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    Cortex cingulaire et contrôle emotionnel



    La vie quotidienne exige que les gens s'adaptent aux émotions distractives, du joueur de basket qui doit réaliser un lancé crucial parmi une foule de supporters, jusqu'au vendeur sous pression devant assener un argument décisif à un client. Des chercheurs ont découvert que le cerveau peut empêcher les émotions d'interférer avec le fonctionnement mental en utilisant un secteur de traitement « spécifique » du cortex empêchant l'activité de la région du traitement des émotions.

    Les résultats ouvrent également une nouvelle perspective pour comprendre pourquoi les victimes d'un stress post traumatique (PTSD) ou d'une dépression ne peuvent pas contrôler l'intrusion d'émotions dans leurs pensées, soulignent les auteurs, Amit Etkin et Joy Hirsch, qui ont rapporté la découverte. Ils ont publié leurs résultats le 21 septembre 2006, dans Neuron.

    Cette étude s'est basée sur des résultats précédents suggérant qu'une partie spécifique du cerveau appelée le cortex antérieur cingulaire (ACC), une région qui pourrait abriter le système de contrôle « exécutif » des processus neuronaux, serait reliée à l'amygdale. L'amygdale est le centre principal du cerveau pour le traitement des processus émotionnels.

    Le défi expérimental pour Etkin, Hirsch était de déterminer si cette région du cortex cingulaire antérieur était responsable d'un simple « monitoring » du conflit entre le traitement cognitif et émotionnel ou d'un traitement actif afin de « résoudre » ce conflit.

    Pour distinguer les deux processus, Etkin et ses collègues ont conçu des expériences dans lesquelles des sujets volontaires ont été invités à indiquer en appuyant sur un bouton si une image de visage était heureuse ou craintive. Les sujets ont été chargés d'ignorer les inscriptions « craintif » ou « heureux » disposées sur chaque visage.

    Ces étiquettes pouvaient être « congruentes » (par exemple, visage heureux, mot heureux) ou « incongruentes » (visage heureux, mot « craintif »). Les combinaisons incongruentes ont constitué un conflit de réponse entre les stimuli émotionnels et cognitifs. Les chercheurs ont constaté que les sujets pouvaient « résoudre » ce conflit plus aisément si une image incongruente était précédée par une autre image incongruente. Cette méthode représentait une forme d'anticipation sur la base de la première image afin de résoudre le conflit représenté par la deuxième image

    Les chercheurs ont utilisé une technique d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (fMRI).

    Etkin, Hirsch, et leurs collègues ont constaté que les stimuli émotionnels ont activé l'amygdale comme prévu. Ils ont également constaté qu'une fois présentée avec des images « non congruentes », cette activité a été neutralisée par l'activation spécifique de « la partie rostral de l'ACC » de telle sorte que les résultats indiquent que cette région exercerait un contrôle inhibiteur de l'amygdale.

    « Nos expérimentations sur les sujets sains ont été effectuées afin de comprendre quel rôle la partie rostrale du cortex cingulaire joue normalement dans le conflit émotionnel non pathologique » soulignent les auteurs. « Mais les données nous permettent également de mieux comprendre une variété de troubles psychiatriques dans lesquels les patients expérimentent une interférence émotionnelle exagérée ». Les auteurs ont souligné le fait que les patients avec un stress post traumatique, tout autant que ceux atteints de dépression, présentent une activité moins importante dans la région rostrale du cortex cingulaire lors d'un traitement émotionnel. « En effet, une faible activité dans cette portion du cortex cingulaire avant un traitement peut réellement prédire une faible réponse à la thérapie par antidépresseur » écrivent ils.

    « Pris ensemble, ces résultats suggèrent que l'augmentation de l'activité amygdalienne et de l'interférence pourraient être une conséquence de l'inhibition déficiente de l'amygdale par la région rostrale du cortex cingulaire, qui mène à une incapacité à traiter le conflit émotionnel » conclue Etkin et ses collègues. « La capacité à mobiliser la partie rostrale du cortex cingulaire pourrait déterminer ainsi à quel point un individu peut faire face à l'intrusion de stimuli émotionnels négatifs » selon eux.

    Source: http://www.neuron.org/content/article/abstract?uid=PIIS089662730600626X



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