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    Comorbidité entre troubles bipolaires et épilepsie



    Les symptômes bipolaires sont significativement plus fréquents chez les épileptiques que chez les personnes souffrant d'autres maladies chroniques.

    De rares rapports ont suggéré que les troubles bipolaires étaient plus fréquents chez les épileptiques que dans la population générale. Quelle est la prévalence des symptômes bipolaires chez les épileptiques comparé aux patients souffrant d'autres troubles chroniques ? Telle est la question à laquelle les auteurs d'une étude récente publiée dans Neurology ont répondu. « Nous avons cherché à enquêter sur les symptomes bipolaires chez les épileptiques parce que si la dépression et l'anxiété ont été plus étudiées dans cette population, les données sur les symptomes bipolaires manquent cruellement, » souligne Alan Ettinger, auteur de l'étude. Or, les traitements de la dépression pour les unipolaires et pour les bipolaires sont radicalement différents. Les antidépresseurs standards peuvent provoquer une crise maniaque ou accélérer la fréquence des cycles maniaco-dépressifs chez 25 % à 40 % des bipolaires.

    Méthodologie

    127 800 adultes américains représentatifs de la population générale ont reçu le test diagnostic des symptômes bipolaires de type I et II « Mood Questionnaire Disorder » (MQD) ainsi que des questions sur leur état de santé général. Au total, les données de 85 358 d'entre eux ont été utilisées (66,8 %). La prévalence des symptômes bipolaires et des antécédents de trouble affectif ont été comparés entre les personnes auto-diagnostiquées comme épileptiques, migraineuses, asthmatiques, diabétiques et celles sans problème médical.

    Résultats

    Les symptomes bipolaires sont présents chez 12 % des patients épileptiques. Ils sont 1,6 à 2,2 fois plus fréquents chez les épileptiques que chez les migraineux, les asthmatiques et les diabétiques, et 6,6 fois plus fréquents que chez les patients en bonne santé. Le diagnostic de bipolarité a été confirmé par un médecin chez près de la moitié des patients épileptiques qui ont été détectés positifs au test MQD?Plus de deux fois le taux observé dans les autres troubles. Parallèlement, 26,3 % des patients épileptiques positifs au MDQ ont été diagnostiqués par les médecins comme unipolaires. Dans le quart restant, les patients n'étaient ni unipolaires, ni bipolaires.

    Analyse

    La forte prévalence de symptômes bipolaires chez les épileptiques comparée à leur prévalence dans d'autres troubles peut paraître surprennante aux neurochirurgiens et autres spécialistes de l'épilepsie. Alors même, qu'il est possible que des patients ayant des symptômes bipolaires n'aient pas été détectés par le MDQ car le test a une faible sensibilité. Les raisons de la disparité entre une expérience anecdotique du médecin et les résultats de l'étude sont la faible probabilité que tous les cliniciens recherchent les troubles bipolaires, la difficulté à attribuer une signifiance aux symptômes repérés, l'incapacité de certains patients bipolaires à reconnaître leurs symptômes comme pathologiques ou le fait que les patients n'abordent pas en consultation un sujet qui ne concerne pas directement l'épilepsie. Parallèlement, certains antiépileptiques comme la lamotrigine peuvent traiter les symptômes bipolaires et donc masquer la maladie.

    Conclusion

    Les auteurs ont constaté que les symptômes bipolaires étaient plus fréquents chez les épileptiques. Lors des visites de routine, les médecins devraient donc interroger leurs patients épileptiques afin de détecter d'éventuels symptomes bipolaires. (A.Lecrubier). Les commorbidités associées aux troubles bipolaires sont fréquentes, notamment la migraine et les traumatismes craniens. Des études isolées ont suggèré que les troubles bipolaires étaient plus fréquents chez les épileptiques.

    L'étude d'Alan Ettinger et coll. est la première a fournir une évaluation systématique des symptômes bipolaires chez des patients épileptiques. Une limite de cette étude est que le diagnostic des symptômes bipolaires est réalisé à travers un questionnaire plutôt que par un entretien clinique avec un psychiatre.

    En pratique, le MDQ est un test diagnostic de symptômes, un score positif ne doit pas automatiquement s'accompagner d'une médication pour un trouble bipolaire, il doit conduire à une évaluation formelle du diagnostic.

    Source: Prevalence of bipolar symptoms in epilepsy vs other chronic health disorders. Neurology. 2005 Aug 23;65(4):535-40.

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