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    Evaluer la dépression chez la personne âgée

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    La dépression est très répandue chez la personne âgée et les symptômes sont facilement confondus avec ceux de la démence, des pathologies somatiques ou des problèmes d’adaptation. Malgré tout, cette pathologie est mieux évaluée et permet aux professionnels de faire la part des choses entre les différentes situations évoquées plus haut.

    Segulin et ses collaborateurs ont travaillé sur une adaptation d’un outil mondialement utilisé : la GDS (Yesavage et al., 1983). Ce test a été spécialement conçu pour différencier la dépression du sujet âgé d’autres problèmes, notamment somatiques tout en tenant compte des critiques formulées sur la BDI (questions à choix multiples très difficile chez la personne âgée).

    Il s’agit un outil utilisable en auto ou hétéro-administration, comprenant 30 questions en oui/non. La validité de cet outil a été confirmée dans de nombreuses études et dans de nombreuses langues. Certains auteurs ont également proposé des formes réduites.

    En dépit de tout ceci, la compréhension de certaines questions n’est pas toujours aisée, en particulier pour les personnes les plus âgées ou les personnes institutionnalisées (par exemple, certains items sont souvent sans réponse, la culture pourrait aussi jouer). D’autre part, la dépression arrive souvent avec un certain déclin cognitif, compliquant également la possibilité de compréhension des questions posées.

    Afin de prendre en considération ces problèmes, Segulin a rendu plus compréhensible certains items, certaines questions ont été paraphrasées ou substituées.

    Un groupe de 195 participants a été constitué, tous de plus de 70 ans. 100 personnes habitaient à domicile, 95 en institution. La seule différence entre les deux groupes était l’âge, légèrement supérieur dans le groupe institutionnalisé.

    Concernant les modifications, la deuxième personne du pluriel a été remplacée au profit de la troisième personne du singulier afin de rendre plus compréhensible et plus direct les questions posées. Pour les propositions 3 (vie/jour), 5 (espoir/optimiste), 9 (heureux/serein), 10 (vous sentez vous délaissé/vous sentez vous souvent sans défense) et 15 (Pensez- vous qu’il est merveilleux de vivre actuellement ? /Pensez vous qu’il est plaisant d’être en vie maintenant ?), le remplacement de certains mots a rendu les questions moins philosophiques, plus concrètes. Les questions 19 et 27 ont été totalement substituées car elles n’étaient pas adaptées à l’âge moyen des personnes. Les deux nouveaux items ont été sélectionnés pour renvoyer à la sphère somatique ou plus précisément au sommeil et à l’appétit. Ce nouveau test a été appelé GDS-M.

    Le GDS-M a été administré à l'échantillon entier. Toutefois, 97 participants ont d'abord reçu le GDS puis, un mois plus tard, le GDS-M. Compte tenu des troubles visuels, le test a été proposé sous forme d’interview.

    Résultats :

    Le GDS-M a montré de bonnes caractéristiques psychométriques. Un niveau de difficulté a été obtenu dans le groupe des personnes ayant reçu les deux formes du GDS (chaque question devait être coté en 0=facilement compréhensible ou 1=difficile à comprendre). La moyenne de difficulté de la GDS était significativement plus élevée que pour la GDS-M. La corrélation entre les deux versions a été évaluée à 0.80.

    Sur le plan normatif, les femmes ont montré des scores plus élevés de dépression. Les personnes institutionnalisées ont également souffert de manière bien plus marquée de la dépression que les personnes à domicile.

    Conclusion :

    La GDS-M a montré des caractéristiques psychométriques tout à fait semblables à la forme initiale. Sur le plan de la compréhension, la majorité des items de la version modifiée ont été mieux compris tandis que la version initiale a obtenu une moyenne de difficulté de compréhension importante. Il convient de noter que malgré les modifications, l’item 10 est resté difficile à appréhender (mot « délaissé »).

    La dépression reste une pathologie difficile à diagnostiquer, et ce d’autant plus pour les personnes âgées institutionnalisées, avec qui il n'est pas toujours possible de conduire un entretien clinique complet. Ceci justifie le besoin d'outils appropriés d'évaluation, qui peuvent permettre un premier diagnostic efficace.

    L’auteur retient qu’une modification de la GDS sur le plan formel pourrait améliorer son utilisation, surtout chez les personnes très âgées et institutionnalisées. Compte tenu des risques de dépression de ce groupe, l'utilisation d'un outil adapté semble être un véritable enjeu qui pourrait être relevé par la GDS-M.

    Source: N. Segulin, A. Deponte / Archives of Gerontology and Geriatrics 44 (2007) 105–112

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    Recommended Comments

    ok Chouette...

    Merci car toutes les échelles censées appréhender la composante dépressive sont vraiment mal foutues...

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