclin mnésique chez les personnes à risque de développer une maladie d’Alzheimer. L’allèle ε4 de l’APOE est connu pour contribuer aux risques de troubles mnésiques associés à la maladie d’Alzheimer (voir une récente méta analyse portant sur 38 recherches de Small et al., 2004 ). La relation entre le déclin mnésique et la présence de l’APOE4 est également compatible avec les études en neuroimagerie qui retrouvent une association entre le génotype à risque et l’atrophie hippocampique . De manière similaire, d’importants niveaux de cortisol associés à un stress significatif altèrent également le fonctionnement mnésique en provoquant des troubles de l’apprentissage et une atrophie hippocampique. Enfin, l’APOE-ε4 pourrait influencer certains composants de l’axe hypothalamohypophysosurrénalien comme le suggère Peskind et al. (2001) qui a montré que la concentration de cortisol dans le liquide céphalo-rachidien était plus élevée chez les personnes âgées non démentes qui possédaient au moins un allèle ε4 et que les niveaux élevés de cortisol étaient associés à de moins bonnes performances sur des tests globaux de la cognition

    Malgré tout, l’interaction entre le génotype à risque et le stress chronique est pourtant mal connue. Une seule étude de Gallagher-Thompson et al. (2001 ) s’est intéressée à la relation entre le stress et l’APOE chez un groupe d’aidants féminins de patients MA. Un niveau élevé de stress rapporté était associé à une augmentation d’épisodes dépressifs seulement chez les aidants APOE-ε4 positif.

    Guerry M Peavy (Neuropsychologue) et ses collaborateurs ont décidé d’explorer cette interaction au travers d’une nouvelle étude qui vient de paraitre dans le numéro de septembre de Biological Psychiatry .

    Les chercheurs ont précisé le génotype et le niveau de stress chronique (grâce à la LEDS ou Life Events and Difficulties Schedule, un outil considéré comme gold standard dans ce domaine) chez 91 personnes âgées. La moyenne d’âge était de 78.8 ans. Le groupe était constitué de 60% de femmes et sur le plan neuropsychologique, le score moyen à la DRS était de 136.9 (+/-5).

    Les participants ayant un faible niveau de stress ou sans la variante à risque de l'APOE ont obtenu de meilleurs performances mnésiques comparativement aux participants avec un niveau de stress élevé ou ayant le génotype à risque. Les participants ayant le génotype à risque et un niveau de stress élevé ont obtenu les plus mauvaises performances mnésiques.

    Pour Peavy, le résultat le plus intéressant de l’étude fut l’interaction qu’ils ont objectivé entre le profil génétique et l’existence d’un stress chronique. Pour certains aspects de la mémoire (rappel immédiat et différé du test de mémoire logique de la WMS-R et production de faux positifs dans la reconnaissance différée de la CVLT ), l’existence d’un stress chronique ne s’est révélée délétère que chez les individus porteurs de l’allèle APOE-4.

    Pour John H. Krystal , (M.D), éditeur du périodique Biological Psychiatry, les résultats de Peavy suggèrent que des facteurs environnementaux, comme le stress chronique, pourraient interagir avec le génotype à risque en favorisant le déclin mnésique. Ces données soulèvent l’idée qu’il serait possible que des interventions psychosociales et pharmaceutiques pourraient améliorer l’efficacité des traitements disponibles pour préserver le fonctionnement mnésique chez la personne âgée.

    La présence d’un stress chronique seul peut affecter la mémoire tout autant que la présence d’au moins un allèle APOE4. Les résultats montrent également qu’il semblerait exister une plus grande vulnérabilité des fonctions cognitives chez les porteurs d’au moins un allèle APOE4 soumis à un stress chronique.

    Le Dr Peavy conclue sur le fait que la présence du génotype à risque comme l’existence d’un stress chronique sont évaluables à tout moment, ce qui pourrait représenter un avantage important dans l’identification des personnes âgées à risque de démence. Des interventions adaptées pour prévenir l’impact nocif d’événements stressants pourraient prévenir ou ralentir le déclin cognitif des personnes génétiquement à risque.

    Source: The Effects of Prolonged Stress and APOE Genotype on Memory and Cortisol in Older Adults. G.M. Peavy et al. BIOL PSYCHIATRY 2007;62:472–478

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