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    Synthèse des tests de neuropsychologie clinique des démences

    Je vous ai déjà présenté Valérie Hahn Barma et Elodie Guichart Gomez à l’occasion de la sortie du tome 1 de leur manuel des démences chez les éditions Phase 5. Notez, au passage, que cet ouvrage semble indisponible dans la plupart des librairies sans que j’en connaisse la raison. J’ai contacté l’éditeur et je vous ferai suivre la réponse, le cas échéant.



    Outre la sortie programmée des tomes suivants, un travail d’écriture a été engagé sur le thème des tests neuropsychologiques.

    « Synthèse des tests de neuropsychologie clinique des démences » s’inscrit donc comme un complément d’informations à l’attention toute particulière du corps médical. Cet ouvrage est, d’ailleurs, distribué par les visiteurs médicaux de Janssen Cilag, promoteur du projet avec Phase 5.

    Même si l’ouvrage ne nous est pas destiné, je vous propose une courte présentation ainsi qu’une ou deux réflexions sur le travail…

    Le manuel est résolument technique puisque toute l’introduction tient sur un seul recto. On y apprend donc que ce livret est un complément d’informations et qu’il devrait permettre aux médecins de mieux comprendre nos comptes rendus et les références psychométriques qu’ils contiennent. Notez toutefois que le choix des outils illustre une pratique et que ceci aurait pu être plus clairement explicité. Ainsi, les fonctions exécutives ne comportement que très peu d’épreuves et ne renvoient pas à ce qui est proposé dans la batterie GREFEX : pas de stroop, pas de 6 éléments, pas de brixton mais une BREF, équipe de Dubois oblige. A cette occasion, j’ai découvert le concept de « Score frontal », comportant un mélange de Wisconsin, de fluences verbales (en 60 secondes et non 60 minutes bien sûr), de séquences graphiques et de comportements pathologiques (préhension, imitation etc.).

    Je vous laisse découvrir le sommaire à la fin de cette petite revue, n’ayant pas l’intention de lister toutes les épreuves décrites.

    Faut-il saluer cet effort ou non ? Personnellement, je n’en sais rien. J’ai chaudement recommandé le tome 1 du manuel des démences parce qu’il comporte une méthodologie qui me semble très intéressante. Ce livret complémentaire soulève des questions plus embarrassantes.

    Tout d’abord, il arrive à un moment où les psychométriciens sont dans tous les esprits… ce travail n’aurait il pas mérité une page supplémentaire pour éviter l’amalgame entre le neuropsychologue et le « testeur » ? Je pense que si. Sans un rappel sur les nombreuses activités qui sont à la charge du clinicien spécialisé en neuropsychologie, certains lecteurs pourraient croire que notre activité se résume à la pratique psychométrique, ce que nous réfutons bien évidement vivement !

    Le format de l’ouvrage se veut résolument synthétique. Mais cette synthèse ne finit elle pas par réduire la pratique ? C’est un risque qu’il aurait peut être fallu mesurer avec un peu plus d’attention car, à la lecture du livret, une vision simpliste de la psychométrie pourrait se trouver renforcée dans l’esprit de collègues peu ou pas formés. La convergence d’informations, la prise en compte de nombreux paramètres, affectifs, comportementaux, mais aussi médicaux (pharmacologiques et somatiques) ne peuvent être mis de coté et sans un rappel strict de cette rigueur d’exercice, j’ai quelques craintes sur ce qui ressortira de l’ouvrage.

    Ensuite, je regrette que le livre n’ait pas privilégié les travaux récents et francophones qui ont vu le jour. Pourquoi ne pas avoir inséré des épreuves comme le Rappel Indicé 48 items ou encore le DMS 48 ? la TOP 30/10 et l’EVE 30/10 auraient également pu être citées car, si beaucoup de spécialistes commencent à connaitre la 16 items, peu ont des connaissances sur ces nouvelles épreuves. Le diagnostic des démences s’est clairement déplacé vers le diagnostic « précoce », justifiant donc un choix d’outils peut être un peu différent.

    Enfin, je terminerais sur la question du temps. Si le but de l’ouvrage est de fournir quelques éléments susceptibles d’aider les autres professionnels à appréhender une partie de notre travail (l’évaluation), quel intérêt y a-t-il à fournir une durée de passation ? Chacun sait que la durée d’une épreuve est particulièrement variable d’une personne à une autre. Chacun sait également que le temps est une variable que l’on tente, souvent maladroitement, de nous retourner pour justifier certaines pratiques. En psychologie, il nous faut défendre le temps du patient plus que celui de l’épreuve il me semble… Espérons que personne n’aura la mauvaise idée de vouloir additionner le temps « moyen » pour l’opposer aux collègues qui investissent un travail clinique de qualité.

    Vous l’aurez compris, je reste très mitigé par rapport à ce travail d’écriture alors même que j’avais félicité la sortie du précédent ouvrage. A mon avis, chaque clinicien devra, dans les semaines qui arrivent, prendre le temps de discuter de ce livret avec ses collègues médecins. Et si cet échange sera surement constructif, nous aurions apprécié qu’il ne se base pas sur un travail de désamorçage d’une pratique dans laquelle nous ne nous retrouvons pas…

    Consultez le sommaire en cliquant ici

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    User Feedback

    Recommended Comments

    hum ça me laisse perplexe

    "Synthèse des tests"... ce titre laisse entendre que va être traité l'ensemble des épreuves neuropsychologiques utilisées dans le cadre des démences alors qu'il n'en est rien. Tu parles des tests récents mais il y a également très peu d'épreuves évaluant les fonctions exécutives (où sont le Stroop et le TMT ???).

    Tu dis que "Le diagnostic des démences s’est clairement déplacé vers le diagnostic « précoce »" mais qui n'utilise qu'une BREF pour un diagnostic précoce ?

    C'est bien dommage que l'éditeur et/ou le labo Janssen Cilag n'ont pas contacté le site pour réaliser un tel ouvrage

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    hmm...je ne connais pas les auteurs. Sont-ils médecins? À voir le sommaire et à lire les commentaires et le résumé de Dominique, j'ai l'impression que le livre a été écrit par et pour des médecins et qu'on simplifie un peu le rôle du neuropsychologue. Un collègue aurait davantage nuancé les choses (et n'aurait effectivement probablement pas parlé de temps de passation).

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    hmm...je ne connais pas les auteurs. Sont-ils médecins? À voir le sommaire et à lire les commentaires et le résumé de Dominique, j'ai l'impression que le livre a été écrit par et pour des médecins et qu'on simplifie un peu le rôle du neuropsychologue. Un collègue aurait davantage nuancé les choses (et n'aurait effectivement probablement pas parlé de temps de passation).

    et pourtant ce sont des psychologues-neuropsychologues...

    Je pense (j'espère) que c'est l'éditeur qui leur a imposé ce format là...

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    Oui, c'est très étonnant, notamment de la part de Mme Hahn Barma dont j'ai eu des cours et qui semblait pourtant prôner une exigence de temps auprès des médecins pour effectuer un travail correct.

    Et le sommaire paraît effectivement... synthétique !

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