• DominiqueC
    DominiqueC
    Sign in to follow this  

    Capacités cognitives des patients traités par électro-convulso-thérapie

    • Like 1


    L’éléctroconvulsothérapie (ECT) est généralement utilisée chez les patients présentant des troubles psychiatriques sévères et pharmaco résistants mais la question des troubles cognitifs comme effets secondaires reste un problème majeur.

    L’efficacité des ECT dans la dépression est bien documentée et confortée par l’expérience clinique. Toutefois, les patients qui cessent un traitement par ECT après un premier effet positif présentent un important taux de récidive. Sackeim rapporte un taux de rechute dans les 6 mois ayant suivi une série d’ECT, sans autre traitement actif, de 84%

    Le maintien des ECT est considéré comme un moyen efficace de prévenir la rechute chez les patients lourdement atteints et ayant répondu positivement à une première série d’ECT. La fréquence des sessions varie en fonction de chaque cas mais classiquement, elle passe d’une fois par semaine à toutes les deux semaines puis une fois par mois. Ce maintien apparait être une option sûre et profitable chez certains individus, particulièrement chez les pharmaco résistants. Le maintien (M-ECT) ne présente pas plus d’inconvénients en terme d’effets secondaires que les ECT.

    Bien que les M-ECT aient été utilisées de plus en plus fréquemment ces derniers temps, peu d’études ont été réalisées sur les effets cognitifs et les risques de dysfonctionnement restent inconnus. La plupart des études rapportent un trouble mnésique transitoire, disparaissant dans les 3 à 6 mois après le traitement. D’autres fonctions comme l’attention ou la concentration n’ont pas beaucoup été étudiées mais elles apparaissent moins perturbées que la mémoire.

    Puisque le temps qui sépare deux M-ECT est plus important, moins d’effets secondaires sont attendus comparativement à une série rapprochée d’ECT.

    Il y a peu d’études qui se sont intéressées aux troubles cognitifs dans la M-ECT et si de précédentes données la laissent apparaitre sure, elles se basent sur des études rétrospectives, sur des évaluations subjectives du fonctionnement cognitif ou sur des échelles globales comme le MMSE.

    Les auteurs ont donc voulu déterminer les effets cognitifs d’un traitement par M-ECT à un an. Ils ont inclus une batterie neuropsychologique portant sur les fonctions mnésiques, attentionnelles et frontales.

    26 patients traités par M-ECT (Hopital de Barcelone) ont été recrutés. En moyenne, 36 mois ont séparé l’évaluation neuropsychologique de la dernière ECT. Tous les patients avaient terminé la phase aigue de la thérapie depuis plus de 6 mois.

    20 patients ont pu être suivis et réévalués 1 an après le traitement par M-ECT. 6 ont été diagnostiqués par un trouble bipolaire, 6 autres par une schizophrénie et 8 pour trouble dépressif chronique. Un groupe contrôle a été constitué avec d’autres patients psychiatriques n’ayant pas reçu d’ECT.

    Les patients ont été traités par électrode bifrontotemporale. L’évaluation a été réalisée avant l’ECT. A la période de retest, tous les patients avaient reçu le même nombre d’ECT. Tous étaient en rémission par rapport aux troubles de l’humeur durant le premier et le deuxième bilan cognitif.

    Ce bilan, réalisé par un neuropsychologue qualifié, comportait une évaluation cognitive globale (MMSE), de la mémoire à court et long terme (RAVLT), de l’attention sélective (Digit Forward), de l’attention et de la vélocité motrice (TMT-A), de la vitesse visuo motrice (Digit Symbol Coding) et des fonctions exécutives (TMT-B, Tour de Hanoï, fluence verbale et Digit Backward test). L’évaluation mnésique a été réalisée avec des formes parallèles pour éviter les effets d’apprentissage.

    Concernant les résultats, l’analyse multi variée n’a démontré aucune différence dans les performances au cours du suivi. Aucune différence individuelle en test-retest n’était significative.

    Plus en détail :

    -Mémoire de travail : toutes les performances étaient comprises dans l’intervalle -1.96/1.96. Aucun changement n’était significatif.

    -Encodage et récupération d’une information nouvelle : 5 patients ont montré une amélioration à la RAVLT. Un patient a montré des performances moins bonnes et 14 n’ont pas montré de modification pour les performances à la phase retest.

    -Fluence verbale phonétique : un patient a montré des performances moins bonnes comparativement à la phase de test tandis que deux autres se sont améliorés. Le reste de l’échantillon s’est montré stable.

    -Attention et flexibilité cognitive : 4 patients ont montré de moins bonnes performances au TMTA contrairement à 2 autres patients qui se sont améliorés. Concernant le TMTB, un individu était clairement anormal tandis que le reste du groupe continuait à se situer dans l’intervalle normal.

    Conclusion:

    Les auteurs concluent que les patients qui ont pu bénéficier d’un traitement à long terme n’ont pas montré d’effet secondaire à 1 an sur le plan cognitif. Ces résultats supportent l’idée que de plus grands intervalles entre deux ECT minimisent les effets secondaires cognitifs.

    Une étude de Dato (2001) n’a pas retrouvé de trouble mnésique ou attentionnel dans un groupe de 31 patients ayant reçu une thérapie par M-ECT. Vanelle (1994) n’avait pas montré non plus de plainte cognitive subjective après ce type de thérapie.

    Référence: Cognitive Status of Psychiatric Patients Under Maintenance Electroconvulsive Therapy : A one year Longitudinal Study, Lorena Rami et al, 2004. J. Neuropsychiatry Clin Neurosci

    Sign in to follow this  


    User Feedback

    Recommended Comments

    There are no comments to display.



    Guest
    Add a comment...

    ×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

      Only 75 emoji are allowed.

    ×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

    ×   Your previous content has been restored.   Clear editor

    ×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.