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    Imageries de l'hippocampe dans la dépression



    Dans de précédentes études, la HDBM a déjà été utilisée afin de caractériser les structures hippocampiques chez des patients schizophrènes et des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Les résultats obtenus par cette technique se sont montrés très proches des estimations réalisées par des experts humains à partir de données d'imagerie. La forme des hippocampes associée au volume (non le volume seul) a permis de discriminer des patients Alzheimer, des sujets contrôles du même âge et des sujets jeunes.

    Les auteurs ont donc utilisé cette technique afin de caractériser les hippocampes chez sujets dépressifs comparativement à des sujets sains.

    Méthode :

    Les patients et les sujets contrôles ont été recrutés par publicité. Chaque sujet a eu un entretien psychiatrique avec un psychiatre ainsi qu'un entretien clinique structuré par le DSM-IV .. Les antécédents médicaux ont été relevés et un examen physique a été mené par un médecin. L'échelle d'évaluation de dépression d'Hamilton version 21 items et la Clinical Global Impression (CGI) ont été également administrées aux patients dépressifs.

    Aucun sujet ne présentait d'antécédent neurologique, de retard mental, de traumatisme crânien, de diabète, ou de troubles cardiovasculaires, y compris l'hypertension. Les patients dépressifs devaient également répondre positivement au diagnostic du DSM-IV de trouble dépressif majeur unipolaire de sévérité modérée, un score au moins de 21 sur l'échelle de dépression d'Hamilton et un score d'au moins 7 sur 8 à l'échelle de Thase et col. Aucune thérapie éléctroconvulsive dans les 6 derniers mois et aucune consommation excessive de drogue ou d'alcool durant les 3 derniers mois. Les groupes dépressifs et contrôles ont été équilibrés sur le sexe et l'âge.

    Résultats :

    Les patients dépressifs ont obtenu un score moyen de 27.3 (SD=5.2) à l'échelle d'Hamilton, 8.4 (SD=2.4) à l'échelle endogénomorphique et 4.3 (SD=0.7) à la CGI, suggérant des dépressions modérément sévères. La durée moyenne de la dépression a été évaluée à 59.4 mois (SD=115.1) avec une médiane de seulement 10.0 mois. Le nombre de dépressions précédentes était de 0.8 (SD=1.2) et le temps total passé en état dépressif était de 98.8 mois (SD=143.4). 14 patients étaient actuellement sous traitement, 13 autres non.

    Les patients et les contrôles n'ont pas différé significativement sur le volume des hippocampes droits et gauches. Le volume cérébral total était également similaire entre les deux groupes.

    Les auteurs ont trouvé d'importantes différences significatives entre les patients dépressifs et leurs contrôles sur la forme des hippocampes (divisées en 10 parties).

    Le champs CA1 est une grande région qui part de la tête hippocampique en passant par les bords latéraux et postérieurs du corps et de la queue. Cette région s'est montrée relativement exempte de déformation. Le subiculum est une plus petite région dans la partie médiane de la tête et du corps de l'hippocampe. La meilleure vue se situe au niveau inférieur parce que le subiculum est partiellement couvert par le gyrus denté et champs CA3 et CA4. La plus grande partie de cette région montre une importante déformation chez les patients dépressifs. Il est important de noter que le subiculum inclut le parasubiculum et le présubiculum. Ces régions sont positionnées sur la partie médiane du subiculum, où la déformation est moindre et où les connections sont considérables et différencient bien ces régions du reste du subiculum proprement dit. Il est probable qu'elles soient affectées différemment dans le trouble dépressif principal.

    Chez le groupe de patients dépressifs, les auteurs ont calculés les corrélations entre le score à l'échelle d'Hamilton, à l'échelle de Thale, au score à la CGI, à la durée de l'épisode dépressif actuel, du nombre d'épisodes dépressifs survenus et du nombre total de mois passés dans un état dépressif avec les volumes hippocampiques droits et gauches ainsi que le volume cérébral total.

    Sur ces corrélations, le seul effet significatif fut une corrélation négative entre le nombre d'épisodes dépressifs et le volume cérébral total.

    Aucune différence n'a été observée chez les patients ayant suivi ou non un traitement pharmacologique.

    Discussion :

    Dans cette étude, les patients présentant un trouble dépressif majeur n'ont pas différé des sujets contrôle en bonne santé sur le volume hippocampique mais ont différé nettement sur la forme de cette structure cérébrale. Les variables de la forme hippocampique n'ont pas été associées à d'autres variables cliniques, bien qu'il y ait une corrélation négative entre le nombre d'épisodes dépressifs et le volume total du cerveau. Les résultats de cette étude diffèrent des résultats des précédentes études qui ont montré un volume hippocampique sensiblement plus petit chez les patients dépressifs comparativement aux sujets contrôles.

    Cependant, dans plusieurs autres études, le volume spécifique de l'hippocampe a été mesuré et n'a montré aucune différence entre les patients et les sujets contrôles. Les différences dans les résultats de ces études peuvent provenir de différentes populations de patients dépressifs.

    Toutes les études qui ont montré un plus petit volume hippocampique ont fait participer des patients ayant une dépression récurrente ou pharmacorésistante.

    La corrélation négative entre le nombre d'épisodes dépressifs et le volume total cérébral soutient une certaine similitude avec les résultats obtenus par Sheline et al.(1999).Sheline et al. n'ont pas rapporté de corrélation entre la durée de la dépression et le volume total du cerveau. Ensemble, les données suggèrent que des dépressions à répétition pourraient être associées à de profondes modifications cérébrales de sorte que les patients qui ont éprouvé des épisodes multiples montreraient des réductions globales de volume, alors que les patients ayant eu relativement peu d'épisodes dépressifs majeurs pourraient ne pas montrer de modification volumétrique perceptible.

    Cette étude suggère que l'anomalie de forme chez les patients correspond en partie à la déformation de la surface hippocampique recouvrant le subiculum.

    Une anomalie structurale du subiculum pourrait avoir des implications pour la pathophysiologie de la dépression. Le subiculum reçoit des entrées du champs CA1 et d'autres sous-champs hippocampiques et se trouve à l'origine de voies sortantes, y compris des projections vers le cortex, le thalamus, l'hypothalamus, et le striatum préfrontal ventromédian.

    Il existe également d'importantes liaisons avec d'autres structures limbiques, telles que l'amygdale et le cortex entorhinal. Une anomalie dans le subiculum pourrait avoir des effets dans tous ces circuits.

    Des études d'imagerie fonctionnelle ont suggéré que la dépression impliquerait un dysfonctionnement de l'amygdale, du thalamus médian, du cortex préfrontal ventromédian, et des autres structures connexes au subiculum.

    Source:Am J Psychiatry 2003; 160:83-89

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