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    Les effets cognitifs de l'éléctro-convulso-thérapie

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    L’éléctroconvulsothérapie est considérée comme le plus efficace des traitements antidépresseurs.

    Il existe toutefois des critiques portant notamment sur les effets indésirables et à long terme de ce traitement, en particulier une amnésie profonde et durable, rétrograde. A l’opposé, certains auteurs ont clamé qu’il n’existait pas d’effet au-delà du court terme dans cette technique thérapeutique.

    La plupart des patients après une ECT manifeste des difficultés de rétention antérograde et rétrograde. La moitié des praticiens n’ajustent pas le voltage en fonction du patient et la majorité d’entre eux continuent d’appliquer l’ECT de manière bilatérale alors qu’elle majore les troubles substantiellement.

    Compte tenu des polémiques qui persistent autour de cette technique thérapeutique, Harold A. Sackeim et ses collaborateurs ont donc réalisé cette étude prospective afin de caractériser au mieux les profils cognitifs des patients ECT avant le traitement, immédiatement après traitement puis 6 mois plus tard. Ils ont également étudié les relations entre les techniques utilisées et leurs conséquences cognitives.

    L’étude a été realisée dans 7 hôpitaux new-yorkais avec des patients ayant pour indication thérapeutique l’ECT dans un cadre de trouble dépressif. Sur une période de 26 mois, 751 patients ont été recrutés. Aucun d’entre eux n’avait reçu d’ECT dans les deux mois avant l’étude et le MMS minimum était fixé à 15.

    Concernant les outils d’évaluation, la dépression fut évaluée à l’aide de la HDRS (Hamilton Rating Scale for Depression). Le niveau d’intelligence prémorbide fut évalué à l’aide du National Reading Test. Une batterie neuropsychologique fut utilisée avant la mise en place de la thérapie, quelques jours après la thérapie puis 6 mois plus tard.

    L’âge moyen de la population étudiée était de 56.7 (17.6) ans, le niveau d’éducation de 13.9 ans (3.2), le QI moyen de 103.0 (12.1) et la HDRS était cotée à 31.3 (11.7).

    Concernant les résultats, comparativement à la baseline pré-ECT, le groupe a montré des déficits sur les tests suivants :

    -MMS

    -SRT (Simple Reaction Time)

    -CPT (Continuous Performance Test)

    -phase d’apprentissage de la BSRT (Buschke Selective Reminding Test)

    -rappel différé de la BSRT

    -reproduction différée du CFT (Complex figure test)

    -AMI-SF(Autobiographical Memory Interview-Short Form)

    Les déficits ont été plus marqués pour les évaluations mesurant la mémoire autobiographique (AMI SF), la rétention de nouvelles informations (BSRT et CFT), l’efficience cognitive globale (MMS) et le temps de réaction simple (SRT). Comparativement à la baseline pré-ECT, toutes les mesures ont été meilleures à 6 mois à l’exception des temps de réaction (SRT, CRT et Stroop RT). En outre, les scores pour la mémoire autobiographique sont restés inférieurs à leur niveau de baseline.

    La forme du courant a montré un impact sur 4 des 11 performances cognitives (MMS, SRT, CRT, Stroop RT et CPT). Dans tous les cas, les performances étaient moins bonnes lors de l’utilisation d’une ECT de forme sinusoïdal comparativement à une impulsion brève. De même, le positionnement a également montré un impact avec une majoration des déficits sur 5 des 11 mesures pour une électrode bilatérale versus unilatérale droite (Stroop RT, Stroop effect, CFT copy, BSRT delay, AMI-SF). Enfin, il a été montré un effet significatif du nombre d’ECT sur la performance en mémoire autobiographique.

    12.4% ont continué à présenter une amnésie rétrograde profonde. Le nombre de traitements par ECT bilatérale s’est révélée être la seule variable prédictive pour ce risque. Deux caractéristiques, l’âge et le QI, ont été fréquemment et fortement associés avec les performances post-ECT. Les patients les plus âges ainsi que ceux ayant un QI bas ont présenté des troubles plus sévères

    . Globalement, la sévérité de la dépression n’était pas corrélée avec les scores post ECT.

    Cette étude est la première du genre dans son envergure et sa méthodologie.

    Les auteurs retiennent plusieurs choses :

    -l’application d’une forme sinusoïdale n’est plus justifiée dans la pratique de l’ECT. Elle s’est montrée délétère sur le long terme pour des aspects élémentaires sur le plan moteur et dans le traitement de l’information.

    -l’utilisation d’électrodes bilatérales a provoqué de plus larges et de plus sévères déficits cognitifs comparativement à l’utilisation d’une électrode droite, en particulier par rapport à l’amnésie antérograde. A 6 mois, l’effet est lié au nombre de traitements effectués.

    -l’âge et le QI prémorbide ont montré une forte association avec la gravité des troubles observés après traitement par ECT. Ceci suggère que les individus avec un niveau plus important pourraient compenser de manière plus efficace les effets délétères des ECT.

    -l’amnésie rétrograde persiste sur le long terme.

    Source: The Cognitive Effects of Electroconvulsive Therapy in Community Settings

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