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    Attention et cognition chez les patients atteints de TOC



    Les patients atteints d’un trouble obsessionnel compulsif (TOC) souffrent d’une anxiété récurrente qui provoque des pensées (obsessions) ainsi que des comportements ritualisés qui visent à faire baisser cette anxiété (compulsions).

    De nombreuses études ont montré un dysfonctionnement des structures préfronto-striatales avec des réductions de volumes pour les structures orbito frontales et les ganglions de la base ainsi qu’une hyperactivité de ces mêmes structures à l’état de repos, durant les compulsions et les activités cognitives. Cette hyperactivité est normalisée après un traitement par recapture de la sérotonine ou par thérapie comportementale. Une intervention chirurgicale sur les réseaux préfronto-striataux aurait d’ailleurs un effet similaire.

    De manière corollaire, des dysfonctionnements de l’attention sélective, de la mémoire de travail, de la flexibilité et de la fluence verbale devraient être observés. Toutefois, les données sont contradictoires sur ce point.

    Les auteurs ont donc posé comme hypothèses que les épreuves cognitives utilisées seraient moins bien réussies chez les patients TOC et qu’une corrélation négative serait observée entre leurs performances et la sévérité du trouble.

    Méthode:

    39 patients résistants aux thérapies ont été recrutés (âge moyen : 36.1 ans +/-12.2 ; QI NART :102.0 ± 10.2) et comparés à 26 sujets contrôles (âge moyen : 34.0 ans +/- 11.5 ; QI NART : 106.2 ± 6.3).

    Tests neuropsychologiques : le National Adult Reading Test, le test de fluence verbale (N, A, Animaux et Professions), le TMT, la California Verbal Learning Test et le Wisconsin Card Sorting Test.

    Sur le plan clinique, la sévérité du TOC a été évaluée à l’aide de l’Y-BOCS, les troubles anxieux et dépressifs par les échelles d’Hamilton.

    Résultats:

    Les patients atteints de TOC ne se sont pas montrés différents des contrôles pour les épreuves de fluence verbale et du TMT (y compris en terme de ratio pour ce dernier). Globalement, l’apprentissage n’était pas non plus différent sur la CVLT bien que plus lent que pour les contrôles.

    Les patients se sont montrés significativement différents des sujets contrôles pour le WCST : les patients ont complété moins de catégories, ont obtenu un pourcentage d’erreur plus important et ont commis plus de rupture de règles.

    Sur le plan clinique, les scores de dépression et d’anxiété étaient corrélés entre eux. La sévérité du TOC était significativement corrélée avec les ruptures de règle au WCST. Le nombre de catégories était corrélé au nombre de traitements par IRS précédemment administrés. Le score de fluence sémantique était corrélé au score de dépression de l’échelle Hamilton.

    Conclusion:

    Dans le cadre d’un dysfonctionnement des structures préfronto-striatales, les auteurs s’attendaient à des troubles de la flexibilité, de l’attention sélective et des fluences verbales. Les patients TOC n’ont pas présenté l’ensemble de ce tableau mais un défaut de flexibilité a bien été observé et corrélé avec la sévérité du trouble obsessionnel compulsif. Une lenteur d’apprentissage a également été relevée.

    Les auteurs suggèrent que cette double observation pourrait être expliquée par un déficit attentionnel. Celui-ci pourrait être intégré à un dysfonctionnement du cortex cingulaire antérieur (CCA). Des études en imagerie fonctionnelle ont déjà montré une telle atteinte du CCA.

    Le CCA est impliqué dans le monitoring de l’action, un processus qui pourrait être relié au comportement de doute et de verification. Pour Femke de Geus, il pourrait être intéressant de s’intéresser au fonctionnement du CCA dans différents groupes de patients TOC comme par exemple les TOC avec comportement de vérification, de lavage ou encore ceux atteints d’obsessions isolées afin d'apréhender plus finement les relations qui existent entre la structure et la pathologie.

    Source: Attention and cognition in patients with obsessive–compulsive disorder, Femke de Geus et al., Psychiatry and Clinical Neurosciences (2007), 61, 45–53

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